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Benoît Labis : « La règle des 24 secondes a bouleversé la NBA »

Killian Tanguy

Publié le

Benoît Labis « La règle des 24 secondes a bouleversé la NBA »
Photo via Benoît Labis

NBA 2025/2026 – La NBA passe dans une nouvelle décennie, l’occasion de revenir sur quelques saisons de la Ligue fondée au milieu des années 40.

La NBA est octogénaire. Cette année, la ligue créée en 1946 va fêter ses 80 ans d’existence, autant de saisons riches en histoires et évolutions. Benoît Labis, auteur du livre « NBA, 80 ans d’histoire » (Éditions Solar), revient sur plusieurs saisons marquantes.

La première saison de la NBA ?

La toute première saison ne s’appelait pas encore NBA, mais BAA (Basketball Association of America), puisque la NBA est née d’une fusion de plusieurs ligues en 1949 (BAA et NBL). La saison de 1946 a été conçue par des entrepreneurs souhaitant créer une ligue regroupant les meilleurs joueurs universitaires américains. Les matchs universitaires étant très suivis, ils espéraient générer des revenus importants. Plusieurs franchises furent créées et la BAA se déroula sous forme de championnat pour attirer un maximum de spectateurs.

La saison la plus indécise de la NBA ?

1977-1978 et 1978-1979. Les saisons les plus indécises ont suivi la fusion NBA-ABA (1976), avec plusieurs années chaotiques, des surprises et des équipes inattendues en finale. C’était aussi juste avant l’arrivée de Magic Johnson et Larry Bird, qui ont totalement changé la donne. La NBA connaissait alors des difficultés liées à la cohabitation des deux ligues et à des problèmes liés à la drogue.

En conséquence, le public s’était éloigné. L’émergence de Magic Johnson et Larry Bird a redonné de l’intérêt et de la passion à la ligue, en offrant des figures auxquelles les spectateurs pouvaient s’identifier.

La période de domination la plus marquante ?

Les années 60, avec les Boston Celtics qui remportent huit titres consécutifs (1959 à 1966). Même si parfois challengés, ils ont triomphé pendant huit ans, un record jamais égalé depuis. Dans l’époque moderne, le maximum est de trois titres consécutifs (Chicago Bulls 1991-1993 et Los Angeles Lakers 2000-2002). Plus récemment, les Golden State Warriors de Stephen Curry ont dominé la NBA cinq années consécutives (2015-2019), avec trois titres, et la saison 2016-2017 reste la plus aboutie.



Malgré la draft censée équilibrer les équipes, les Warriors ont su construire une équipe homogène, en sélectionnant et en gérant les joueurs avec intelligence et des contrats réfléchis.

La saison qui a bouleversé la NBA ?

La saison 1954-1955. Avant l’instauration de la règle des 24 secondes de possession, le spectacle NBA était plus difficile à suivre pour les spectateurs. Cette règle a permis un développement spectaculaire de la ligue.



La saison la plus aboutie d’un Français en NBA ?

2004-2005. Tony Parker est élu MVP des finales avec les San Antonio Spurs, au sommet de sa carrière. Le leader des Spurs était Tim Duncan, et Parker était son parfait complément. Drafté en 2001 à la 28e position, il avait été mis en confiance par Gregg Popovich, ce qui lui permit de progresser. Lors de la saison 2024-2025, il resta parmi les meilleurs meneurs de jeu.

La saison qui vous a le plus marqué ?

La victoire des Dallas Mavericks en 2011. Une équipe inattendue qui dut battre les Miami Heat de LeBron James. Tout le monde pensait Miami favori, mais Dallas a prouvé sa supériorité. Les finales furent spectaculaires.

Pour l’histoire plus ancienne, la meilleure saison selon moi fut 1985-1986 (Boston Celtics), avec une concurrence exceptionnelle et de nombreux grands joueurs réunis dans une équipe formidable.

Que retenir de la saison 2024-2025 ?

Le parcours d’Oklahoma City. Une équipe magnifiquement préparée, avec un leader Shai Gilgeous-Alexander, où chaque joueur connaissait son rôle. La gestion de la pression et des attentes fut admirable, méritant pleinement leur titre.

Qu’attendre de la saison 2025-2026 ?

Oklahoma City reste favori, ou peut-être les Denver Nuggets. Tout dépendra de la restructuration autour de Nikola Jokić. LeBron James et sa génération vieillissent, et Shai Gilgeous-Alexander ou Victor Wembanyama pourraient devenir les nouveaux visages de la NBA. Les Boston Celtics, avec plusieurs blessés (notamment Jayson Tatum), devront se relancer. Quant aux Los Angeles Lakers, leur arrivée de Jokic fut inattendue, mais il est incertain que cela suffise à les placer parmi les favoris, peut-être dans deux ou trois ans.

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