Athlétisme : Comment le Fast 5000 est devenu incontournable dans le demi-fond en France ?
ATHLÉTISME – Le Fast 5000 aura lieu ce samedi. Un meeting qui a vu le jour en 2021 et qui est devenu un grand rendez-vous du demi-fond en France. On vous explique pourquoi.
Inspiration venue de Londres
C’est devenu un grand rendez-vous de l’athlétisme en France. Bien que classé « D » dans le ranking World Athletics, le Fast 5000, qui aura lieu ce samedi, va réunir quelques très bons athlètes français et internationaux. Comme son nom l’indique, l’évènement est tourné autour des 12 tours et demi de piste, mais pas que. C’est une épreuve qui a su s’ouvrir à d’autres courses de demi-fond. En 2023, Alice Finot s’était emparée (pour quelques jours) d’un record de France du Mile vieux de 40 ans. Celle qui prendra ensuite la 5e place des Mondiaux de Budapest, avait réalisé un chrono de 4:26.68. Mais comment ce meeting, apparu seulement en 2021, a pu monter en gamme aussi rapidement ?
Héritier des soirées de Saint-Maur, qui existent encore aujourd’hui, et du meeting Fungana, qui a lui disparu, le Fast 5000 a pris le relais : « C’est Simon Messenger qui est à l’origine de ce rendez-vous, avec Sébastien Sapei et François Gancel. Mais 80 % du meeting, c’est Simon », explique Maxime Garcin, en charge des startlists le jour J. « Simon, le plus français des Anglais, s’est inspiré de la nuit de Londres sur les 10 000 m », poursuit Maxime Garcin, en référence au grand rendez-vous anglais, où Félix Bour et Simon Bédard, entre autres, avaient brillé. « Le but était de transposer, mais sur une autre distance ». C’est comme cela que le Fast 5000 est né en 2021, à une époque où on parlait encore masques, Covid… Et une époque de grande frilosité en termes d’organisation.
2023, le tournant du Fast 5000
« L’idée est venue vraiment en plein confinement. On ne savait pas si on allait pouvoir sortir de ce Covid, pouvoir courir à la reprise, c’était un peu fou. C’est aussi pour cela que la première édition a eu lieu assez tard, à peu près aux mêmes dates que cette année » (NDLR : 3 juillet 2021). Et face à ce manque de compétition, la première édition a été une réussite. Un certain Romain Mornet, qui n’était pas encore ce coureur qu’il est en 2023 et 2024, remporte le 5000, avec un chrono sous les 14 minutes (13:55.81). Chez les femmes, Leïla Hadji s’était imposée en 16:07.81. Cela n’avait pas chômé. L’AC Montesson (où se déroulait la course) mais aussi le SO Houilles Athlétisme sont devenus les deux clubs support du rendez-vous. Dans une ambiance qui ressemble à La Chaux-de-Fonds en Suisse. Cette année, Maisons-Laffitte prend le relais.
Une arrivée serrée ! 🤏
Le 5000 m masculin du FAST5000 a tenu toutes ses promesses avec la victoire au finish de 🇰🇪 Levy Kibet en 13’04 »21🔥
🇲🇫 7e place pour Yann Schrub en 13’14 »52 👏
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En 2022, le rendez-vous prend encore du galon, 10 hommes passent sous les 14 minutes. Sept séries sont proposées pour ces derniers. En 2023, c’est l’explosion. Le Kényan Levy Kibet l’emporte en 13:04.21, Yann Schrub est 7e en 13:14.52 et les 27 coureurs qui terminent la première course sont sous les 14 minutes. Chez les femmes, l’Éthiopienne Médina Eisa, recordwoman du monde junior de la distance (14:16.54), avait posé, un mois avant son record, les jalons à Montesson, en dominant la course en 14:46.60.
💥 Dans une course relevée, 🇪🇹 Medina Eisa, championne du monde juniors 2022, s’illustre sur le 5000 m du FAST5000 à Montesson en 14’46 »60 !
