Biarritz vs Bayonne : Un barrage d’accession bouillant et passionnant
RUGBY – ACCESS MATCH – Cela faisait déjà plusieurs semaines que l’on commençait à l’envisager. Samedi après-midi, les deux voisins et rivaux historiques, Biarritz et Bayonne, vont s’affronter pour une place en Top 14. Ce match d’accession, doublé d’un derby, s’annonce électrique.
La grande majorité des acteurs du monde du rugby attendent ce match. Le match d’accession représente certainement la rencontre qui met le plus de pression sur des équipes de rugby. Quoi qu’il arrive, le résultat du match sera cruel pour l’une des deux équipes engagées. La tension est à son comble et il faut rajouter à cela l’idée que c’est un derby. Si beaucoup ont hâte de voir le spectacle, certains, surtout au Pays Basque, auraient peut-être préféré avoir une autre opposition.
Un derby ou un match d’accession ?
Samedi, il s’agira du 113ème affrontement entre les deux clubs du Pays Basque. Cette rivalité est légendaire dans le rugby français. Pour certains, c’est le principal derby national. Gonzalo Quesada, l’entraineur du Stade Français qui va affronter le Racing 92 vendredi soir pour un barrage de Top 14, parlait du derby basque comme « le plus important de France. » Ce match revêt un intérêt bien particulier pour toute une région. Pour ces deux villes, situées à moins de 10 km l’une de l’autre, toute la semaine va être marquée par l’attente interminable de ce monument. « C’est la finale du championnat du monde des Basques », argumentait Jean-Baptiste Aldigé, président du BO, au Midi Olympique.
Pour autant, pas sûr que tous les acteurs du match soient heureux de jouer cette affiche pour un match d’accession. Peyo Muscarditz, capitaine de l’Aviron, a expliqué pourquoi ce match risque d’être aussi particulier pour les joueurs. « Le fait que ce soit un derby le rend encore plus important, expliquait-t-il à Rugbyrama. Les deux enjeux cumulés font que nous avons tous envie d’en ressortir vainqueur. » Effectivement, ce genre de confrontations peuvent tomber dans l’irrationnel. Le fait d’avoir un derby pour un match d’accession rajoute de la pression sur une pression qui est déjà immense.
Pour autant, certains joueurs, et notamment du côté du BO, sont plutôt favorables à cette affiche, malgré l’enjeu énorme. « Bayonne, ce serait une préférence, avait expliqué le talonneur Romain Ruffenach avant la dernière journée de Top 14 qui allait déterminer que Bayonne finisse 13ème. Les Biarrots ont peut-être en mémoire les dernières confrontations qui ont eu lieu en Pro D2. En effet, le BO reste sur quatre victoires de suite entre 2017 et 2018. Pour cela, la confiance est certainement plus forte d’un côté que de l’autre.
Une stat qui fait mal aux équipes de Top 14
Pourtant, Bayonne est certainement favori, en tout cas sur le papier. Si le club est arrivé 13ème en fin de saison, il n’a pas à rougir de son année passée en Top 14. « Jamais la compétition et la concurrence au sein du Top 14 n’ont été aussi fortes que cette année, se défendait Yannick Bru, coach de Bayonne, dans le Midi Olympique. On se retrouve barragiste avec dix victoires, une de plus que Pau. » Effectivement, l’Aviron a vendu chèrement sa peau jusqu’à la dernière journée et une défaite concédée face au Stade Français (9-12).
Avec autant de victoires sur la saison, l’équipe a des certitudes. D’ailleurs, la confiance est présente dans l’effectif. « Cette expérience, rajoutée à la saison que l’on vient de faire, nous donnent une énergie incroyable », prolongeait Yannick Bru. Si l’entraineur bayonnais se sent obligé de parler de l’énergie de son équipe, c’est pour une raison simple : il faut faire mentir les stats. En effet, le match d’accession a été introduit en 2018. Depuis, deux éditions se sont déroulées. Sauf qu’à chaque fois, l’équipe du Top 14 s’est faite piéger (Oyonnax en 2018, Grenoble en 2019).
