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Rugby à XV

Autumn Nations Cup : Quels enjeux pour les nations engagées ?

Alexandre Jeffroy

Publié le

Autumn Nations Cup - Quels enjeux pour les nations engagées
Photo Autumn Nations Cup

AUTUMN NATIONS CUP – Vendredi soir, l’Irlande reçoit le Pays de Galles pour jouer le match d’ouverture d’une compétition inédite, l’Autumn Nations Cup. Huit équipes, dont la France, sont engagées dans ce tournoi. Présentation de la compétition et des enjeux.

Une nouvelle compétition internationale

Il y a tout juste deux mois, le comité d’organisation du 6 Nations dévoilait une nouvelle compétition internationale. L’Autumn Nations Cup est une alternative aux traditionnelles tournées d’automne, qui n’auront pas lieu cette année à cause de la crise sanitaire. Des sélections comme la Nouvelle-Zélande, l’Afrique du Sud ou l’Argentine, ne se rendront donc pas en Europe.

À la base, l’Autumn Nations Cup devait permettre de renflouer les caisses des fédérations. Malheureusement, les rencontres se joueront sans public dans les stades, ce qui limite cette perspective. Elle va donc surtout donner aux sélections, les moyens de se mesurer les unes aux autres.

Huit équipes sont réparties dans deux poules. Chaque équipe se confronte une seule fois aux autres nations de la poule. Les résultats donnent lieu à un classement qui détermine les matchs qui ponctueront cette épreuve. Lors du match de classement, le premier de la poule A affrontera le premier de la poule B, le second de la poule A contre le second de la poule B, et ainsi de suite.

Dans la poule A, les nations engagées sont l’Angleterre, le Pays de Galles, l’Irlande et la Géorgie. Dans la poule B, on retrouve la France, l’Ecosse, l’Italie et les Fidji. Le premier match aura lieu le 13 novembre et les rencontres de classement se joueront le week-end des 5 et 6 décembre.


Les équipes qui doivent confirmer

Le Tournoi des 6 Nations, achevé il y a dix jours, a vu l’Angleterre s’imposer. C’est tout naturellement l’équipe favorite de la compétition. Les vice-champions du monde avaient pourtant mal débuté leur affaire. En effet, une défaite inaugurale face à la France, puis une victoire peu convaincante face à l’Ecosse ne présageaient rien de bon pour les Anglais.





Heureusement, des victoires plus probantes face au Pays de Galles et à l’Irlande, à Twickenham, leur avaient redonné l’espoir de gagner le tournoi. Chose faite après huit mois sans jouer, le XV de la Rose s’est imposé face à l’Italie, sans pour autant convaincre dans la manière. L’Angleterre aborde donc la compétition avec des certitudes, mais aussi des doutes dans son jeu et dans l’effectif, partiellement renouvelé depuis la dernière Coupe du monde.

L’Ecosse, qui bénéficie d’une poule abordable, avec la France, les Fidji et l’Italie, sort d’un Tournoi plutôt réussi. Elle a terminé 4ème, à égalité de points avec l’Irlande. Ses deux derniers matchs du tournoi ont particulièrement impressionné. Déjà, en mars dernier, une victoire avec la manière face à la France, qui jouait alors pour le Grand Chelem, avait donné le sourire aux joueurs de Greg Townsend. Mais c’est surtout la récente victoire face au Pays de Galles qui a confirmé la forme écossaise. En effet, le Chardon n’avait pas gagné à Cardiff depuis 2002. Une grande performance donc. Malheureusement, le XV du Chardon devra se passer de ses deux meilleurs ouvreurs, Finn Russell et Adam Hastings, pour cause de blessures.


Les équipes qui doivent se rassurer

Les deux grosses déceptions du dernier Tournoi des 6 Nations furent certainement le Pays de Galles et l’Irlande. Le XV du Poireau est dans une situation très préoccupante, puisqu’il reste sur cinq défaites consécutives. Le nouvel entraineur néo-zélandais, Wayne Pivac, n’a toujours pas trouver la bonne méthode pour faire fonctionner la machine galloise. Les Gallois avaient pourtant obtenu un Grand Chelem et une 4ème place de Coupe du monde en 2019. Le staff s’est d’ailleurs récemment séparé de l’entraineur de la défense, Byron Hayward. Il n’aura pas su faire oublier Shaun Edwards, maintenant incontournable dans le staff français. Le Pays de Galles doit avant tout stopper l’hémorragie. Les regards seront donc braqués sur l’Aviva Stadium de Dublin, vendredi soir, où ils affronteront l’Irlande.

