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Edito

Édito : Le Stade Toulousain, mon club de cœur… et pourtant, difficile de fermer les yeux sur ce hors-jeu financier

Flo Ostermann

Publié le

Édito Le Stade Toulousain, mon club de coeur et pourtant, difficile de fermer les yeux sur ce hors-jeu financier
Photo Icon Sport

Quand un supporter-journaliste décrypte la tempête administrative qui secoue le Stade Toulousain, entre ironie, inquiétude et amour du jeu.

Il y a des semaines où être supporter du Stade Toulousain, c’est jouer un match d’automne détrempé : on pousse, on avance, mais chaque appui s’enfonce dans une pelouse lourde où la prochaine glissade menace toujours. L’affaire Melvyn Jaminet, bien plus qu’un simple transfert, a ouvert une véritable mêlée judiciaire, où le club le plus titré de France se retrouve pris dans un ruck administratif dont personne ne maîtrise totalement les rebonds.

Une sanction qui coûte cher… et ce n’est peut-être pas la dernière

Le transfert de Jaminet, à la base un coup de pied stratégique (désastreux au final) pour concurrencer un certain Thomas Ramos à l’arrière, a glissé du terrain sportif vers les coulisses financières. Montages, clauses, avances : on pensait le ballon aplati après une lourde amende versée pour solder l’affaire. Mais voilà que l’arbitre vidéo — la fameuse autorité de contrôle — demande un nouvel angle de caméra.

Le Stade Toulousain se retrouve donc rappelé à la commission de discipline pour un second plaquage sur la même action. Et là, forcément, ça grince. J’avoue : le supporter en moi aimerait hurler à l’en-avant administratif. Le « journaliste » en moi sait qu’il faut regarder les images avant de râler. Le fan de rugby en moi réclame de la transparence.

Quand le plus grand club français doit montrer l’exemple

Soyons honnêtes entre nous : le salary cap n’est pas toujours facile à jongler quand on aligne une constellation de Bleus et des internationaux à chaque ligne. Mais c’est justement parce que Toulouse domine le championnat depuis longtemps, que le club ne peut se permettre d’être pris à contre-pied sur le terrain réglementaire.

On ne peut pas demander aux autres d’avoir de la discipline en touche si nous sommes les premiers à écrouler le maul. Oui, cela pique de l’écrire. Oui, cela fait mal de le lire. Mais c’est la vérité que tout journaliste se doit de dire, même (et surtout) quand son cœur bat rouge et noir.

Le rugby, ce n’est pas seulement des titres : c’est une éthique

Toulouse, ce n’est pas qu’un club : c’est un étendard. C’est une certaine idée du rugby français. Le jeu de mouvement, la formation d’excellence, la conquête dans l’esprit. Tout ce qui dépasse le cadre, tout ce qui frôle la passe en-avant dans les comptes, ternit un peu (beaucoup) cette image.





Et pourtant, on ne peut s’empêcher de défendre notre camp. Parce que l’on sait ce que représente ce club, pour nous, mais également pour le rugby français. Parce qu’on voit bien que le traitement n’est pas toujours uniforme entre les équipes. Parce que l’on sent que certains rêvent de voir tomber le géant. Mais la meilleure réponse d’un géant, ce n’est pas de s’offusquer, surtout quand il est bel et bien fautif : c’est de se tenir droit dans ses crampons.

Le verdict à venir : à quoi s’attendre ?

La commission peut taper du poing : retrait de points, interdiction de recrutement, sanctions financières, rétrogradation administrative… Ou bien elle peut reconnaître que l’essentiel a déjà été payé, que le terrain sportif ne doit pas devenir champ de bataille juridique.

Quoi qu’il arrive, une chose est sûre : Toulouse joue là une balle de match bien plus importante que celle d’une finale de Top 14 ou de Champions Cup. Une balle de match pour son image, pour son exemplarité, pour cette fierté que nous partageons, nous, les supporters.

Supporter, mais pas aveugle

Quoi qu’il advienne ces prochains jours, je continuerai de vibrer pour ce club. De frissonner. Mais je veux aussi pouvoir dire, sans détour, que le Stade Toulousain doit être irréprochable quand il entre dans l’arène, que ce soit sur la pelouse ou dans les bilans comptables. Le rouge et noir mérite d’écrire son histoire dans la lumière. Pas dans les zones d’ombre des règlements. Pas en prenant les gens, dont ses propres supporters, pour des cons.

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6 Commentaires

6 Commentaires

  1. Avatar

    Robert Barbe

    23 décembre 2025 à 17h42

    La plus grande faute revient à la cellule de recrutement ( et donc au Président)qui sont allés chercher Jaminet qui n’avait pas le niveau pour jouer à Toulouse ! Et, 2ème erreur, pour ne pas dépasser le salary cap,faire un montage financier assez fumeux.
    Le grand Toulouse n’a pas besoin de ça !!

  2. Avatar

    Véronique

    11 décembre 2025 à 15h04

    Bravo,
    C’est un papier très bien écrit, qui élève le journaliste (bien que le terme final n’était pas obligatoire!)
    Il est très difficile d’être objectif quand on aime mais si effectivement il y a des tractations obscures avec cette société polynésienne, donner des millions ne suffit pas, il faut prouver son honnêteté. Toulouse n’est pas le seul club dans la tourmente mais se doit d’être exemplaire. C’est aussi pour ça qu’on l’aime

  3. Avatar

    Guillot

    11 décembre 2025 à 14h12

    Pourquoi mr Lacroix ne propose t il pas sa démission , je pense que ça allègerai la sentence et en plus il est le premier responsable de cette situation

  4. krahknardz

    11 décembre 2025 à 8h12

    Il serait temps que les supporters toulousains se retournent contre les vrais fautifs pour leur demander des comptes sur ce fiasco réputationnel: la direction du ST…
    Toutes les manœuvres d’esquive, les faux prétextes, traînent encore plus la réputation du club dans la boue. Qui déjà auprès des supporters d’autres clubs était plus que sulfureuse concernant le respect du salary cap…

    • Avatar

      RMI31

      11 décembre 2025 à 15h08

      je partage à 200% ce magnifique article.
      Outre les sanctions sportives qui mapourraient arriver les sanctions financières vont se poursuivre avec le fisc (fraude à l IR et à l IS ) et l URSSAF. Ca va faire lourd car après 1.300 k€ d amende + 500 k€ à Pacific Heart ( ou sont ils) + 450 k€ à M.Jaminet mais sûrement en réalité 1.150 k€ avec les charges sociales et l impot, ça fait très lourd.
      notre ST, plus grand club de rugby du monde, voit sa réputation ternie ; les fautifs doivent tous quitter le club qui lui perdurera au sommet

  5. Avatar

    Michel Andurand

    11 décembre 2025 à 8h00

    Excellent édito , très bien écrit ( c’est rare….) et maniant la CNN métaphore rugbystique et l’attachement aux couleurs …..
    Problématique très bien exposée , on ne peut être que d’accord !!!

    Bravo au rédacteur et supporter , GO ST

    Que les haineux se le disent , on continuera de vibrer 🤗

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