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Natation

Qui est Mary-Ambre Moluh, la nouvelle sensation de la natation française qui affole déjà les chronos ?

Etienne Goursaud

Publié le

Qui est Mary-Ambre Moluh, la nouvelle sensation de la natation française affole déjà les chronos
Photo Icon Sport

NATATION – Focus sur Mary-Ambre Moluh, qui a battu deux records de France à l’occasion des Championnats de France.

Mary-Ambre Moluh, voilà un nom à retenir de la natation française. Alors que les regards étaient focalisés sur Léon Marchand et son forfait pour la suite des Championnats de France, la jeune femme de 20 ans a crevé l’écran. À Saint-Étienne, elle s’est emparée de deux records de France : celui du 50 m dos, en 27.20, et celui du 100 m dos, en 58.25. Elle efface des tablettes Analia Pigrée et Emma Terebo. Elle s’affirme comme une prétendante aux médailles européennes, alors que les Championnats d’Europe de natation auront lieu en France du 31 juillet au 16 août prochain.

Tout près du record d’Europe sur 100 m dos

Des deux records de France, le plus marquant est incontestablement celui du 100 m dos. En réalisant un chrono de 58.25, Mary-Ambre Moluh retranche 54 centièmes à l’ancienne marque d’Emma Terebo. Sur 100 m dos, c’est un véritable monde qui sépare les deux chronos.

Surtout, Mary-Ambre Moluh s’est rapprochée à 17 centièmes du record d’Europe de la Britannique Kathleen Dawson. Elle réalise la meilleure performance européenne de 2026 et la 5e meilleure performance mondiale de l’année. Seules Regan Smith (57.49), Isabelle Stadden (57.55), Kaylee McKeown (57.77) et Katharine Berkoff (58.20) sont allées plus vite que la Française.

Le gap avec la crème de la crème mondiale est encore présent. Mais celle qui avait nagé en 59.01 le 7 juin dernier s’est grandement rapprochée des toutes meilleures, passant de la 10e à la 5e place des bilans mondiaux. Un chrono qui fait d’elle une prétendante à l’or sur cette distance. Après une petite déception sur 100 m nage libre, elle a su se remobiliser sur le dos. « Cela me fait plaisir de battre le record de France, de me qualifier pour les Championnats d’Europe. Je ne suis pas quelqu’un qui reste au fond du trou, je me remobilise vite », confiait la nageuse au micro de France TV.

Médaillée internationale à 18 ans

Ces deux records de France, s’ils ont marqué les esprits, sont tout sauf une surprise pour Mary-Ambre Moluh. Depuis son plus jeune âge, elle fait partie des nageuses françaises les plus prometteuses de sa génération. Elle est armée pour briller au niveau international.

À seulement 18 ans, elle a décroché une médaille internationale. Sur le 100 m dos des Championnats d’Europe en petit bassin 2023, elle remporte la médaille de bronze. Si le petit bassin n’a pas le prestige du grand bassin, cette médaille constitue déjà un premier acte majeur dans sa carrière. Plus tôt dans l’année 2023, elle s’était offert le titre de championne de France du 50 m dos en grand bassin, en dominant Analia Pigrée. Elle n’avait alors que 17 ans.





Elle s’entraîne aux États-Unis

Comme d’autres nageurs, dont Léon Marchand, et de nombreux sportifs en général, Mary-Ambre Moluh a fait le choix d’aller s’entraîner aux États-Unis, à l’université de Berkeley, en Californie. Elle a entamé sa deuxième saison outre-Atlantique. Un choix fort après les Jeux olympiques de Paris 2024, où elle était engagée dans le relais 4×100 m nage libre (6e place pour les Bleues), et des repères bouleversés.

Il lui a fallu une année d’adaptation, comme l’explique son entraîneur en France, Michel Chrétien, au micro de nos confrères de RMC Sport : « Elle est partie aux États-Unis avec une première année d’adaptation où elle n’a pas fait un travail énorme. La deuxième année, elle a été plus exigeante au niveau de ses entraînements, exigeante vis-à-vis du staff et exigeante vis-à-vis d’elle-même. Elle a vraiment bien bossé cette année. » Un gain de force cette année, qui est passé par un gros travail en musculation. Une exigence, une insatisfaction déjà soulignée en 2023 par nos confrères d’Ouest-France.

Mary-Ambre Moluh affirme ses ambitions, toujours au micro de RMC Sport : « Quand j’ai vu toutes les Américaines et aussi les Australiennes nager régulièrement moins de 59 secondes, je me suis dit : « Ça y est, 59 secondes, ça ne vaut plus rien et il faut passer sous cette barrière. » J’ai envie d’être cette nageuse en haut dans les rankings. » Elle a pour ambition de briller à domicile, lors des Championnats d’Europe, où elle sera assurément l’une des nageuses françaises à suivre.

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