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Athlétisme : L’histoire contrariée de la France avec les Jeux Olympiques

Etienne Goursaud

Publié le

Athlétisme L'histoire contrariée de la France avec les Jeux Olympiques
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ATHLÉTISME – Lors des JO, l’athlétisme français a connu des hauts et des bas. Entre grandeur à Londres 1948 et Rio 2016 et échecs à Sydney 2000. Retour sur un amour contrasté entre l’olympisme et l’athlétisme tricolore.

La France et les JO en athlétisme, c’est loin d’être une grande histoire d’amour, bien au contraire. Ce sont plutôt des hauts, des bas, des surprises quand on ne les attend pas et des déceptions quand on les attend. Historiquement, l’athlétisme tricolore a rapporté 71 médailles (14 or, 27 argent et 30 bronze), avec 56 médailles pour les hommes pour seulement 15 chez les femmes. Un chiffre à relativiser grandement pour ces dernières, longtemps exclus de toutes puis la plupart des disciplines.

Avant la Seconde Guerre Mondiale, le record sur une édition reste pour les JO 1900 à Paris (sept médailles) dont l’or de Michel Théato au marathon. Et le record absolu reste Londres en 1948, avec huit médailles, dont les deux titres de Micheline Ostermeyer au poids et au disque (elle sera en bronze à la hauteur). La délégation tricolore ramène en moyenne 2.43 médailles par olympiade. Cela reste relativement peu pour le sport olympique numéro 1.

Marie-José Pérec, l’athlète qui s’est sublimée aux JO

On a évoqué Micheline Ostermeyer, mais c’est une autre femme qui revient dans tous les esprits, quand on évoque les Jeux Olympiques en athlétisme : Marie-José Pérec. Où l’art de se sublimer comme jamais lors d’une olympiade. Sacrée championne olympique du 400 m à Barcelone en 1992, la Française passe pour la première fois de sa carrière sous les 49 secondes (48.83). En héritière de Colette Besson, sacrée 24 ans avant elle à Mexico. Et sauve la France, seule médaillée cette année-là.

Marie-José Pérec aux JO de Barcelone en 1992

Marie-José Pérec aux JO de Barcelone en 1992 – Photo Icon Sport

Mais le meilleur sera en 1996 à Atlanta. Où, elle réalise le même exploit que Michael Johnson qui avait annoncé vouloir tenter un doublé inédit 400 m – 200 m aux JO. Ce doublé inédit sera réalisé d’abord par l’Américain, puis la Française, qui devient la première femme à conserver son titre sur le tour de piste, abaissant son record de France à 48.25 (aucune autre française n’est passée sous les 50 secondes). Avant de remporter le titre au 200 m en 22.12. Seule française et français, encore aujourd’hui, à détenir trois titres olympiques. Jean Galfione apportera une autre médaille d’or à la France, au saut à la perche. À ce jour, la seule olympiade avec trois titres pour les Bleus en athlétisme.

Londres 1948, Rio 2016, des surprises peu attendues

N’est-ce pas Français que de surgir du bois et frapper là où on ne t’attend pas. Deux deux moissons historiques, post Seconde Guerre mondiale, que sont les JO de Londres 1948 (8 médailles) et les JO de Rio en 2016 (6 médailles). Deux olympiades auxquelles on n’attendait pas les Français à pareille fête. En 1948, la France sort ruinée et détruite de la guerre et entame à peine sa reconstruction. À Londres, en Grande-Bretagne également meurtrie par la guerre, elle va retrouver de la joie avec huit médailles. Outre les trois médailles de Micheline Ostermeyer, ce qu’aucun autre Français n’a réalisé lors d’une même olympiade, on peut aussi noter la médaille d’argent d’Alain Mimoun, sur le 10000 m, huit ans avant son sacre sur marathon à Melbourne. Et l’argent d’Ignace Heinrich, sur décathlon, la première avant un certain Kevin Mayer en 2016.





2016 justement, la dernière belle surprise de l’athlétisme français. Six médailles à Rio. On a évoqué Kevin Mayer, qui s’est révélé sur la scène internationale au Brésil, avec l’argent au décathlon. Mais aussi la résurrection de Christophe Lemaitre, venu cueillir une médaille de bronze aussi magnifique qu’inattendue au 200 m. La porte-drapeau pour 2024, Mélina Robert-Michon, avait décroché l’argent au disque.

Kevin Mayer aux JO de Rio en 2016

Kevin Mayer aux JO de Rio en 2016 – Photo Icon Sport

Mahiedine Mekhissi-Benabbad est devenu le premier et seul français à obtenir une médaille sur trois olympiades différentes, en athlétisme, avec le bronze au 3000 m steeple. Même métal pour Dimitri Bascou, au 110 m haies. La seule médaille un peu amère est l’argent de Renaud Lavillenie à la perche, déchu de son titre à Londres par l’OVNI Thiago Braz. Une olympiade à six médailles, un an après les mondiaux de Pékin, où les Bleus n’avaient ramené que deux médailles de bronze. En un an, les choses peuvent changer. Ce qui peut inspirer les Bleus de 2024.

L’échec Athènes 2004, quelques olympiades ratées

En termes de mauvaises surprises, il est clair qu’Athènes 2004 occupe une bonne place. Les Bleus sortaient de mondiaux historiques, avec huit médailles, dont trois titres et une 3e place derrière les États-Unis et la Russie. Et les ambitions sont grandes pour tout le monde dans la cité grecque. Et pourtant, toutes les individualités vont passer à côté. Mehdi Baala, Christine Arron, Muriel Hurtis, Eunice Barber, Manuela Montebrun, Marc Raquil. Mais aussi le relais 4×400 m hommes. Tous passeront à côté de la médaille alors qu’ils étaient candidats. Au final, la France repart avec deux médailles, Naman Keïta créera la surprise sur 400 m haies, avec du bronze, avant d’être contrôlé positif trois ans plus tard. Et le relais 4×100 m féminin, championne du monde en titre, arrache le bronze.

D’autres olympiades ont été marquées par des échecs. La dernière en date à Tokyo, avec la seule médaille de Kevin Mayer au décathlon, mais surtout Sydney en 2000, avec le zéro pointé. Et l’imbroglio autour de Marie-José Perec, qui a abandonné avant même le début de sa compétition. Et l’échec, déjà, de Christine Arron. Séoul 1988, Moscou 1980 et Montréal 1976 ont également été des olympiades compliquées, avec une seule médaille. Même si elle était en or pour Guy Drut, du côté du Canada. Comme Alain Mimoun en 1956 à Brisbane. En bref, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, 19 olympiades ont été disputées. Sur 13 d’entre elles, les Bleus ont ramené deux médailles ou moins. Peut-être un premier cap pour l’équipe de France en 2024 ?

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