Alexandra Tavernier : « La France est le seul pays d’Europe à aussi mal considérer les lanceurs »
ATHLÉTISME – La vice-championne d’Europe 2018 du lancer du marteau, Alexandra Tavernier, revient pour Sans Filtre sur les derniers mois et sa performance aux championnats de France. Mais aussi plus globalement sur la place des lancers dans l’athlétisme français.
Alexandra Tavernier n’a pas sa langue dans sa poche, et c’est tant mieux. La médaillée de bronze aux championnats du monde en 2015 rappelle que trois lanceurs, Quentin Bigot, Mélina Robert-Michon et elle-même, font partie des cadres de l’équipe de France d’athlétisme, mais qu’ils ne sont pas considérés comme les autres athlètes. Alexandra Tavernier donne l’exemple du sponsoring et explique avoir beaucoup plus de mal à en trouver que d’autres sportifs dans d’autres disciplines, avant d’ajouter avec fatalisme :
On peut aller dans n’importe quel endroit, il y aura un terrain de foot. Mais tous les stades n’auront pas forcément une cage de lancers. La France est le seul pays d’Europe à aussi mal considérer les lanceurs. Je connais un Chypriote, c’est un dieu dans son pays. A un moment, je faisais 200 bornes par jour pour aller m’entraîner, parfois pour ne faire que six jets. Ils veulent que la France fasse 80 médailles aux J.O en 2024. Regardez les Anglais ! Ils ont sorti des millions et des millions de livres sterling pour développer l’athlétisme. Ce n’est pas 2 ou 3 ans avant, qu’on prépare Paris 2024.
La championne tricolore croit en ses chances pour aller chercher l’or à Tokyo cet été, et veut s’en donner les moyens. Avec pour l’objectif, si cela se réalise, de défendre son titre à Paris ?
Recordwomen de France et médaillée mondiale, Alexandra Tavernier pousse un coup de gueule contre le manque de médiatisation du lancer en France, dans la première partie du portrait qu’on lui a consacré
Elle veut aussi qu’on sorte de certains stéréotypeshttps://t.co/9hqVJZYNHe— Sans Filtre (@SansFiltreOff) March 16, 2021

