Athlétisme : 5 athlètes français qui pourraient se révéler en 2025
ATHLÉTISME – Focus sur cinq athlètes français qui pourraient se révéler au plus haut niveau lors de l’année 2025.
Ana Delahaie (marche)
Si la marche féminine française a su parfaitement décoller ces dernières années, avec trois représentantes qualifiées lors des derniers Jeux Olympiques (Clémence Beretta, Camille Moutard et Pauline Stey), le meilleur est peut-être encore devant les Tricolores de la marche. Avec une densification qui se fait à vitesse grand V. On a évidemment en tête la jeune Chloé Le Roch. Mais dans l’ombre des trois olympiennes, Ana Delahaie a toutes les armes pour devenir une prétendante aux plus hautes sélections internationales. La médaillée de bronze européenne chez les juniors, en 2023, a parfaitement réussi sa transition, pour sa première année espoir. Et donc chez les « grandes ».
Avec même un titre de championne de France Élite à Angers, sur 10 000 m piste. Certes, elle a « profité » de l’absence des trois qui sont allées à Paris. On met ce mot entre de gros guillemets. Car à Angers, en solitaire, la Bordelaise (et Bergeracoise) a pulvérisé son record, pour le porter à 45:41.15. Cela la place 10e aux bilans de tous les temps (route et piste confondues). Les records de Clémence Beretta (43:35.32), Pauline Stey (44:42) et Camille Moutard (44:47) sont encore loin. Mais ses progrès sont très intéressants, à 20 ans. Et sa première expérience sur 20 km marche, la distance olympique (et mondiale) est assez prometteuse. Avec un record en 1h36:18. À surveiller de très près en 2025.
Jordan Guehaseim (disque)
S’il est resté dans l’ombre de Tom Reux et de son ami Lolassonn Djouhan, qui sont tous deux allés aux Jeux Olympiques, la saison 2024 de Jordan Guehaseim est très intéressante à observer. Non seulement il a battu son record au disque, pour le porter à 63.96 m, mais il a surtout trouvé de la régularité au-delà de 60 mètres. Marque qu’il n’avait franchie qu’à une seule reprise avant cette année. Ni plus ni moins que six concours à plus de 61 mètres. Dont cinq à plus de 62 mètres. Nul doute, même si les portes des sélections internationales ne se sont pas ouvertes à lui, il est entré dans la cour des grands.
Il a annoncé, au début de l’automne, avoir changé d’entraîneur pour poursuivre sa progression. Âgé de 27 ans, le lanceur sait que la barrière des 62 mètres n’est plus un problème pour lui. Surtout, on se rappellera qu’il a connu une blessure au mollet début juin, au pire moment possible pour lui. S’il a pu revenir après et lancer deux fois à plus de 62 mètres, impossible de savoir dans quelle mesure sa petite déchirure a impacté ses concours. Et privé, pourquoi pas, d’un jet à 64 mètres ou plus. Ce n’est que du conditionnel. Mais on aura sans doute des éléments solides de réponse en 2025.
Louise Boulent (perche)
La seule athlète junior cette saison de la liste. Certes, ses Mondiaux à Lima, ne se sont pas passés comme prévu. Candidate à la médaille, la jeune française est passée à côté. Une expérience pour la suite de sa carrière. Qui ne peut, à elle seule, jeter le discrédit sur une année 2024 exceptionnelle. Qui l’a vu passer de 3.95 m à 4.35 m. Soit la troisième performance française juniors de tous les temps. Une progression et un changement de dimension.
Qui est porteur d’espoir dès cette année 2025, où elle va passer espoirs. Dans une discipline, qui s’est énormément densifiéew en France ces dernières années, elle n’aura pas le costume de celle qui sera scrutée sous tous les angles. Ce qui peut lui permettre de poursuivre sa progression de façon plus sereine. Et pourquoi pas casser la baraque dès cette année. On a vu des surprises émerger par le passé et des jeunes athlètes bouleverser la hiérarchie plus tôt que prévu.
💥 Nouveau record des championnats !
🥇 Louise Boulent (Entente Athlé Mondeville Hérouville) décroche le titre de championne de France U20 du saut à la perche avec 4,26 m !
💻 Suivez les #CFAthlé en DIRECT sur https://t.co/63xdTVLhtA. pic.twitter.com/1Ztoy11VSo
— FFAthlétisme (@FFAthletisme) July 21, 2024
Tristan Despres (perche)
Ce n’est pas le perchiste le plus connu, dans une discipline où la France brille depuis des années. Mais ses temps de passage, à seulement 21 ans, sont plus que bons. L’Angevin a décollé cette saison à 5.62 m. Une performance réalisée en extérieur du côté de Bordeaux. Si la suite de sa saison a été plus compliquée, son début de mois de juin était très prometteur, avec un autre concours à 5.60 m et un troisième à 5.50 m. Une régularité déjà observée en salle, avec trois concours au-delà de 5.50 m. Son record n’était qu’à 5.35 en 2023. Si la fin de saison n’a pas été aussi satisfaisante que prévu et l’a sans doute empêché de tenter plus de barres à 5.70 m, ce sont des barres qu’il devrait commencer à apprivoiser, ou du moins tenter, dès cet hiver.
Et si les minima pour les Mondiaux en salle de Nankin sont à 5.85 m, ceux pour les championnats d’Europe en salle devraient être plus abordables. Ceux pour les Europe de Rome étaient à 5.75 m. On le sait, dans la perche en France, réaliser ces minima n’est pas une assurance tous risques quant à une éventuelle participation. En revanche, elle vous assure un statut d’athlète qui a une envergure d’un international sénior. Ce qui n’est déjà pas rien.
Clara Liberman (800 m)
Elle nous excusera à la lecture de ces lignes, mais à 24 ans, Clara Liberman n’est plus tout à fait une jeune athlète. En revanche, la spécialiste du double tour de piste est en progression constante ces dernières années. Au point d’avoir réalisé 2:00.16, le 4 juillet dernier, du côté du meeting de Sotteville-les-Rouen. Mine de rien, à seulement seize centièmes des minima pour un championnat d’Europe certes disputés un mois avant sa performance. Mais qui prouve l’envergure de son chrono. Vice-championne de France Élite du 800 m en 2023, elle était passée de 2:07.66 à 2:01.14 cette année-là. En gagnant une seconde sur son record, elle continue de grimper les échelons.
Et le 800 m français n’a pas été avare de belles aventures cette année. Que ce soit Anaïs Bourgoin ou Corentin Le Clezio, aucun n’était prédestiné, en début d’année, à participer aux Jeux Olympiques. Car d’autres étaient en avance. Pourtant, ils ont finalement été dans le bon wagon, chacun pulvérisant son record. La très régulière Clara Liberman (trois chronos sous les 2:01 en 2024), est une candidate bien crédible à la belle histoire.