La @VilleDeBayonne aux couleurs de son équipe pour samedi ⚪
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Le troisième ligne de l’Aviron, Jean Monribot, a tenté d’expliquer pourquoi le club de Pro D2 s’en sortait mieux habituellement. « L’équipe de Pro D2 est dans une dynamique positive avec des victoires. Celle de Top 14 est plus dans les défaites, à batailler. Donc on n’est pas sur la même dynamique. » Pour le club bayonnais, il faudra bien aborder cet access match avec l’état d’esprit qui convient. La préparation des joueurs sera la clé. D’autant, que c’est le BO qui aura le privilège de recevoir.
Le BO a une deuxième carte à jouer
Effectivement, c’est la règle. L’équipe qui se trouve en Pro D2 reçoit. Samedi, le stade d’Aguiléra devrait accueillir 5 000 spectateurs, dont 4 000 supporters biarrots. C’est un avantage de taille. Mais d’abord, le Biarritz Olympique doit se racheter de son dernier match. « On n’a pas montré notre meilleur visage en finale », avouait Matthew Clarkin, le coach du BO. La semaine dernière, les coéquipiers de Matthew Clarkin sont tombés sur un os. Ils ont perdu la finale de Pro D2 face à des Perpignanais qui ont, notamment, dominé la seconde période (33-14). Désormais, il faut oublier ce match et repartir de l’avant. D’autant qu’avant cette finale, le quintuple champion de France avait enchainé une série de cinq victoires de rang.
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Les BOys ont plus que jamais besoin de votre soutien pour ce rendez-vous historique ❤️
BOPB ⚡️ AVIRON RUGBY PRO
Samedi 12 juin
17H30
Stade Aguilera
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Il faudrait se servir de cette dynamique que le BO a lancé. En finissant 3ème de saison régulière, les Biarrots avaient déjà déjoué les pronostics dès lors qu’ils étaient arrivés en finale. Sur la demi-finale, ils se sont notamment imposés à la dernière seconde sur la pelouse de Vannes (33-34). Samedi, Matthew Clarkin et ses hommes tenteront de trouver la solution. Le coach a notamment évoqué la conquête et, en particulier, le secteur de la touche. « C’est un secteur fragile et il faut, parfois, un petit grain de sable pour qu’il soit impacté, expliquait Matthew Clarkin. Alors oui, samedi, on essaiera de les mettre en difficulté, car derrière, ils ont de très bons ballons portés. » Pour un match aussi important, il est clair que la conquête, la puissance des packs et le combat seront la clé de ce rendez-vous.
Des débats à tous les postes
Pour mettre en place un plan de jeu efficace, il faut des joueurs capables de faire le travail. De part et d’autre, plusieurs joueurs vont avoir un rôle extrêmement important à jouer. Devant, on attend un duel de talonneurs entre l’expérimenté bayonnais John Ulugia et la jeune bombe biarrote, Lucas Peyresblanques. Au poste de numéro huit, la bataille fera rage également. D’un côté, le puissant Afa Amosa tentera de faire avancer l’Aviron. De l’autre, pour le BO, le capitaine Steffon Armitage essaiera de « pourrir » au maximum les rucks des adversaires.
Les buteurs auront aussi un rôle très important à jouer. Chez les Biarrots, le demi de mêlée James Hart et l’ouvreur Ilian Perraux sont capables de buter. En face, l’artilleur maison se nomme Gaëtan Germain, d’autant qu’il connait ce genre de match pour avoir joué un barrage d’accession, avec Grenoble, en 2019 face à Brive (perdu 28-22). Ensuite, au centre, le capitaine de l’Aviron Peyo Muscarditz tentera de neutraliser le All Black Francis Saili, qui doit se racheter de sa finale catastrophique.
Enfin, les ailes seront garnies de sacrés finisseurs. Chez le BO, l’arme fatale s’appelle Gavin Stark. Le Néo-Zélandais a déjà marqué quatre essais en phases finales de Pro D2. A Bayonne, la révélation se nomme Aymeric Luc. C’est le 5ème meilleur marqueur d’essais du Top 14. Au final, pour tous les acteurs, l’attente sera très longue durant la semaine. La plupart des joueurs n’ont certainement jamais connu une pression aussi forte. Ce derby en barrage d’accession s’annonce bouillant et passionnant.


