Argent olympique, exploits et grosses désillusions : l’hiver contrasté du ski français
Ski alpin : bilan contrasté pour l’équipe de France en 2025-2026 entre la médaille olympique de Romane Miradoli, les exploits de Clément Noël et Paco Rassat et des Jeux décevants.
Retour sur la saison de nos Français en ski alpin, où nous reviendrons sur les temps forts et les temps faibles des Tricolores dans cette année si particulière, marquée par les Jeux olympiques de Milan-Cortina disputés en pleine saison.
Clément Noël et Paco Rassat font le spectacle, Romane Miradoli touche le graal
Un leader solide et une révélation inattendue
La cuvée 2025-2026 du ski alpin tricolore aura alterné entre éclats de génie et promesses d’avenir. En patron, Clément Noël a signé une saison de haut vol, jalonnée de cinq podiums dont une victoire dans le temple de Madonna di Campiglio début janvier. S’il termine à la 2ème place du classement final du slalom, le Vosgien aura toutefois dû s’incliner face à l’intouchable Atle Lie McGrath, nouveau roi de la discipline.
Mais la sensation de la saison est également venue de l’éclosion de Paco Rassat. Avec trois podiums, dont deux succès de prestige, le Savoyard a bousculé la hiérarchie mondiale pour s’inviter durablement parmi l’élite du slalom.
🤯 PACO RASSAT 🇫🇷 REMPORTE LE SLALOM DE GURGL ! Incroyable performance du Français qui s’impose pour la première fois de sa carrière en Coupe du monde !
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La médaille olympique de Romane Miradoli
Le sommet d’émotion restera toutefois la médaille d’argent olympique de Romane Miradoli sur le Super-G de Cortina d’Ampezzo. Une récompense venue saluer une résilience exceptionnelle après plusieurs saisons marquées par les blessures et les doutes. Un exploit majuscule qui a fait vibrer tout un pays, même s’il représente finalement l’un des rares grands motifs de satisfaction du ski français durant ces Jeux.
❄️ #MilanoCortina2026 | 🗣️ » C’est magique, j’espère que ça va rester comme ça ! «
🇫🇷 La première réaction de Romane Miradoli, actuellement en argent sur le super-G
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Le crash des favoris et un manque de profondeur
Un slalom olympique cauchemardesque
Derrière l’éclatante médaille de Romane Miradoli, le bilan comptable de la quinzaine olympique laisse un goût amer. En dehors de ce coup d’éclat, le ski alpin tricolore a traversé ces Jeux comme dans un cauchemar, incapable de convertir ses occasions de médaille. La déconvenue la plus marquante restera le zéro pointé en slalom : attendus comme les grands favoris au départ, Clément Noël et Paco Rassat ont sombré sous la pression le jour J, laissant filer leurs rêves de podium dans la neige italienne.
❄️ #MilanoCortina2026 | 🇫🇷 Clément Noël en termine avec quasi 2 secondes de retard. Première manche cauchemardesque pour les deux meilleures chances françaises.
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Nils Allègre, la frustration permanente
À cette faillite collective s’est ajoutée la trajectoire maudite de Nils Allègre. Le skieur de Serre-Chevalier a vécu un hiver frustrant, souvent abonné à la place la plus ingrate du sport. Avec trois quatrièmes places cette saison, la frustration a atteint son sommet lors du Super-G olympique. Au pied du podium pour seulement 31 centièmes derrière le nouveau champion Franjo von Allmen, Nils Allègre a surtout vu le bronze lui échapper pour trois minuscules centièmes face à la légende Marco Odermatt.
❄️#MilanoCortina2026 | 🗣️ »Je n’ai pas les centièmes du bon coté… Ma carrière c’est souvent ça. «
🇫🇷 Immense déception pour Nils Allègre, qui est seulement à 3 centièmes du podium du Super-G
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Un manque de densité inquiétant
Si la malchance de Nils Allègre explique en partie ce bilan, elle ne doit pas masquer le manque de densité du ski français. Dans les disciplines techniques, Marie Lamure, malgré un potentiel évident, peine encore à trouver la régularité nécessaire pour s’installer dans le top 15 mondial en slalom. D’autres skieuses comme Marion Chevrier ou Caitlin McFarlane se battent pour accrocher des qualifications en seconde manche, mais l’écart pour viser régulièrement le top 10 reste important.
Même constat en vitesse féminine. Laura Gauché reste capable de coups d’éclat, mais manque encore de constance pour jouer les premiers rôles chaque week-end. Clara Direz a vécu un hiver très compliqué avec de nombreuses sorties, tandis que le retour de Camille Cerutti au plus haut niveau reste difficile après sa grave blessure, malgré une belle 5ème place lors du Super-G de Val d’Isère.
Chez les hommes, la situation est similaire dans les épreuves de vitesse. En l’absence de Cyprien Sarrazin, un profil comme Nils Alphand cherche encore le déclic pour franchir un cap. Léo Anguenot a lui offert quelques émotions avec deux 6ème places et surtout un podium lors du géant d’Adelboden, mais sa saison reste trop irrégulière.
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À 4 ans des JO à la maison, un constat inquiétant sur la relève
La retraite d’Alexis Pinturault laisse un vide
Ce manque de réussite, couplé à une relève encore fragile en géant et en vitesse, soulève de nombreuses interrogations pour l’avenir. Cette fin de saison marque également un tournant avec la retraite d’Alexis Pinturault, qui quitte le circuit après une carrière immense. Pour combler ce vide, les regards se tournent déjà vers la saison prochaine et vers le retour très attendu de Cyprien Sarrazin. Après une année de reconstruction physique, le miraculé de Bormio prépare son retour avec l’objectif ultime des Jeux olympiques 2030 à la maison.
Une nouvelle génération encore trop tendre
Le déficit de profondeur au sein du ski français est une réalité, au point que certains évoquent un trou générationnel. Dans les disciplines de vitesse, les jeunes talents très attendus comme Alban Elezi Cannaferina ou Diego Orecchioni peinent encore à bousculer la hiérarchie et à s’installer régulièrement dans le top 15 mondial en Coupe du monde, même si le jeune Flavio Vitale, 20 ans, pourrait exploser dans les prochaines saisons.
Même constat chez les femmes, où le vide laissé par la retraite de l’immense Tessa Worley en 2023 reste béant, notamment en géant. Des espoirs comme Chiara Pogneaux ou Clarisse Brèche cherchent encore la régularité au plus haut niveau. Sans un cap franchi par cette nouvelle génération, briller à domicile lors des Jeux olympiques dans quatre ans paraît aujourd’hui très ambitieux.
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