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Athlétisme JO 2024 : Les records du monde qui peuvent tomber

Victor Clot-Amiot

Publié le

Athlétisme JO 2024 Les records du monde qui peuvent tomber
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ATHLÉTISME JO 2024 – Dans une année marquée par des performances de choix dans l’athlétisme mondial, plusieurs records du monde semblent en danger à Paris.

Sept disciplines olympiques ont vu leur record du monde être amélioré depuis le début de l’année 2024, quinze en prenant les disciplines non-olympiques. C’est dire la densité de l’athlétisme mondial en ce début d’année. Pour cette raison, nombre de records du monde pourraient à leur tour tomber dans les prochains jours lors des JO de Paris 2024. Tour d’horizon…

Des records très clairement menacés et déjà battus en 2024

Comment évoquer les records du monde en danger sans mentionner celui du saut à la perche en premier ? Depuis ses 6.17 m en 2020, Armand Duplantis a amélioré à sept reprises sa marque, la dernière fois à Xiamen en avril dernier. La marque à battre, sa marque, s’élève désormais à 6.24 m. Elle semble toujours en danger, comme à chaque concours auquel le Suédois participe. Duplantis a d’ailleurs tenté 6.25 m à Paris, le 7 juillet dernier, et tout porte à croire qu’il les tentera à nouveau aux Jeux.

Chez les femmes, deux records semblent en grand danger. Celui du saut en hauteur, détenu depuis ce même 7 juillet par Yaroslava Mahuchikh (2.10 m). Il y a encore quelques semaines, personne n’aurait osé mettre un kopek sur le fait que ce record, qui était jusqu’alors l’un des plus vieux à tenir, puisse tomber. Entre temps, l’Ukrainienne est venue mettre une claque à son record personnel (2.06 m) qui datait de 2021 en franchissant d’abord 2.07 m avant de devenir la première femme de l’histoire à franchir 2.10 m, à son premier essai qui plus est. Il faudra avoir les yeux rivés sur le Stade de France le 4 août au soir.

Le record du monde du 400m haies, propriété de Sydney McLaughlin-Levrone pourrait à nouveau tomber lui aussi. Et pour cause, l’Américaine a amélioré sa marque aux Trials américains le 30 juin dernier (50.65 secondes). La performance est d’autant plus impressionnante quand on sait qu’il s’agissait seulement de sa deuxième compétition (sur 400m haies) depuis août 2022. Entre temps, la sprinteuse du New Jersey a décidé de consacrer sa saison 2023 au 400m plat où en trois compétitions, elle s’est approchée à une seconde du record du monde de Marita Koch (47.60s). Aux Jeux, elle ne disputera que le 400m haies, mais le duel qui l’opposera à Femke Bol pourrait la pousser dans ses retranchements afin d’améliorer sa meilleure marque mondiale.

Ces autres records battus en 2024

D’autres records du monde ont été améliorés en 2024. C’est le cas des records du monde du 1500m et du 10 000m féminins qui sont désormais la propriété des Kényanes Faith Kipyegon (3:49.04) et Beatrice Chebet (28:54.14). Il n’est pas exclu qu’ils puissent à nouveau tomber lors des Jeux Olympiques, mais tout dépendra du scénario de course. Il faudrait que les courses se déroulent à la manière des courses de meeting et qu’elles ne soient pas tactiques. De plus, il n’y aura ni lièvres, ni diodes lumineuses pour guider les athlètes.



Le record du monde du lancer du disque datait quant à lui de 1986. Jürgen Schult lançait alors son disque à 74.08 m. Cela en dit long sur la performance de Mykolas Alekna lorsque son disque retomba à 74.35 m à Ramona, sur une toute petite compétition en avril dernier. Depuis, le Lituanien a lancé au-delà de la ligne des 70m lors de trois concours mais jamais au-delà des 71 m. Aux Championnats d’Europe de Rome, il concédait sa seule « défaite » de la saison, troisième de la finale. S’il ne faut pas l’exclure, il semble en revanche difficile de réaliser la performance qui lui a permis de devenir le meilleur lanceur de disque de l’histoire.



Ces records qui ont failli tomber en ce début d’année

Plusieurs records ont été approchés en ce début d’année et pourraient tomber aux Jeux Olympiques, si les conditions météorologiques et l’émulation le permettent. On pense ainsi au triple sautPedro Pichardo et Jordan Díaz Fortún ont respectivement réalisé 18.04 m et 18.18 m en finale des Championnats d’Europe à Rome. L’Espagnol devenait ainsi le troisième performeur mondial de tous les temps, à onze petits centimètres du record du monde de Jonathan Edwards (18.29 m). Avec Jaydon Hibbert (17.75 m cette saison) et Hugues-Fabrice Zango (record à 18.07 m), la finale du triple saut pourrait être l’un des grands moments de l’athlétisme dans ces JO 2024.

