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Arbitrage vidéo : pas le seul atout du rugby à XIII

Nicolas Jacquemard

Publié le

Dans le cadre de notre dossier « arbitrage vidéo », le cas du rugby à XIII, où la vidéo est utilisée en Australie et en Angleterre, va être décortiqué. Pour nous accompagner et nous éclairer, Idriss Ahamada, rédacteur pour Treize Mondial.

En France, le rugby à XIII tente de combler son retard et veut devenir un sport aussi important que chez le voisin anglais ou ses idoles australiennes. La rédaction participe à cette envie de faire connaitre ce très beau sport qu’est le rugby à XIII, dans une chronique mensuelle. Le championnat français étant seulement retransmis sur Youtube par la Fédération Française, l’arbitrage vidéo n’est pas utilisé sur cette compétition, sauf pour les finales diffusées en clair à la télévision. Dans d’autres championnats, cela fait désormais plus de 20 ans qu’elle est utilisée comme nous l’explique Idriss Ahamada : « La vidéo est utilisée depuis 1996. On fait appel à elle en général pour valider des essais (vérification que le marqueur n’a pas mis le pied en touche, n’est pas parti hors-jeu ou n’a pas bénéficié d’une obstruction illicite d’un coéquipier) et peut aussi être utilisée pour vérifier qu’un joueur n’a pas commis d’acte interdit afin de justifier d’une expulsion ou d’une mise sur le rapport. »

Un atout pour les arbitres malgré une perte de fluidité

Comme l’explique notre consultant, la vidéo est à la fois bénéfique sur le terrain et après les matchs : « Elle entraîne une réduction des erreurs d’arbitrage. Il y a encore quelques controverses mais dans l’ensemble, les injustices sont nettement à la baisse. Elle apporte également une aide à la commission de discipline. Les actions les plus « borderline » ne restent plus impunies grâce à l’apport de la vidéo et ça aide les joueurs à se discipliner. » Si le rugby à XIII n’échappe pas à une perte de fluidité du jeu, un abus de l’utilisation de l’arbitrage vidéo est aussi mis en avant par Idriss : « Le problème principal est avant tout l’interruption du jeu, parfois pendant de longues minutes pendant que l’arbitre vidéo regarde l’action sous tous les angles. Le deuxième inconvénient est une utilisation parfois trop systématique, même quand l’action est limpide en direct. Les arbitres devraient reprendre confiance en eux et valider plus directement certains essais. »

Une action qui a entraîné l’une des plus grosses controverses liées à l’arbitrage vidéo – Daily Mail

Un temps de prise de décision variable et de la publicité

Le temps de prise de décision est variable, il peut aller de quelques secondes quand celle-ci est évidente à un peu moins de deux minutes quand c’est plus compliqué. Comme nous l’explique Idriss Ahamada, il y a des différences entre NRL (championnat australien) et Super League (championnat anglais) : « En NRL, il y a le « bunker », local secret basé quelque part à Sydney où plusieurs techniciens vidéos regardent l’action en même temps, tout en étant supervisés par un arbitre qui rend ensuite sa décision à l’arbitre central. Ce système a permis de gagner énormément de temps et de fluidifier le recours à la vidéo. En Super League, il y a encore un seul arbitre dans le car régie. Forcément, c’est plus long… » Ce qui est sûr, c’est que les annonceurs aiment l’arbitrage vidéo, que ce soit en NRL ou en Super League : des sponsors s’affichent au moment des décisions. En Super League une roue annonce la décision de l’arbitre avec plusieurs sponsors dessus, en NRL, elle s’affiche sur un écran aux couleurs d’une marque de fast food.

Quelques controverses et erreurs

Même si l’arbitrage vidéo tend à diminuer les erreurs et à s’approcher de la vérité, le rugby à XIII a eu aussi son lot de controverses selon notre chroniqueur du jour : « Lors un match du 4 Nations entre l’équipe d’Angleterre et l’équipe d’Australie : nous sommes à la 79ème minute du match et les Australiens mènent au score 16-12. Alors qu’il reste seulement 46 secondes de jeu, le seconde ligne Anglais Liam Farrell tape un coup de pied à suivre. A la lutte avec un défenseur Australien, l’ailier anglais Ryan Hall se jette sur le ballon et semble aplatir avec 3 doigts (cf photo). Après de longues minutes à revisionner la vidéo sous tous ses angles, l’arbitre vidéo australien Bernard Sutton décide de refuser l’essai et entérine donc la défaite des Anglais. Cette décision fera grand bruit Outre-Manche… »

Il se souvient aussi d’une situation cocasse à cause d’une erreur humaine : « Sur une note moins « controversée » mais bien plus drôle, il y a aussi l’arbitre vidéo d’un match de NRL opposant les Sydney Roosters aux Canterbury Bulldogs qui avait validé un essai aux Roosters après avoir vu les images qui a appuyé sur le bouton « No Try », provoquant une belle frayeur aux fans des Roosters ! »





YouTube video

L’arbitrage vidéo, pas le seul atout du XIII

En NRL, il y a deux arbitres sur le terrain depuis 2009 pour leur faciliter la tâche et éviter des erreurs de jugement et cela semble faire l’unanimité. En France, l’expérience a déjà été mise en place à plusieurs reprises et sera reconduite pour les phases finales d’Elite 1 cette saison.  Mohamed Drizza, responsable de l’arbitrage en France, expliquait à Treize Mondial qu’il pense que c’est l’avenir de l’arbitrage : « Je suis favorable à l’arbitrage vidéo. Après cela ne résoudra pas tout, c’est bien pour les essais ou pour les agressions mais ce dont en quoi je crois vraiment, et que nous allons mettre en place pour les phases finales et le Magic week-end, c’est l’arbitrage à 2. Les Australiens ont inventé cela et pour moi c’est le top. »

Est-ce que la vidéo est bénéfique au rugby à XIII ? L’avis d’Idriss Ahamada, rédacteur pour Treize Mondial

« Incontestablement, oui ! Cela facilite le travail des arbitres et ça réduit grandement le risque d’erreurs. La seule chose qui peut encore être améliorée (c’est surtout valable en Super League), c’est la durée de visionnage. Forcément, un recours trop long hache le jeu ! Mais quand on pèse le pour et le contre, c’est nettement favorable au pour ! »

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Nicolas Jacquemard

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