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Tour de France

2:42 d’avance après la 6e étape : où situer l’incroyable marge de Tadej Pogacar dans l’histoire récente du Tour de France ?

Victor Clot-Amiot

Publié le

242 d'avance après la 6e étape où situer l'incroyable marge de Tadej Pogacar dans l'histoire récente du Tour de France
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2026 – Avec 2 min 42 s d’avance sur Jonas Vingegaard après seulement six étapes, Tadej Pogacar a déjà creusé un écart rarissime dans l’histoire récente du Tour de France. Un scénario presque inédit au XXIe siècle.

Au départ de la 7e étape, ce matin, il n’était pas rare de croiser des amateurs déplorant que le Tour ne soit déjà plié avant même la fin de la première semaine. Pourtant, on le sait, dans le sport, rien n’est figé tant que la compétition n’est pas terminée. Avec 2 min 42 s d’avance sur son dauphin Jonas Vingegaard, Tadej Pogacar dispose toutefois d’une marge déjà très confortable, surtout après seulement six jours de course.

L’avance de Pogacar est-elle vraiment historique ?

Alors, un tel écart est-il inédit à ce stade de la course dans l’histoire récente du Tour de France ? Nous avons voulu vérifier. En réalité, non. Il y a déjà eu un avantage plus important au XXIe siècle. À deux reprises même. En 2016, Greg Van Avermaet comptait ainsi 5 min 11 s d’avance sur Julian Alaphilippe au terme de la 6e étape. En 2004, c’est Thomas Voeckler qui portait le maillot jaune à ce stade. Le Français possédait alors 3 min 01 s d’avance sur l’Australien Stuart O’Grady et allait conserver la tunique jaune jusqu’à la 15e étape, avant la prise de pouvoir de Lance Armstrong, depuis déchu de ses victoires.

Van Avermaet et Voeckler, deux maillots jaunes venus de l’échappée

Pourtant, dans ces deux cas, il ne s’agissait pas de véritables prétendants au classement général, mais de valeureux baroudeurs ayant construit leur avance grâce à une échappée. On se souvient notamment du numéro de Greg Van Avermaet vers Le Lioran en 2016. Le Belge s’était imposé en solitaire dans le Massif central, prenant le maillot jaune à Peter Sagan tout en se constituant une avance confortable sur Julian Alaphilippe. Douze ans plus tôt, Thomas Voeckler avait lui aussi endossé le maillot jaune à l’issue de la 5e étape, au terme d’une journée passée à l’avant dans une échappée de cinq coureurs ayant franchi la ligne avec plus de douze minutes d’avance sur le peloton.

Jamais un favori n’avait dominé aussi tôt au XXIe siècle

Ainsi, si les 2 min 42 s d’avance de Tadej Pogacar ne constituent pas un record absolu, jamais, au XXIe siècle, un véritable favori au classement général n’avait affiché une telle marge après seulement six étapes. Plus marquant encore, aucun leader parmi les prétendants à la victoire finale n’avait jusque-là dépassé la quarantaine de secondes d’avance à ce moment de la course. En 2024, les 45 secondes que possédait déjà Pogacar sur Remco Evenepoel faisaient figure d’exception.

Des écarts à relativiser malgré un Tour déjà marqué par la montagne

Il convient toutefois de relativiser ces chiffres. Il est finalement assez rare d’assister à une étape de haute montagne aussi exigeante dès les six premiers jours de course. Le plus souvent, les grandes ascensions interviennent plutôt à la fin de la première semaine, autour des étapes 7, 8 ou 9. Les écarts observés avant ces rendez-vous reflètent donc rarement le classement final sur les Champs-Élysées.





Cela dit, on constate de plus en plus qu’ASO propose des premières semaines plus sélectives qu’auparavant. Les 3 800 mètres de dénivelé positif de la première étape du Tour de France 2024, remportée par Romain Bardet, en avaient déjà été une parfaite illustration.

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