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Ligue 1

Les chiffres fous du mercato estival en Ligue 1, une saignée historique

Maxime Cazenave

Publié le

Les chiffres fous du mercato estival en Ligue 1, une saignée historique
Photo via Dicodusport

LIGUE 1 2026-2027 – Comme attendu, les clubs de Ligue 1 ont été dépouillés de quasiment tous leurs meilleurs éléments cet été. Plus que jamais, le championnat paie le prix fort des années d’errances et de gestion chaotique à tous les étages.

Ce n’est pas une surprise, mais il y a quand même de quoi rester pantois. Depuis plusieurs années maintenant, le football français est en sursis. Entre une gestion irraisonnée de la plupart des propriétaires, et surtout la gestion affreuse de la ligue, tout l’écosystème est au bord de la rupture.

Cette année, les clubs n’ont quasiment pas touché de droits TV en raison de l’échec total de Ligue 1+, qui ressemblait à un pansement sur une jambe de bois à la suite des décisions horribles prises par Vincent Labrune et ses équipes. De 800 M€ de droits domestiques au début de la décennie, la Ligue 1 est désormais proche de zéro. Sans oublier qu’au milieu de tout ça, le fonds d’investissement CVC récupère toujours une belle part de ce gâteau plus maigre que jamais (13 %).

En conséquence, la Ligue 1 est littéralement au bord de la ruine. Pour continuer à survivre, quasiment tous les clubs français ont été contraints de vendre leurs meilleurs éléments pour compenser les pertes astronomiques engendrées par des années de mauvaises décisions et des revenus drastiquement en baisse. Ce qui a entraîné une saignée absolument historique.

730 millions d’euros, une balance positive historique

Il s’agit de la balance des transferts des 18 clubs de Ligue 1 en soustrayant les achats des ventes. Un chiffre absolument colossal, qui s’inscrit dans la lignée de l’été 2025 (366 M€) et confirme la santé désastreuse des clubs français. Certes, les ventes records du PSG rehaussent le chiffre, mais même sans le club de la capitale, on s’approcherait des 600 M€.

Et encore, malgré cela, de nombreux clubs français tirent toujours la langue et devront tenter de vendre l’hiver prochain pour sortir la tête de l’eau. À l’image de l’OL et de l’OM, qui ont pourtant tous deux déjà été très actifs dans le sens des départs. Au final, seuls trois clubs ont dépensé plus qu’ils n’ont vendu : le Paris FC, Auxerre et Le Havre.





Une balance négative de plus de 70 M€ : l’exception Paris FC

Pour l’AJA et le HAC, la balance négative est faible. En revanche, le Paris FC fait figure de véritable ovni cet été. Le deuxième club de la capitale a vendu peu (6,8 M€), mais a dépensé énormément (79 M€), dans la lignée de son été 2025. Avec une balance de -72,2 M€, cela confirme son statut de nouveau riche du football français grâce aux investissements réalisés par Antoine Arnault, fils du milliardaire Bernard.

Au vu du contexte économique global en L1, le PFC n’est donc plus ce petit promu qui découvre le grand monde. Sur le papier, il représente déjà la deuxième puissance économique du championnat derrière l’intouchable PSG, même si cela ne se retranscrit pas directement dans le budget. Pendant que les autres cadors historiques sont au bord de l’agonie, le PFC détonne.

70 M€ de ventes et 0 recrue : l’OM au fond du trou

Dur d’être un fan des Olympiques ces derniers mois. Pour des raisons différentes, les deux clubs ont subi une cure d’austérité sans précédent. À l’OM, le propriétaire Franck McCourt a décidé de fermer le robinet après avoir lâché près d’un milliard d’euros dans le club depuis son arrivée pour compenser le déficit annuel. Les Marseillais devaient donc vendre.

