Athlétisme : Ces 5 duels vont enflammer 2024
ATHLÉTISME – Focus sur cinq duels qui pourraient animer la saison d’athlétisme et en particulier les Jeux Olympiques.
Sha’Carri Richardson / Shericka Jackson (100 m, 200 m)
La petite tornade américaine Sha’Carri Richardson avait surpris son monde (et Shericka Jackson) en déboulant de son couloir extérieur pour être sacrée championne du monde du 100 m à Budapest, avec le record des championnats (10.65). La Jamaïcaine avait régné sur la discipline, mais a dû s’incliner ce soir-là à Budapest. Signant définitivement la résurrection d’une des athlètes les plus populaires au niveau mondial. Par sa fraîcheur et son franc-parler. Mais évidemment surtout pour son immense talent.
Cela promet des revanches explosives sur les Diamond League et surtout, lors des JO. Sous fond de chrono de folie, les deux femmes sont les ultra-favorites de la ligne droite. Qui pour prendre l’ascendant sur l’autre ? Record à 10.65 pour l’Américaine, record à 10.65 également pour la Jamaïcaine, les deux marques établies en 2023. Dans une discipline où la moindre faute se paye cash et où il faut garder sa concentration, cela promet une montée d’adrénaline.
La favorite : On a envie de repartir sur le même résultat. Le titre mondial a fait franchir à Sha’Carri Richardson le dernier cap qui lui manquait. Elle qui n’avait jamais remporté une médaille mondiale avant cette course. La Jamaïcaine pourrait se ressasser ce titre perdu. Assurément, sur 200 m, compte tenu du potentiel de Shericka Jackson, cette dernière sera favorite. Personne ne semble capable de lui contester sa domination. À moins qu’Elaine Thompson ne ressuscite (comme à chaque année olympique).
Sydney McLaughlin / Femke Bol (400 m haies, 400 m ?)
Sydney McLaughlin a vécu une année 2023 presque blanche. Forfait pour les championnats du monde de Budapest. Néanmoins, l’Américaine a porté son record sur 400 m plat à 48.74. Après avoir eu le record du monde dans le viseur, selon les déclarations de son entraîneur Bob Kersee. Elle détient le record du monde du 400 m haies, qu’elle a amené à 50.68 en 2022. Plus de 18 mois après cette incroyable performance en finale des Mondiaux, on se demande encore comment un tel chrono a pu être établi, tant, passer sous les 52 secondes avait déjà été un évènement en 2021. C’est une tout autre dimension. Elle possède quasiment une seconde d’avance sur la deuxième meilleure performeuse de tous les temps… Une certaine Femke Bol.
Qui a profité de l’absence de l’Américaine pour devenir la reine de la discipline, que ce soit en Diamond League ou aux championnats du monde. Elle a porté son record à 51.45. À distance respectable de Sydney McLaughlin. Mais on sent qu’actuellement, elle est la seule à pouvoir lui contester la domination. Avec sa grande foulée et ses grosses fins de course, la Néerlandaise a changé de dimension en 2023. On vous invite à revivre ci-dessous son année incroyable. Qui a dû ravir son coach Laurent Meuwly.

La favorite : Malgré les progrès de Femke Bol, la grande favorite sera Sydney McLaughlin. Néanmoins, l’Américaine a des envies de doublé 400 m haies et 400 m plat. Un programme néanmoins gargantuesque, avec des séries du 400 m le lendemain de celles du 400 m haies et la veille des demies du 400 m haies. Et une finale le lendemain des demies du 400 m. Si tout se passe bien pour la recordwoman du monde, elle va enchainer six courses en six jours. Est-ce que cela ne va pas peser, avec la finale du 400 m haies qui sera sa 5e course ? À moins que Femke Bol tente le même pari, elle qui l’avait réussi en 2022, mais aux championnats d’Europe.