L’Irlande, quant à elle, reste sur une défaite assez nette face au XV de France. Les coéquipiers de Jonathan Sexton ont été dominés dans la majorité des compartiments du jeu, alors qu’ils pouvaient encore prétendre au gain du tournoi. Leur année 2020 semble dans la lignée de l’année précédente, avec cette décevante élimination en quarts de finale de Coupe du monde. Tout cela contraste avec leur magnifique année 2018, au cours de laquelle ils avaient remporté le Grand Chelem.

Entre 2019 et 2020, les Irlandais ont pourtant modifié leur staff. Joe Schmidt a laissé sa place à Andy Farrell, en tant que sélectionneur. Ce dernier était déjà présent dans le staff depuis plusieurs saisons. Andy Farrell va être confronté à la problématique du changement de cycle. Les grands joueurs de la dernière décennie ne seront plus là pour très longtemps, à l’image de l’ouvreur Jonathan Sexton, 35 ans, ou encore du pilier Cian Healy, 33 ans. Là aussi, la rencontre face aux Gallois sera déterminante.


Italie et Géorgie, un duel en perspective?

Depuis plusieurs années, de nombreux débats agitent la question de la place de l’Italie dans le VI Nations. Pour les Italiens, les tournois se ressemblent tous les ans, depuis 2015 et leur dernière victoire face à l’Ecosse. Malgré le nouveau sélectionneur, Franco Smith, l’Italie n’y arrive toujours pas. À chaque fin de tournoi, les mêmes questions : l’Italie a-t-elle sa place dans le Tournoi ? Doit-on revenir au V Nations ou intégrer la Géorgie à sa place ?

De son côté, la Géorgie a eu une préparation compliquée. Les Lelos n’ont joué qu’un seul match. Une grosse défaite face au Pays de Galles, il y a trois semaines, sur le score de 48 à 7. Les Géorgiens sont actuellement dans une situation intermédiaire. Ils ont dominé les deux derniers championnats européens, le Tournoi des 6 Nations de division inférieure. Cependant, ils n’ont pas donné de garantie pour prouver qu’ils étaient capables de faire mieux que les Italiens face aux grosses nations européennes. Malgré tout, la perspective d’affronter trois de ces grandes nations semble plutôt profitable. Si la Géorgie veut progresser, elle doit se mesurer aux plus forts.

Voir l’Italie ou la Géorgie terminer à une autre place que la 4ème dans leur poule serait une surprise. Ainsi, il est fort probable que les deux équipes se rencontrent pour jouer leur match de classement. La dernière confrontation, qui avait eu lieu en 2018, avait débouché sur une victoire italienne 28 à 17, en Italie. L’Autumn Nations Cup devrait nous donner la tendance entre les deux sélections.


Les grandes interrogations

Concernant le XV de France, le Tournoi des 6 Nations a été une réussite avec cette belle deuxième place. Un renouveau dans les résultats et la manière, que le rugby français attendait depuis plus d’une décennie. La sélection a bénéficié d’une bonne stabilité dans ses compositions. Seulement, cette stabilité devra être mise entre parenthèses lors de la nouvelle compétition. En effet, comme convenu dans l’accord entre la Fédération Française de Rugby et la Ligue Nationale de Rugby, chaque joueur ne peut effectuer que trois feuilles de match, sur l’ensemble des six tests d’automne.

Les joueurs qui ont disputé les deux dernières rencontres, face aux Pays de Galles, puis face à l’Irlande, ne vont jouer que contre les Fidji, premier match des Bleus ce dimanche (16h15). Le staff procédera ensuite à un grand turnover pour jouer les trois derniers matchs. Ainsi, ce sera l’occasion pour le staff d’évaluer la profondeur du vivier tricolore. Plusieurs joueurs auront aussi leur carte à jouer. Même avec ce turnover, la France peut prétendre à un beau tournoi.



En guise de premier match, la France se frottera à une équipe singulière dans ce tournoi. La sélection fidjienne est, en effet, la seule nation non-européenne engagée. L’équipe, entrainée par Vern Cotter, est constellée de joueurs extrêmement talentueux, à l’instar de Leone Nakarawa, Josua Tuisova ou encore Semi Radradra. La Coupe du monde 2019 n’avait pas été une franche réussite pour les Flying Fijians. Capable de pousser l’Australie ou le Pays de Galles dans leurs retranchements, mais aussi de perdre face à l’Uruguay, les Fidjiens montrent beaucoup trop d’irrégularités. En 2018, ils avaient défait le XV de France à Paris, réalisant un de leurs plus grands exploits. Les Fidjiens devraient certainement donner du fil à retordre aux deux favoris de la poule B, que sont la France et l’Ecosse, et pourquoi pas créer la surprise?

Alexandre Jeffroy

 

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