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Athlétisme : La CEDH donne raison à Caster Semenya

Etienne Goursaud

Publié le

Athlétisme - La CEDH donne raison à Caster Semenya
Photo Icon Sport

ATHLÉTISME – La Cour Européenne des Droits de l’Homme a estimé que les droits de Caster Semenya ont été violés par la Suisse. L’athlète sud-africaine, championne du monde du 800 m, devait prendre un traitement pour faire baisser sa testostérone, pour pouvoir participer aux grandes compétitions internationales. Car elle est hyperandrogène.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme inflige un gros camouflet à World Athletics, dans l’affaire Caster Semenya. Pour rappel, la Sud-Africaine, double championne olympique et triple championne du monde du 800 m, est une femme hyperandrogène. Elle produit donc plus de testostérone. La fédération internationale d’athlétisme, présidée par Sebastian Coe, voulait qu’elle prenne un traitement pour qu’elle fasse baisser son taux de testostérone. Sous peine de ne pas participer aux plus grandes compétitions internationales, dont les championnats du monde et les Jeux Olympiques dans les distances dites de sprint long et de demi-fond.

Caster Semenya relancée sur ses distances fétiches ?

Une décision qui date d’avril 2018 et à laquelle la Sud-Africaine refuse de se soumettre, mettant en avant des questions de dignité humaine. De ce fait, elle n’a plus participé à un grand championnat sur sa discipline fétiche, depuis les Mondiaux de Londres en 2017. Où elle avait décroché l’or sur 800 m et le bronze sur 1 500 m. On l’a vu sur 5 000 m à Eugene, lors des derniers championnats du monde. Éliminée en séries. Cette décision pourrait bien la remettre en selle, elle qui participe aussi régulièrement à des courses sur route. Notamment à des 10 kilomètres. Âgée de 32 ans, elle pourrait peut-être concourir pour les JO de Paris, après avoir manqué Tokyo. Pour aller chercher un troisième titre olympique. Rien n’est fait, car cette décision n’invalide pas la décision de WA.

La Cour Européenne des Droits de l’Homme a estimé : « La Suisse a outrepassé la marge d’appréciation réduite dont elle jouissait dans le cas d’espèce qui portait sur une discrimination fondée sur le sexe et les caractéristiques sexuelles, laquelle ne peut être justifiée que par des considérations très forte ». La CEDH estime ainsi que la Suisse a violé l’article 14 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, relative à l’interdiction de la discrimination, combiné avec l’article 8, qui protège le droit au respect de la vie privée. En outre, il y a également eu violation de l’article 13 de la convention, relatif au droit à un recours effectif. La bataille risque bien de durer encore quelque temps, alors que l’on est à un an des JO de Paris 2024.

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