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Athlétisme Europe en salle 2025 : Quel bilan pour les Bleus ?

Etienne Goursaud

Publié le

Athlétisme Championnats d'Europe (salle) 2025 : Quel bilan pour les Bleus ?
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS D’EUROPE D’ATHLÉTISME EN SALLE 2025 – La compétition s’est achevée ce dimanche. On fait le point sur le bilan de l’équipe de France. Une équipe encore en progrès malgré quelques frustrations, mais qui manque encore de quelques pourvoyeurs de titres. 

Les Bleus se sont ancrés en haut de la hiérarchie européenne

Rome n’était donc pas un mirage envolé par les Jeux Olympiques. Les Français avaient réalisé de très bons championnats d’Europe en 2024. Deuxièmes du tableau des médailles, avec 16 podiums dont quatre titres. Si les championnats d’Europe en salle ont été le théâtre de quelques frustrations, comme la blessure de Laëticia Bapté sur 60 m haies ou encore la 4ème place de Thibaut Collet à la perche, la France s’est inscrite une nouvelle fois parmi les nations fortes sur l’échelle européenne.

2ème au total des médailles

Avec huit médailles, la France termine à la deuxième position en termes de médailles récoltées, derrière le pays hôte, les Pays-Bas (9 médailles). Dans un Euro d’athlétisme dans lequel les nations se sont partagé les breloques, les Français ont su répondre présents. Et signent leur meilleur bilan depuis 12 ans. Même si la France ne termine que 7ème du classement des médailles. Malgré tout, les progrès sont visibles, par rapport à l’édition 2023 à Istanbul, où les Bleus avaient ramené six médailles et terminé 9èmes au classement des médailles. Des progrès également visibles du côté de la placing table, un classement qui prend en compte tous les finalistes (Top 8).

En Turquie, la France avait pris la 5ème place, avec 58 points. Cette année, elle termine à la 3ème place, avec 83 points, après avoir été longtemps en tête. Cela montre que la France est de plus en plus capable de fournir des athlètes capables d’entrer en finale. Le tout, sans certaines de ses têtes d’affiche. On pense à Cyréna Samba-Mayela, la médaillée d’argent du 100 m haies à Paris. Mais aussi Alice Finot, championne d’Europe puis 4ème des JO sur 3000 m steeple, et médaillée européenne sur 3000 m en salle en 2021. Sans Kevin Mayer ou Makenson Gletty ou encore Auriana Lazraq-Khlass, qui auraient également été des prétendants sur les épreuves combinées. Parmi ces athlètes qui se sont invités parmi les finalistes, on pense à Sarah Madeleine, 5e du 3000 m, une distance qui n’a que rarement réussie aux Bleus.

De belles surprises

Malgré une équipe remaniée, la France a réussi à placer sept de ses athlètes sur le podium (Azeddine Habz ayant été argenté sur le 1500 m et en bronze sur le 3000 m). Avec quelques très belles surprises dans le lot. On pense forcément à la médaille d’argent de Clara Liberman sur le 800 m. Qui, pour sa première sélection, a couru ses trois courses sans aucun complexe, pour aller chercher cette très belle place sur le podium. Pour la 4ème fois consécutive, dans un championnat d’Europe, une femme est médaillée sur 800 m. Quatre femmes différentes (Rénelle Lamote, Agnès Raharolahy, Anaïs Bourgoin et Clara Liberman).

Si elle était candidate à un podium en début de championnat, le titre d’Agathe Guillemot sur 1500 m, reste une très belle satisfaction. Et même si tous les doutes sont permis quant à sa performance, personne n’aurait misé sur la médaille de bronze de Jimy Soudril sur 400 m. Même si celle-là a suscité plus de scepticisme que de satisfactions. D’autres athlètes ont validé leurs progrès par une médaille européenne. On pense forcément à Marie-Julie Bonnin, en bronze dans un concours de perche tendu jusqu’au bout. Just Kwaou-Mathey, un an après sa rupture du tendon d’Achille, est revenu au top niveau européen. Clara Liberman, Jimy Soudril et Marie-Julie Bonnin ont profité de ces championnats pour décrocher leur première médaille sur la scène internationale.

Il manque encore des « favoris »

Le petit point plus délicat, c’est le manque de titre. Cela coûte un meilleur bilan à cette équipe de France. C’est un constat fait depuis deux ans et les progrès d’ensemble de l’athlétisme français. Il manque ces scoreurs qui sont grands favoris. Comme l’était un Renaud Lavillenie à la perche, ou encore un Kevin Mayer sur les épreuves combinées. Aucun Français, sauf Laëticia Bapté, n’est arrivé à Apeldoorn avec la meilleure performance européenne de l’hiver. On évoque le cas de Wilhem Belocian et Just Kwaou-Mathey. Mais voir les deux dominés par le Polonais Jakub Szymański est tout sauf une surprise. Il avait couru en 7.39 plus tôt dans l’hiver, mieux que le record des deux Tricolores (7.42 et 7.43).





Pas de relais médaillés

Malgré des progrès et deux records de France, les relais 4×400 m hommes et femmes n’ont pas pu décrocher de médailles. Il y a deux ans, les hommes avaient pris le bronze, prélude d’une année qui les a emmenés vers la médaille d’argent mondiale à Budapest. Malgré des progrès évidents, certaines nations européennes ont repris le dessus. Comme chez les femmes, où un record de France explosé de trois secondes n’a pas suffi. Cinquièmes à Eugene en 2022, cinquièmes des JO en 2024, elles restent au pied du podium à Apeldoorn.

Ce manque de « scoreurs » s’explique par une jeune génération qui commence petit à petit à gagner en expérience et en maturité, mais à qui il reste une marge et une marche de progrès à franchir, pour s’inscrire durablement dans le top. Ce qu’à fait Cyréna Samba-Mayela au niveau mondial, ce que commence à faire Agathe Guillemot au niveau européen. C’est paradoxal, mais le jour où on sera déçu de la médaille d’argent d’un athlète français, c’est que l’athlétisme français aura franchi cet ultime cap. Pour l’heure, ce n’est pas le cas, mais on sent que cela se rapproche.

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