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Tour de France 2026 : peut-on vraiment récupérer pendant une étape de plaine ?

Nicolas Grasser

Publié le

Tour de France 2026 peut-on vraiment récupérer pendant une étape de plaine
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2026 – Ce début de Tour de France 2026 est particulièrement intense pour les coureurs. Sur presque toutes les étapes, le peloton roule à bloc, sans véritable répit. À l’exception, peut-être, des étapes de plaine où les coureurs semblent pouvoir souffler un peu. Mais est-ce vraiment le cas ?

47 km/h de moyenne en plaine : peut-on vraiment récupérer ?

47,4 km/h. Voici la vitesse moyenne enregistrée sur les quatre étapes conclues par un sprint massif depuis le départ du Tour. Si vous êtes cycliste — et plus encore si vous ne l’êtes pas — vous vous dites sans doute qu’il est impossible de récupérer à une telle allure, même avec le meilleur vélo du monde.

Ce serait pourtant sous-estimer l’importance du drafting, autrement dit l’aspiration. Cet anglicisme désigne le fait de rouler à l’abri du vent derrière d’autres coureurs, ou, selon l’expression bien connue du peloton, d’être « au chaud dans les roues ».

Selon une étude menée par le Néerlandais Bert Blocken, un coureur placé au cœur d’un peloton compact ne subit que 5 à 10 % de la résistance de l’air encaissée par un coureur isolé roulant à la même vitesse. Dans un peloton réel, moins homogène qu’en laboratoire, ces valeurs seraient légèrement supérieures, mais le gain aérodynamique reste considérable.

Le revers de la médaille ? Rester dans les roues n’est jamais totalement « gratuit ». Il faut constamment se battre pour conserver sa position, freiner, relancer et subir l’effet accordéon. Même si l’avantage aérodynamique est énorme, la dépense énergétique et surtout la vigilance restent bien réelles.

Des vélos toujours plus rapides grâce aux progrès technologiques

Depuis le début des années 2000 et l’apparition des vélos aérodynamiques, les évolutions technologiques ont été spectaculaires. Année après année, les machines se sont perfectionnées grâce aux essais en soufflerie, qui permettent de mesurer avec précision leur rendement aérodynamique.





Aujourd’hui, toutes les équipes utilisent des vélos en carbone, avec câblerie entièrement intégrée et roues à haut rendement. À cela s’ajoutent les fameux gains marginaux : bidons profilés, pneus spécifiques, casques optimisés ou encore combinaisons toujours plus travaillées pour les étapes rapides.

Le matériel a considérablement évolué, avec des procédés de conception qui feraient presque rougir Airbus ou Dassault. Mais il ne faut pas oublier un élément essentiel : près de 70 % de la traînée aérodynamique provient du corps du coureur, et non du vélo. Le matériel permet de rouler plus vite à puissance égale, mais la position et la morphologie restent déterminantes.

Les coureurs peuvent-ils vraiment récupérer pendant une étape de plaine ?

Pour répondre à cette question, prenons un exemple concret : Joris Delbove.

Le Français est l’un des rares coureurs du peloton à publier régulièrement ses données de puissance et de fréquence cardiaque, au grand plaisir des observateurs. Lors de la 7e étape, conclue à Bordeaux, le coureur de TotalEnergies a passé l’intégralité de la journée au sein du peloton. Sa fréquence cardiaque moyenne s’est élevée à 118 battements par minute, soit une intensité correspondant à un effort d’endurance pour un coureur professionnel.

Bien sûr, le rythme s’est nettement accéléré dans les 30 derniers kilomètres, où il a dû fournir un effort plus important pour rester bien placé. Mais il ne s’agissait pas d’un effort maximal, loin de là.

La réponse est donc oui : il est possible de récupérer, au moins partiellement, lors d’une étape de plaine. Ou, plus précisément, d’y dépenser beaucoup moins d’énergie que lors des journées de montagne, où les longues ascensions réduisent fortement les bénéfices du drafting et rendent les efforts bien plus coûteux.

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