Athlétisme : Le décathlon féminin, une discipline en plein essor
ATHLÉTISME – À l’approche des Championnats de France de décathlon féminin (26-27 juillet), notre rédaction vous propose un focus sur le développement de cette discipline chez les dames.
Bientôt du décathlon féminin en grand championnat ?
Ce week-end à Thonon-Les-Bains, auront lieu les Championnats de France de décathlon féminin. Une discipline depuis longtemps réservée aux hommes, mais qui, depuis quelques années, sous l’impulsion de plusieurs athlètes, est en train de se développer chez les dames. En effet, en championnat, les femmes effectuent un heptathlon (et pentathlon l’hiver). Un sport qui réunit ces sept disciplines : le 100m haies, le saut en longueur, le saut en hauteur, le 200m, le lancer de poids, de javelot, et le 800m.
Dans l’histoire, si les athlètes féminines ne sont pas autorisées à participer au décathlon, c’est avant tout pour des raisons sexistes. Les instances de l’athlétisme ont tenté de remédier à ça, au début des années 2000, en reconnaissant en 2001 le décathlon féminin au niveau international. Plusieurs décathlons seront alors concourus, la Lituanienne Austra Skujyte y réalisera même le record du monde à Columbia, aux États-Unis (8 358 points), une marque toujours d’actualité. Mais cette discipline ne figurera finalement jamais au programme d’un grand championnat, tels que les Mondiaux ou les Jeux Olympiques.
Mais de nouveau, depuis quelques années, les choses bougent, sous l’impulsion d’athlètes motivées et envieuses d’égalité. Une pensée toute naturelle, car il ne fait aucun doute que les femmes ont les capacités pour faire 10 épreuves sur 2 jours, comme les hommes le font. En 2021, l’Américaine Jordan Gray concluait son décathlon à 8 246 points, soit le 2ème total le plus élevé. Elle en profitait ensuite pour lancer un mouvement avec pour slogan « Let women decathlon ».
En France, une des pionnières du mouvement se nomme Adeline Audigier, athlète licenciée à la SCO Ste-Marguerite Athlétisme et spécialiste des épreuves combinées. C’est en grande partie sous son impulsion, qu’en 2023, a eu lieu en France un décathlon féminin lors de l’Open de France. Cet évènement fut un succès puisque sur 12 places disponibles, l’organisation a reçu 25 demandes de participation. Pour couronner le tout, cet engouement a permis de délivrer le premier titre national de décathlon féminin l’année passée, une première dans le monde. À Talence, c’est Noémie Desailly qui s’était offert la couronne nationale avec, 7 705 points, soit le record de France U23 et la 2ème meilleure performance française de tous les temps derrière les 8 150 points de Marie Collonvillé.
Noémie Desailly devient la première championne de France du decathon avec 7705 points
Superbe 2e place de la perchiste Emma Brentel proche des 7000 points !
Bravo aux pionnières pic.twitter.com/zXxaD5UloE
— Etienne Goursaud 🇫🇷 (@EtienneGoursaud) July 14, 2024
Pour continuer sur cette voie, une championne de France sera à nouveau sacrée cette année, du côté de Thonon-les-Bains, les 26 et 27 juillet. Preuve que les choses ont avancé, l’année dernière ont eu lieu les premiers Mondiaux de décathlon féminin, à Geneva (USA). La Française Roséva Bidois y avait décroché une magnifique médaille d’argent en portant son record à 6 962 points.
Certaines athlètes contre ce développement ?
Mais toutes les combinardes sont-elles favorables à cette évolution ? Il se trouve que non. Certaines athlètes y sont plutôt réticentes. En effet, certaines disciplines du décathlon sont différentes de l’heptathlon, comme le saut à la perche, une discipline bien particulière. Cette épreuve est une nouveauté complète pour les spécialistes de l’heptathlon et peut faire peur. D’autant que les athlètes craignent de sacrifier tant d’années d’effort pour changer de discipline.
Mais pas d’inquiétude, il est évident que la transition, si elle se fait, sera progressive. Davantage de décathlons féminins seraient organisés, quand les heptathlons diminueraient, jusqu’au but final de voir apparaître la discipline dans les grands championnats, comme pour les messieurs.
Les pionnières du mouvement militent pour l’ajout de la discipline au programme des Jeux Olympiques, d’ici à 2032. Et, étant donné que la parité prend de plus en plus de place dans l’athlétisme, il n’est pas impossible que cela aboutisse.
Les favorites pour le titre de championne de France
En tout cas, à Thonon-les-Bains ce week-end, les décathlètes seront bien présentes pour tout donner et tenter de décrocher le titre de championne de France, le deuxième de l’histoire. Du côté des forces en présence, il faudra certainement s’attendre à un duel entre la championne en titre, Noémie Desailly (Athlé 78) et la vice-championne du monde en titre, Roséva Bidois (ASUL Bron).
Les 14 et 15 juin, les deux décathlètes se sont affrontés lors du Décamontreuil, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a eu du suspense jusqu’au bout. Desailly avait fini par s’imposer d’une courte tête devant Bidois (7 045 points contre 6 967), alors qu’elle était menée avant l’ultime épreuve, le 1 500 m.
Pour le podium, la lutte sera toute aussi divertissante, puisqu’au bilan de cette saison, 4 quatre athlètes se tiennent en moins de 300 points, derrière les deux grandes favorites.


