Le Tourmalet, Pogacar et Gavarnie : les raisons du succès de la 6e étape du Tour de France
TOUR DE FRANCE 2026 – Étape reine des Pyrénées, la 6e étape a offert un immense spectacle malgré une dernière montée roulante vers Gavarnie-Gèdre.
Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG) a frappé un coup énorme sur les routes du Tour de France. Le Slovène a écrasé la 6e étape, qui a mené les coureurs vers Gavarnie-Gèdre. Dans l’un des plus beaux sites des Pyrénées, le Slovène a creusé des écarts impressionnants, reléguant Jonas Vingegaard à 2:38 et son coéquipier Isaac Del Toro à 2:57.
Un monde sépare désormais le quadruple vainqueur du Tour du reste des favoris. Pourtant, l’arrivée au sommet d’une montée de plus de 18 km à 3 % de moyenne avait suscité pas mal de scepticisme. Une montée qui, selon certains, bloquerait toute initiative. Il n’en fut rien.

Le Tourmalet a prouvé qu’il pouvait encore faire exploser le Tour
Le même scepticisme entourait également le col du Tourmalet. Le col le plus emprunté de l’histoire du Tour de France (17,2 km à 7,3 % de moyenne), dont le sommet était placé à plus de 35 km de l’arrivée, constituait la montée la plus difficile de cette 6e étape. Au lieu d’être escamotée, cette ascension mythique a servi de tremplin au Slovène vers sa deuxième victoire d’étape sur ce Tour de France, après son succès aux Angles, lors de la 3e étape.
Après un rythme impressionnant imposé par son équipe dès les pentes du col d’Aspin, le quadruple vainqueur du Tour de France a porté son attaque décisive à 43 kilomètres de l’arrivée. Il a immédiatement assommé tout le monde, en premier lieu son rival Jonas Vingegaard (Team Visma | Lease a Bike), un temps revenu à une dizaine de secondes. Avant de céder progressivement et de basculer avec une trentaine de secondes de retard au sommet.
C’est alors que le tracé final a fait son œuvre. Au lieu de bloquer la course, il a permis à Tadej Pogačar de donner une nouvelle dimension à son attaque. Dans notre présentation de cette étape, nous n’avions d’ailleurs pas écarté la possibilité d’attaques dans cette montée finale.
Une étape qui rappelle qu’une seule grande difficulté peut suffire
De trente secondes à la stèle Jacques Goddet, l’écart est monté à une minute sur le Danois au bas de la descente. Puis à plus de deux minutes sur la ligne d’arrivée. L’écart a également continué de grandir sur le groupe de Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) et Remco Evenepoel (Red Bull-Bora-Hansgrohe), pourtant bien organisé. Cette montée très roulante a magnifié les forces en présence et a continué de mettre chacun à sa juste place.
Cette étape a surtout prouvé qu’il ne servait pas forcément à grand-chose de multiplier les cols Hors Catégorie sur une étape du Tour de France, au risque de tout bloquer. Les organisateurs des Grands Tours, prompts à dénicher des ascensions toujours plus dures et toujours plus pentues, auront peut-être apprécié la démonstration.
Une seule grande difficulté, même placée loin de l’arrivée, peut offrir des scénarios spectaculaires. Les suiveurs du cyclisme féminin ont récemment observé un scénario similaire lors de la dernière étape du Tour d’Italie 2026, où Demi Vollering (FDJ United-SUEZ) a renversé Anna van der Breggen (Team SD Worx-Protime).
Une telle difficulté permet d’attaquer de loin. Surtout, à de rares exceptions près — Mattias Skjelmose pour Lidl-Trek — elle élimine tous les coéquipiers. Les leaders se retrouvent seuls face à leurs responsabilités. Obligés d’appuyer sur les pédales lorsqu’ils sont isolés. Obligés de collaborer lorsqu’ils se retrouvent avec d’autres favoris. Au risque de perdre encore plus gros. Cette 6e étape a rappelé qu’il est possible d’offrir un immense spectacle sans arrivée au sommet extrêmement difficile.