Hélas, des choix incompréhensibles de la direction ont rendu les ventes délicates et l’OM a finalement vécu un mercato dramatique. Pour la première fois de son histoire, le club n’a enregistré aucune recrue cet été, tout en perdant de nombreux éléments majeurs, et ce jusque dans les dernières minutes du mercato (Greenwood, Rulli, Balerdi, Medina, Timber…).

Résultat, le club n’affiche une balance positive que de 50 M€, bien loin des 100 espérés… Par ailleurs, l’effectif est d’une légèreté inquiétante, autant en quantité qu’en qualité…

163 M€ de ventes à deux : malgré la C1, Lens et Lille vendent à tour de bras

Si le PSG est à mettre à part, une qualification en Ligue des champions ne représente plus une garantie de sérénité financière pour un club français. Lens et Lille en sont le parfait exemple. En faisant preuve d’une gestion sage, les deux clubs nordistes n’ont pas hésité à poursuivre leur politique d’achat-revente menée intelligemment.

À Lens, la vente de Mamadou Sangaré (48 M€), combinée à l’option d’achat obligatoire payée par l’OM pour Facundo Medina au début de l’été (18 M€), a donné de l’air aux finances. Comme en 2025, le club a ensuite réalisé des achats à moindre coût (Titraoui 8 M€, Skoras 6 M€, Cuisance et Abdulhamid 3,5 M€) pour se renforcer, tout en espérant trouver le futur Sangaré qui permettra de passer le prochain été aussi sereinement.

De son côté, le LOSC a pu se montrer plus actif en dépensant plus de 42 M€, et cela grâce à deux ventes exceptionnelles : celles d’Ayyoub Bouaddi (95 M€) et de Matias Fernandez-Pardo (60 M€). De quoi afficher une balance positive de plus de 120 M€ ! Cet été est donc exceptionnel et offre de belles perspectives au club lillois. En travaillant intelligemment, ce dernier a possiblement déjà assuré sa pérennité pour la prochaine, voire même les deux prochaines saisons. Un luxe rare en Ligue 1.

39 mouvements, Strasbourg hub international

Sur un plan économique, Strasbourg a réalisé un mercato florissant en affichant une balance des transferts positive de 106 M€. Mais à quel prix… Comme c’est le cas depuis le rachat par BlueCo, le club alsacien est devenu un véritable hub au sein duquel le projet sportif n’a plus aucun sens. Tous les meilleurs éléments ont été vendus (Emegha, Enciso, Barco, Moreira, Doué…) pour être remplacés par des joueurs toujours plus jeunes.

La moyenne d’âge des recrues n’atteint même pas la barre des 21 ans, alors que celle des partants dépasse légèrement les 22 ans. Oui, cela concerne de nombreux joueurs talentueux, mais malgré ses moyens, Strasbourg peut-il vraiment espérer viser le haut de tableau avec une équipe de U23 ? Il y a de quoi avoir des doutes. Malgré tout, à défaut de pouvoir avoir des ambitions à la hauteur de ses moyens, le RCSA n’a pas à être inquiet de sa situation financière…

6 clubs proches du néant en termes d’investissements

Au-delà des gros clubs, la fragilité des « petits » s’est également traduite sur ce marché par des investissements réduits, voire inexistants. Surprenant promu, Le Mans n’a pas dépensé un euro pour ne pas se mettre dans le rouge, tout comme le Stade Brestois, les deux clubs misant sur des joueurs libres. L’ESTAC (1,7 M€), Le Havre (1,5 M€) et Angers (2,25 M€) ont, eux, misé sur un seul joueur.

Même un club comme Nice (1,7 M€) a vécu une grosse cure d’austérité après être passé proche de la catastrophe industrielle en sauvant sa peau en barrages. À cela, on peut aussi ajouter l’OM, qui, après avoir dû s’acquitter de 40 M€ dans le cadre d’options d’achat obligatoires (Medina, Weah et Traoré), n’a plus dépensé un centime. Un dernier élément qui retranscrit la crise totale de ce football français en décrépitude.

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