🇲🇫 Record personnel pour Manon Trapp en 15’22 »32 👏
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Aucune femme au-delà de 15:40. Et le meeting s’étoffe. Avec un 1500 m remporté par Gilje Narve Nordas, futur 3e à Budapest, en 3:32.39. Avec un Jimmy Gressier qui réalise 3:33.90 et Romain Mornet 3:34.29. Et quatre français sous les 3:36, une première depuis 2001. Du sub 3:40 et 14 minutes sur les séries B du 1500 m et 5000 m. Digne d’un très bon continental Gold. Ce n’est plus la même musique.
L’arrivée de On a changé les choses
Le Fast 5000 a su s’étoffer budgétairement, avec près de 20 fois le budget de 2021. « La marque On est arrivée en 2023, ils mettent de l’argent pour la logistique. Là, ils ont commencé les travaux pour mettre deux tunnels et un pont. Rien que cela, c’est un gros coût », explique Maxime Garcin. « On » voulait s’implanter dans le marché de la course à pied en France. Les On Track Nights se déroulent dans cinq villes et trois continents, pour permettre aux coureurs d’avoir les meilleures conditions pour la performance. Wavelight, lièvres de qualité.
Et de belles primes pour les vainqueurs, 6000 €, mieux qu’en Diamond League. Quand on connait la difficulté de gagner sa vie dans l’athlétisme. « Le côté international de Simon aide aussi, le fait qu’il soit bilingue », confie Maxime Garcin. Les internationaux arrivent petit à petit, jusqu’à la « folie » 2023.
Une grosse machine, mais une grosse organisation avec 100 % de bénévoles. « Je ne fais que 5 % du travail, mais dès le mois d’avril-mai, je suis très sollicité. Je laisse imaginer ce que peut faire un Simon ». Le record de France d’Alice Finot est venu apporter la cerise sur le gâteau. « C’était vraiment au-delà de nos espérances », se réjouit Maxime Garcin. Et pourtant, le meeting n’était pas labellisé en 2023. « Les gens sont venus, car c’est un On Track Nights, la date était bien aussi, en pleine période de qualification aux Mondiaux. C’était le lendemain de la DL de Paris ». Le fait que l’entrée soit gratuite est aussi un plus au moment de convaincre un spectateur.
Un record de France espoir dans le viseur pour le Fast 5000 2024
L’année 2024 ne sera peut-être pas aussi faste qu’en 2023 (lire plus bas). Quelques désengagements cette dernière semaine, la faute au Meeting Diamond League de Paris, qui aura lieu cette fois, le lendemain. Mais aussi à la fin d’une période de qualification olympique. Certains et certaines vont se réserver et s’entraîner pour les JO, qui auront lieu dans moins d’un mois désormais. « Mais les startlists restent belles. On aura pas mal d’athlètes revanchards, parmi ceux qui n’ont pas pu se qualifier aux Jeux Olympiques », tient à rassurer Maxime Garcin.
Et plusieurs records de France pourraient bien trembler ce samedi, dont celui en espoir femmes, sur le 2000 m. « L’idée, c’est d’essayer de battre des records nationaux chaque année », confie Maxime Garcin, en charge de monter les courses annexes. Il faudra courir au moins en 5:55.00 pour espérer décrocher ce record. Le record de France espoirs du 1000 m, détenu par le mythique Pierre-Ambroise Bosse (2:15.31) sera également dans le viseur des athlètes, dont Paul Anselmini ou Thomas Marques de Andrade
Et sur la distance reine du 5000 m, on surveillera, chez les femmes, Girmawit Gebrzihair (14:46.12 en 2023), Vanessa Fraser (14:48 en salle), Nelvin Jepkemboi (14:50.00 cette année), Francine Niyomukunzi (14:44.97 en 2024) voire Tinebeb Asres (14:59). Tandis que Clémence Calvin sera dans la première série. Chez les hommes, le Burkinabé Egide Ntakarutimana (13:03.61 en 2023) est parmi les favoris, même s’il faudra se méfier d’Olin Hacker et Celestin Ndikumana. Les « Romains » Valentin Gondouin et Simon Bédard, sont dans la grosse course, comme Yoann Kowal et Fabien Palcau.


