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ATP : Mais qui est Jannik Sinner ?

Tom Compayrot

Publié le

Getty Images

Dans l’histoire du tennis, il y a eu peu d’ascensions fulgurantes de ce type. Il y a tout juste un an, Jannik Sinner venait de disputer son premier match en Challenger. Il y a 3 semaines, il faisait parler de lui en battant Gaël Monfils et en disputant face à Stan Wawrinka sa première demi-finale d’ATP 250 à Anvers. Et samedi, il a remporté les ATP Next Gen Finals, regroupant les meilleurs jeunes joueurs de la planète, à tout juste 18 ans. Mais alors qui est cet OVNI italien, sorti de nulle part, et qui pourrait bien devenir un futur grand de ce sport ?

Biographie

Jannik Sinner a commencé le tennis à 4 ans, son père fan du sport lui ayant mis une raquette dans les mains très tôt. Fils de parents montagnards, il a grandi dans les massifs italiens, et c’est ainsi tout naturellement qu’il s’est dirigé vers le ski à 8 ans. Et, preuve que ce garçon est un compétiteur dans l’âme, il faisait parti des tout meilleurs slalomeurs de son âge en Italie. Il a bien failli se lancer dans une carrière de skieur professionnel, avant de se raviser à 13 ans et de choisir un sport qui lui procurait plus de plaisir : le tennis.

Comme la plupart des joueurs ATP aujourd’hui, il a dû quitter son foyer au début de l’adolescence pour suivre un programme de professionnalisation. Il rejoint le Piatti Tennis Center, dirigé comme son nom l’indique par Ricardo Piatti (ex-coach de Richard Gasquet et Milos Raonic). Il joue là-bas en grande majorité sur surface dure, et en fait très vite sa surface favorite.

La surface correspond parfaitement à son style de jeu et sa puissance de frappe. Sous la houlette de Ricardo Piatti, il progresse de jour en jour et se lance sur le circuit junior en 2016. Mais, contrairement à beaucoup, il n’a jamais vraiment performé chez les jeunes. Son meilleur classement étant la 133e place, il n’a jamais pu participer aux Grand Chelems juniors. De toute façon, il a expliqué que ce n’était clairement pas son objectif :

J’ai décidé de me concentrer sur le circuit pro à 16 ans, parce que j’étais toujours à la recherche de joueurs meilleurs que moi. Mon équipe a vu que j’avais le niveau pour jouer contre les adultes, donc ils m’ont laissé faire ce choix.

Et ce choix qui montre la confiance du jeune homme s’est avéré payant. En 2018, après seulement dix mois sur le circuit pro, il avait déjà disputé sa première finale de Future et avait remporté son premier match en Challenger. Pour la saison 2019, Sinner a pu profiter du nouveau système sur le circuit Challenger pour se faire sa place. En février, il dispute son deuxième tournoi Challenger à Bergame, qu’il remporte. Au mois d’août, il se qualifie pour son premier Grand Chelem à l’US Open, où il parvient à prendre un set à Stan Wawrinka.

En octobre, contre le même adversaire, il dispute sa première demi-finale d’ATP 250 à Anvers, avant de finir la saison en beauté avec cette victoire sur les Next Gen ATP Finals. Le jeune italien a gravi tous les échelons du circuit professionnel avec une rapidité et une facilité déconcertantes. Pointant à la 551e place ATP fin 2018, il termine la saison 2019 dans le Top 100. Du quasi jamais vu.

Style de jeu

Si deux mots pouvaient définir le style de jeu de Jannik Sinner, ce serait : calme et régularité. L’italien est comme un lance-balle automatique. Il dicte très souvent le jeu avec des frappes rapides, puissantes et très proches des lignes. La profondeur qu’il trouve sur chaque balle laisse très peu de temps à ses adversaires et c’est très souvent comme ça qu’il prend l’avantage sur un point.

Le plus fort est qu’il n’a même pas l’air de forcer, les balles décollent facilement de sa raquette avec vitesse et puissance. De plus, la manière dont il joue lui fait dépenser relativement peu d’énergie. Ainsi, les matchs marathons de Grand Chelem ne devraient pas lui poser de problèmes dans le futur.

Le retour de service et le revers s’imposent comme les meilleurs coups de Jannik Sinner. Ces derniers mettent réellement à mal ses adversaires. Avec sa longueur de coups, l’italien n’a souvent même pas besoin de monter à la volée pour finir le point. Son jeu de fond de court est redoutable, notamment sur surface dure. Pour décrire Sinner, le français Antoine Cornut-Chauvinc avait dit qu’il avait tout simplement « l’impression de jouer contre Djokovic » lorsqu’il l’avait affronté en mars. Une comparaison qui en dit long.

Pour avoir un aperçu plus précis du style de jeu de l’italien, voici le résumé de sa récente finale aux Next Gen ATP Finals, face à Alex de Minaur :

Au niveau du caractère, très peu de choses déstabilisent Jannik Sinner. À seulement 18 ans, il est impressionnant de calme et de sérénité sur le court. La pression du public ne lui pose aucun problème. Son compatriote Andreas Seppi le décrit :

Il a toujours été très calme sur le court, et je pense que c’est une bonne mentalité. Il ne montre pas beaucoup d’émotion, et il me ressemble sur ce point-là. C’est une vraie qualité. Mais ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas agressif et dominant dans son style de jeu, au contraire !

Il est clair qu’à tout juste 18 ans, Jannik Sinner est un jeune joueur plein de promesses. L’idéal pour lui serait de suivre la voie tracée par son compatriote Matteo Berrettini (actuel 8e mondial), afin de redonner joie à un pays qui attend son grand champion depuis des années. La dernière fois qu’un italien a remporté un Grand Chelem ? 1976. Les parents de Jannik Sinner étaient alors encore adolescents.

Tom Compayrot


Journaliste/rédacteur depuis mars 2017 - Amoureux de la petite balle jaune et du gros ballon orange qui traîne sa carcasse sur Dicodusport depuis 2017. Rafael Nadal et LeBron James sont les meilleurs joueurs de l'histoire.

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