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Association Nationale des Supporters : « Construire une nouvelle politique d’accueil des supporters »

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James, le responsable de la communication de l’Association Nationale des Supporters, nous a accordé un entretien. On y parle actionnariat populaire, tribunes debout, fumigènes et bien plus encore.

Quel est l’objectif de l’Association Nationale des Supporters ?

L’objectif principal de l’association, c’est de construire une nouvelle politique d’accueil des supporters. Alors c’est un peu un gros mot et c’est assez large. Il faut savoir qu’il n’y a rien qui décide aujourd’hui en France, que ce soit au niveau des instances ou au niveau des autorités. Quand je dis rien, c’est qu’il n’y a pas une vraie analyse de la situation, de comment on gère les flux, la sécurité et l’accueil par exemple… Il valait mieux qu’on incite les pouvoirs publics à construire quelque chose et qu’on participe à la construction de cette politique d’accueil.

Donnez 3 raisons qui justifient l’autorisation des fumigènes dans les stades de football.

  • L’interdire, alors qu’il est utilisé, ne permet pas de mettre en place un cadre de sécurité. On crée plus de dangers qu’autre chose.

  • Il y a des grosses sanctions sur les clubs et ça pénalise ces derniers. En plus, il se trouve qu’en France, il y a une grande opacité sur la situation, notamment la façon dont sont calculées les amendes et les sanctions et puis une opacité de l’utilisation qu’on fait de l’argent des amendes.

  • Il y a une grande hypocrisie. On sait maintenant que le foot, c’est aujourd’hui devenu un spectacle. La pyrotechnie, ça fait partie du spectacle, des animations. Tout le monde aimerait qu’il y ait de la pyrotechnie, donc il faut voir dans quel cadre on peut l’utiliser.

On a vu ces dernières années que la Ligue et les préfectures multipliaient les embûches (arrêtés préfectoraux entre autres) pour que les supporters n’accompagnent pas leurs équipes en déplacement. Quelle est votre réaction face à ce phénomène ?

Pour les préfectures, on observe une explosion parce qu’aujourd’hui, c’est devenu une facilité, mais aussi parce que ça a été une doctrine du Ministère de l’Intérieur pendant des années. Le problème, c’est qu’on considère que le fait  d’avoir des supporters qui se déplacent, c’est un problème. À la base, les pouvoirs publics devaient assurer la sécurité des supporters en déplacement. De toute façon, ce qui se passe aujourd’hui malheureusement, c’est que la Ligue additionne des interdictions qui existent déjà avec les préfectures. On assiste à des décisions, pas de la Ligue de Football Professionel (LFP), mais de la commission de discipline qui décide encore d’autres interdictions. On peut dire justement qu’il n’y a pas de cadre, ni d’organisation, ni de savoir-faire. Il y a encore quelques personnes qui ont cette idéologie du tout répressif et c’est pour cela qu’on incite à ce genre de mesures. Cependant, dans les faits, tous les acteurs sont d’accord pour dire que ce n’est plus possible de continuer dans cette voie.

En Allemagne, les supporters font partie intégrante du club qu’il supporte. En Espagne, on retrouve le système des socios. Pourquoi ce n’est pas le cas en France d’après vous ?

Ça existe en France, le seul problème c’est qu’il y a très peu de publicité qui est faite. On a encore une vieille vision paternaliste du supporterisme. Souvent, vous entendrez tout le temps la phrase « les dirigeants dirigent, les joueurs jouent et les supporters supportent. Chacun son truc. » Ce qui est complètement faux, surtout dans un monde hyper connecté avec les réseaux sociaux. Chaque acteur fait partie intégrante du club. Ça, c’est vraiment une question de culture et de mentalité française malheureusement. Il existe des contre-exemples comme dans le club du Havre, mais ça reste un cas isolé.

Justement, quel est votre regard sur l’actionnariat populaire ?

Il y a deux modèles qui existent. Le modèle principal, c’est comme au Havre. À ma connaissance, ils n’ont pas énormément de parts mais ils ont réussi à obtenir la chose essentielle, c’est-à-dire s’impliquer dans la vie du club en siégeant au Conseil d’Administration qui oriente la stratégie. Il y a le cas de Bastia qui est emblématique. Il s’agit là d’en finir avec des pratiques qui ont fait que le club a coulé. Il s’agit aussi de reconstruire complètement le club. Il y a un vrai apport financier, une grande participation des gens dans la vie du club. Là, on est dans du concret en étant partie prenante afin de pérenniser le club.

Votre organisation milite pour l’instauration de tribunes debout, qu’on retrouve fréquemment en Allemagne. Quelles sont les avancées ?

Il y a une expérimentation aujourd’hui qui est menée par le Ministère des Sports. Il y a deux principales avancées :

  • L’instauration des tribunes debout permet d’être plus en sécurité que les tribunes avec des sièges.

  • Ça répond à des attentes des supporters. Aujourd’hui, il faut réfléchir à comment on accueille les supporters. La moindre des choses, c’est que quand les supporters demandent à être debout, il faut leur donner une tribune adaptée.

Ces derniers jours, des membres de votre association se sont rendus en Pologne pour observer le système de Référent Supporters. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Notre association a été retenue pour un financement européen. C’est un programme qui a été initié par Supporters Direct Europe. En fait, Supporters Direct Europe, ce sont vraiment eux qui ont créé ce qu’on appelle en France le Référent Supporter ; c’est le « Supporter liaison officer » qui est un article du fair-play financier. C’est une obligation, aujourd’hui, pour pouvoir être inscrit dans les compétitions européennes. Ce programme visait à échanger entre des Référents Supporters de différents pays européens pour voir ce qu’il se passe ailleurs pour ensuite pouvoir travailler en commun. Notre association, elle a travaillé justement à organiser et à participer à ce programme. Cependant, ça reste un programme de Supporters Direct. De ce fait, il y a pas mal d’associations et de fédérations européennes qui ont été retenues pour ça.

Nelson Emane


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