Daniel Stahl / Kristjan Ceh (lancer de disque)
Les deux derniers champions du monde en titre vont encore s’affronter pour un duel au sommet lors des JO. C’est le choc des générations entre le Suédois Daniel Stahl, 31 ans, et Kristjan Ceh, 24 ans. On se souvient surtout du duel homérique, lors des championnats du monde de Budapest. Alors que le jeune Slovène pensait avoir fait le plus dur à son 6e essai, le Suédois lui a répondu dans la foulée, dans une ambiance de folie, pour s’emparer du record des championnats, avec 71.46 m, à 40 centimètres de son record de Suède. Une vraie résurrection, après une année 2022 un peu plus compliquée, sans médailles internationales.
Particularité, les deux athlètes ont un record personnel qui est le même (71.86 m). Le Slovène ne cesse de progresser d’années en années, passé de 5e des JO à champion du monde, avec un jet au-delà des 71 m à seulement 23 ans. Il n’y a aucune raison que cela s’arrête en 2024.
Le favori : Difficile de pronostiquer, tant les deux sont proches, mais la jeunesse de Kristjan Ceh pourrait bien prendre l’avantage. Surtout s’il atteint la barre des 72 mètres et qu’il est régulier à plus de 71 mètres.
Faith Kipyegon / Gudaf Tsegay (5000 m)
Si sur 1 500, Faith Kipyegon semble totalement intouchable, la donne a changé sur 5 000 m. Et pourtant, la Kényane s’était emparée du record du monde de la distance à Paris, lors du meeting Diamond League parisien. Elle avait porté la marque à 14:05.20. Avant de s’emparer du titre de championne du monde de la distance, faisant un incroyable doublé 1 500-5 000. Déjà son 4e titre mondial en extérieur. Mais Gudaf Tsegay est passée par là. L’Éthiopienne a pulvérisé la marque, la portant à 14:00.21. La barre des 14 minutes n’a jamais été aussi près de tomber chez les femmes, alors qu’elle paraissait inaccessible.
Cela a considérablement changé la donne, car Gudaf Tsegay s’est certes ratée sur la distance à Budapest (13e). Mais c’est la championne du monde du 10 000 mètres en titre. Cela promet de beaux duels, que ce soit sur Diamond League ou lors des JO.
La favorite : Si sur des courses comme la Diamond League, Gudaf Tsegay peut avoir ses chances, avec des lièvres qui emmènent sur des rythmes supersoniques, la course de championnat est différente. Avec souvent un faux rythme, qui profite à celle qui a le meilleur emballage. Et sur ça, que ce soit sur 1 500 m ou 5 000 m, Faith Kipyegon semble intouchable. Capable de terminer en 58 secondes, son dernier tour du 1 500 m.

Anna Hall / Nafissatou Thiam (Heptathlon)
Pari risqué, car Nafissatou Thiam a une forme incertaine, après un été 2023 littéralement pourri et un forfait pour les championnats du monde de Budapest. Et on exclut de ce duel Katarina Johnson-Thompson qui est la championne du monde en titre. On assume, car à notre sens, le vrai duel sera entre la Belge et l’Américaine Anna Hall. Pourquoi ? Car ce sont les deux seules qui ont le potentiel pour aller chercher les 7 000 points sur heptathlon. Il a manqué 12 points à l’Américaine, l’an passé à Gotzis, pour aller chercher ce cap mythique. Malgré un 800 m couru en 2:02.97 (digne d’une bonne spécialiste) et un 100 m haies avalé en 12.75. Elle a battu en Autriche cinq de ses sept records, en plus de son record de points. Mais il en a manqué à Budapest, après une très longue saison. Une saison d’apprentissage, après sa 3e place à Eugene en 2022.
Nafissatou Thiam a, elle, franchi les 7 000 points. C’était en 2017, également à Gotzis (7013 points). Elle possède des records stratosphériques à la hauteur, avec ses 2.02 m (une barre qui peut permettre de gagner des médailles d’or dans la discipline au niveau mondial). Elle a battu l’hiver dernier le record du monde du pentathlon, avec 5 055 points. On sait que si elle revient en grande forme, elle sera là pour aller décrocher une 3e médaille d’or olympique. Et encore plus entrer dans la légende.
Notre favorite : Si on part de l’hypothèse où Nafissatou Thiam est en forme, elle sera la favorite. Son expérience des grands championnats, ses victoires passées pèsent pour elle face à une Anna Hall, certes médaillée, mais qui manque encore d’expérience.