Avec trois hommes sous la barre des 13 secondes aux Trials américains, le 110m haies des Jeux Olympiques a tout pour devenir la course la plus rapide de l’histoire. Grant Holloway a ainsi réalisé un temps canon de 12.86, à 5 centièmes de son record et à 6 du record du monde d’Aries Merritt (12.80). Celui à qui on prédit ce record du monde depuis plusieurs années pourrait bien profiter d’une course d’une densité qui s’annonce énorme pour enfin devenir le premier homme sous les 12.80.

Alors peut-être…

Depuis début juillet, le 800 m mondial est entré dans une autre dimension. Au meeting de Paris, trois coureurs ont réalisé un temps inférieur à 1:42 ! Parmi eux, Djamel Sedjati a confirmé à Monaco, six jours après, en battant à nouveau son record (1:41.46). Emmanuel Wanyonyi deuxième à Paris, était lui absent. David Rudisha, recordman du monde grâce à son temps de 1:40.91 réalisé aux JO de Londres en 2012, peut commencer à trembler. D’autres hommes comme Gabriel Tual (1:41.61) ou Mohamed Attaoui (1:42.04) pourraient pousser l’Algérien et le Kényan vers un temps stratosphérique.

La problématique d’une course tactique se pose là encore. Ce sera aussi le cas sur le 1500 m masculin alors que Jakob Ingebrigtsen (3:26.73) s’est approché à moins d’une seconde du record du monde d’Hicham El Guerrouj (3:26.00) au meeting de Monaco. Sur ce même meeting, Karsten Warholm, Rai Benjamin et Alison dos Santos ont offert un aperçu de ce que pourrait donner la finale du 400 m haies aux JO de Paris, les trois hommes ayant réalisé 46.70 ou moins en 2024. Le record du monde est la propriété du Norvégien (45.94).

Un record serait un exploit retentissant

Sur les disciplines du sprint, Noah Lyles et Shericka Jackson ont pour point commun d’avoir approché le record du monde du 200 m lors des deux dernières années. Le premier, avec 19.31 n’est qu’à 12 centièmes du record du monde d’Usain Bolt et en a fait un objectif clairement affiché, comme il l’évoque lui-même dans la série Sprint de Netflix. Il pourrait être poussé par Letsile Tebogo, insolent de facilité lors de ses 19.87 de Monaco, âgé 20 ans seulement (record en 19.50). La seconde est encore plus proche ! Avec un temps de 21.41 à Budapest, elle n’est qu’à sept centièmes du record du monde de Florence Griffith-Joyner. Néanmoins, elle semble un peu plus en retrait cette saison, n’ayant pas fait mieux que 22.29 aux championnats de Jamaïque.

Sur le 100 m haies, la piste rapide du Stade de France et la densité folle de ces dernières années pourraient aussi aider à affoler le chrono. Avec 11 femmes à 12.40 ou moins en 2024, la place en finale vaudra très cher ! Tobi Amusan, recordwoman du monde depuis 2022 (12.12) aura fort à faire pour d’une part y accéder et d’autre part défendre son record.

Par ailleurs, le record du monde du lancer du poids semble, ces dernières années, en danger à chaque grand championnat. Son détenteur, Ryan Crouser, s’en est approché à cinq centimètres avec un jet à 23.51 m aux Mondiaux de Budapest l’an dernier. S’il semble un tout petit peu derrière cette année, Joe Kovacs pourrait saisir l’opportunité, lui qui a lancé à 23.13 m cette année. Attention également à Leonardo Fabbri, homme de championnat et très régulier autour des 22.90 m. Un exploit d’Ethan Katzberg sur le lancer du marteau n’est pas non plus à exclure tant le Canadien est entré dans une autre dimension depuis Budapest.

Les cas particuliers

On surveillera également le record du monde du 4×400 m mixte dans la mesure où il s’agit d’une discipline relativement récente. Enfin, il faudra scruter le temps du relais mixte en marche qui sera nécessairement un record du monde puisque l’épreuve sera inédite. Il y aura ainsi a minima et de manière certaine un record du monde en athlétisme lors de ces JO 2024 !

 

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