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Cyclisme

Alpecin-Fenix et les bienfaits de la licence ProTeam

Maxime Cazenave

Publié le

Alpecin-Fenix et les bienfaits de la licence ProTeam

CYCLISME – Depuis le début de la saison, l’équipe Alpecin-Fenix lève les bras sur les plus grandes courses du calendrier World Tour. Pourtant, cette dernière ne détient pas la licence WorldTeam, celle de la première division du cyclisme mondial, et n’est pas prête de l’acquérir malgré des résultats sportifs et financiers largement suffisants. Explications.

On ne les attendait pas forcément il y a deux ou trois ans, mais il faut bien compter sur eux désormais. Sortis de l’anonymat par Mathieu van der Poel à lui tout seul il y a quelques années lorsque l’équipe s’appelait encore Corendon-Circus, les Belges d’Alpecin-Fenix se sont imposés cette année comme l’une des forces principales du peloton mondial sur les sprints. En comptant toujours sur l’inévitable MVDP, mais également sur Tim Merlier et Jasper Philipsen, l’équipe belge dispose de trois cartes capables d’aller chercher des victoires absolument partout.

Un calendrier totalement à la carte

Pour sa première participation sur le Tour de France, Alpecin-Fenix a remporté deux victoires d’étape grâce à Mathieu van ver Poel et Tim Merlier, également vainqueur d’une étape sur le Giro. Sur les routes du Tour d’Espagne, elle en a déjà accumulé deux supplémentaires grâce aux succès acquis par Jasper Philipsen. Cette saison, elle cumule ainsi la totalité de neuf victoires sur le calendrier World Tour (6ème équipe la plus prolifique), et est solidement installée dans le Top 10 du classement général UCI. Pourtant, elle ne détient pas la licence WorldTeam, et ne souhaite pas l’obtenir dans un avenir prochain. Alors que toutes les équipes de ce niveau rêvent d’y accéder, Alpecin-Fenix préfère rester au niveau inférieur afin de bénéficier des avantages non négligeables, dont elle dispose en tant que meilleure équipe au niveau ProTeam.

En effet, tous les paramètres sont au vert pour l’équipe belge. Cette année, cette dernière a pu se présenter au départ de toutes les épreuves World Tour grâce à ses résultats de la saison passée. Cela est dû à leur statut de meilleure équipe non WorldTeam au classement général. Ainsi, MVDP and co bénéficient d’un calendrier totalement modulable. Contrairement à une équipe de l’élite qui a l’obligation de se présenter à toutes les épreuves du calendrier World Tour, Alpecin-Fenix se permet le luxe de choisir seulement les épreuves de son choix. Ce statut particulier leur permet donc une liberté totale dans l’élaboration de leur calendrier.

Une stratégie sportive « à l’économie » autour d’un trio de leaders établi

De plus, d’un point de vue financier, il n’y a également aucune raison de s’embêter. Cette possibilité de gérer le calendrier à leur guise leur permet de s’éviter des frais supplémentaires sur des courses imposées. D’un point de vue purement sportif, l’équipe dispose des moyens nécessaires pour bâtir un effectif supérieur à l’actuel. Malgré tout, cela ne fait pas réellement partie des plans puisque la stratégie de l’équipe est dirigée autour de trois leaders absolus, qui le rendent bien. Sur tous les terrains ou presque excepté la haute-montagne, Mathieu van der Poel est capable de claquer une victoire, tandis que Tim Merlier et Jasper Philipsen sont là pour aller remporter les sprints.

Autour d’eux, on retrouve une ribambelle de coureurs de « seconde zone » pour les accompagner dans les meilleures conditions, et former notamment l’un des trains de sprint les plus performants du monde. C’est ce que l’on voit une nouvelle fois sur la Vuelta avec le travail remarquable fourni par Sacha Modolo notamment. Si Alpecin-Fenix évolue en marge du classement général sur toutes les courses à étapes où se profile la montagne, elle est en revanche redoutable lorsqu’il y a un bouquet à décrocher sur les reliefs plats ou légèrement accidentés.





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Les avantages du World Tour, sans les contraintes financières

En restant au niveau ProTeam, l’équipe belge continue à disposer d’un effectif solide capable d’aller chercher la gagne partout. Son budget est également plus flexible. Si jamais elle veut s’offrir un leader supplémentaire, elle peut parfaitement le faire en réduisant le nombre de coureurs dans son équipe. Une possibilité inenvisageable pour des équipes World Tour, mais qui leur permet d’économiser des salaires sur plusieurs porteurs d’eau afin d’aller chercher un élément de qualité supérieur. Sans compter le fait que les salaires minimums sont également plus bas en ProTeam, permettant ainsi de moduler avec plus de facilités les contrats.

De plus, ils effectuent également des économies sur certaines contraintes logistiques imposées en World Tour. Comme exemple, on peut prendre notamment le fait de disposer obligatoirement d’un convoi supplémentaire, incluant voiture bus et tout ce qui va avec. Ce sont des éléments qui mis bout à bout permettent de grappiller de l’argent un peu partout. Encore une fois largement dominatrice en comparaison aux autres équipes de sa division, l’équipe belge va de nouveau bénéficier de ces avantages la saison prochaine.

Tant que le règlement ne sera pas changé, Alpecin-Fenix est parti pour en profiter. Sans concurrent à sa hauteur au niveau ProTeam, la première place lui semble promise pendant encore de longues années. Le choix peut en énerver certains, mais difficile de ne pas leur donner raison de profiter de la réglementation. Comme énoncé précédemment, cela leur permet de bénéficier d’une situation idéale à tous les niveaux. Alors pourquoi s’en priver ?

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