Athlétisme JO 2024 : Le relais 4×100 m féminin peut rêver grand à Paris
ATHLÉTISME – Focus sur le relais 4×100 m féminin en pleine progression en 2024 médaillé mondial et européen cette année. Un relais qui se place en outsider pour les JO de Paris 2024.
Coup de tonnerre aux France Élite
Lors des championnats de France Élite, la finale du 100 m féminin n’a pas été la plus vilaine des courses, loin de là. Remportée par Gémima Joseph, qui s’est offert son record personnel, avec un chrono de 11.01. Avec la jeune prodige, c’est toute la course qui a pris son envol. Chloé Galet a pris la 2e place en 11.14, un centième devant Orlann Olière. La première citée avait explosé son record en série, passant de 11.41 à 11.11. Maroussia Paré est 4e en 11.29. Le record des championnats (10.95) de Christine Arron a plus que tremblé à Angers. Et rarement, depuis le début des années 2000, le sprint féminin français a offert une telle densité.

Médailles d’argent mondiale et européenne en 2024
Même si Gémima Joseph fut la seule à voir les JO sur la distance reine, on a forcément un œil attentif sur la force du collectif, auquel il faut rajouter Hélène Parisot, vice-championne d’Europe et de France sur 200 m et titulaire dans un relais qui a également pris l’argent à Rome. Et qui ne cesse de monter en puissance depuis des semaines. À la surprise générale, à Nassau aux Bahamas, les femmes ont pris la médaille d’argent. Une médaille d’argent à relativiser, car le plus important pour les collectifs était de se hisser en finale, pour valider le billet à Rio. Ou bien passer par les repêchages le lendemain. Mais le chrono de 42.75, réalisé au mois de mai, était déjà assez intéressant.
Mais c’est à Rome que tout s’est accéléré. D’abord une série bouclée en 42.35, puis une médaille d’argent en 42.15. Jamais, depuis 2003 et le titre de championne du monde des femmes (Patricia Girard, Muriel Hurtis, Sylviane Félix et Christine Arron), un relais français n’était allé aussi vite. Mais, dans l’histoire récente des JO, ce n’est plus un chrono qui suffit à monter sur la boîte. Il faut remonter à 2008, pour qu’un 42.15 suffise à remporter une médaille. À l’époque, c’était même l’or. Les deux derniers mondiaux à Eugene et Budapest confirment la tendance. 42.03 aux États-Unis et 41.98 en Hongrie. Il faudra encore gratter quelques dixièmes et se rapprocher du record de France (41.78).

Mais, forcément, cette progression collective comme individuelle peut changer les ambitions de ce relais : « Je crois en nous et je crois en l’équipe. Je pense qu’on peut aller loin« , commente Chloé Galet. Un son de cloche repris par Gémima Joseph : « C’est sûr qu’il y a des ambitions qui se sont réveillées« , confirme la double championne de France du 100 m et du 200 m.
🤝 La force du collectif !
🔥 Quatrième chrono tricolore de l’histoire, et une bonne dose de confiance avant Paris : le relais 4×100 m était en feu ce soir !#Roma2024 pic.twitter.com/4YLNN9mFXa
— FFAthlétisme (@FFAthletisme) June 12, 2024
Un travail collectif qui semble porter ses fruits
Dans l’interview qu’elle nous avait consacrée, Hélène Parisot se voulait prudente : « Avec les filles, c’est quelque chose à quoi on pense forcément. Mais on sait qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Tout le monde veut une médaille aux JO, mais il y a de grosses clientes. Les Américaines, les Jamaïcaines, les Britanniques… ». Mais louait le travail fait avec le collectif : « Il y a énormément de travail derrière. À l’entraînement, on voit qu’on est de plus en plus rapides sur nos passages. Que les mouvements sont de mieux en mieux. Il fallait juste le transposer en compétition », à propos de la médaille à Rome.
Et c’est confirmé plus en détail par Chloé Galet : « Ce qui nous a permis de progresser, c’est le fait de se voir tout le temps. Tous les deux mois, on avait un stage, un regroupement, et on a appris à vivre avec l’équipe. On avait des coachs mentaux. Les entraîneurs étaient beaucoup plus à l’écoute de nous et c’est super ». Même son de cloche pour Gémima Joseph : « Chacune des filles s’est améliorée individuellement parlant. Techniquement, le relais s’est également amélioré ».
Un groupe qui s’est forgé dans le collectif
Et au-delà du travail, c’est l’ambiance qui semble être bonne dans le collectif. En zone mixte des championnats de France, Chloé Galet et Orlann Olière se sont chaleureusement félicitées. Preuve de quelque chose de positif, alors qu’un centième séparait les deux femmes sur la ligne d’arrivée. « L’ambiance de groupe est super, on s’est parlé. Il y a eu des hauts et des bas. Mais on sait qu’on peut compter les unes sur les autres. On peut prendre plaisir ensemble sur la piste », explique Chloé Galet. « On se fait confiance, on se connait », confirme Gémima Joseph. Franck Né et Fabien Lambolez qui chapeautent le relais, peuvent être heureux de cela.
« Je m’étais habituée à être en équipe. Ce qui est assez exceptionnel en athlétisme. De vivre des évènements en équipe, alors que c’est un sport purement individuel. Je n’ai pas abordé ces championnats différemment. L’objectif était de faire une performance, mais il y avait le relais et une médaille à aller chercher. Je suis restée dans le mood d’être en équipe », rajoute Hélène Parisot, qui n’avait pas oublié l’esprit collectif à Rome, malgré son incroyable performance individuelle. Il y a fort à parier que toutes se verraient bien monter sur un 3e podium en 2024. Le plus beau de leur carrière, si cela se produit.


