Biathlon : Les enjeux de la fin de la saison en Coupe du monde
COUPE DU MONDE DE BIATHLON 2024-2025 – Moins de deux semaines après la fin de championnats du monde réussis pour l’équipe de France, la Coupe du monde de biathlon reprend ses droits ce jeudi en République tchèque. Et les trois dernières étapes de la saison risquent d’offrir encore de belles émotions.
Avec treize médailles, dont six titres aux championnats du monde 2025, l’équipe de France de biathlon a connu une parenthèse enchantée à Lenzerheide (Suisse). Il reste désormais trois étapes sur cette saison de Coupe du monde, dont la première débute ce jeudi à Nove Mesto (République), une piste qui avait plutôt bien réussi au clan tricolore l’an dernier lors des championnats du monde avec… six titres et treize médailles. Les biathlètes enchaîneront ensuite avec Pokljuka (Slovénie) et Oslo-Holmenkollen (Norvège). Et ce dernier mois de la saison regorge encore de nombreux enjeux.
La lutte pour le gros globe de cristal
C’est évidemment la principale interrogation des trois semaines à venir : qui terminera en tête du classement général de la Coupe du monde ? Il reste encore sept courses individuelles pour les hommes et pour les femmes, soit autant d’échéances où il sera possible d’inscrire de précieux points. Et, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, rien n’est encore joué.
L’Allemande Franziska Preuss (879 points) est la leader du classement général, mais elle ne possède « que » 92 points d’avance sur Lou Jeanmonnot (787 points). La Française a donc encore toutes les cartes en main pour décrocher son premier gros globe. En effet, la première place permet d’empocher 15 points de plus que la deuxième (90 contre 75), ce qui permettrait à Jeanmonnot de terminer avec 13 petits points d’avance dans le cas où la Française et l’Allemande termineraient, respectivement, aux deux premières places sur les sept dernières courses.
Forfait pour la manche tchèque, Elvira Oeberg est trop loin pour se mêler à la lutte (571 points). En revanche, la Suédoise n’est, en aucun cas, assurée de terminer sur la troisième marche du podium. Elle est chassée par un trio français composé de Julia Simon (41 points de retard sur Oeberg), Jeanne Richard (45) et Océane Michelon (76). Ces deux dernières sont par ailleurs en tête du classement U23.
Chez les hommes, c’est également une lutte à deux qui s’annonce sur cette fin de saison. Et le gros globe restera, vraisemblablement, en Norvège à l’issue de la dernière étape à Oslo, puisque Sturla Holm Laegreid (854 points) et Johannes Boe (806 points) ont une avance importante sur leurs poursuivants. Les Français Éric Perrot et Émilien Jacquelin, actuellement troisième et quatrième, livreront une bataille à quatre pour monter sur la dernière marche du podium général avec Tarjei Boe et Sebastian Samuelson. Seuls 36 points séparent les quatre hommes.
Cinq petits globes à décrocher
En plus du gros globe de cristal, les biathlètes vont se disputer les quatre globes de la spécialité : en sprint, en poursuite et en mass start où il reste deux courses à disputer, ainsi qu’en individuel où il n’en reste plus qu’une. C’est sur cette dernière épreuve qu’un membre de l’équipe de France est, pour le moment, le mieux positionné pour en décrocher un, puisque Lou Jeanmonnot, victorieuse des deux premiers individuels, occupe la première place du classement avec une avance confortable sur Franziska Preuss (65 points). Elle pourrait ainsi devenir la première Française à remporter le petit globe de cristal de la spécialité. La biathlète de 26 ans pourrait même rentrer en France avec un petit globe dans chaque main puisqu’elle est également leader du classement de la poursuite. En revanche, son avance sur Preuss est moins importante (52 points) et devra donc assurer sur les deux dernières poursuites.
Les Bleus risquent, quant à eux, de rentrer les mains vides en France, car, hormis sur le classement de la poursuite, où Éric Perrot est troisième, mais à 95 points de Johannes Boe, les trois premières places de tous les classements des spécialités sont occupées par des Norvégiens (Johannes Boe, Tarjei Boe, Sturla Holm Laegreid, Martin Uldal, Vebjorn Soerum ou encore Endre Stroemsheim). À défaut de terminer en tête du classement individuel, ils pourront se targuer d’être les meilleurs collectivement. Vainqueurs de tous les relais depuis le début de la saison – sauf celui des Mondiaux – les Français sont en bonne voie pour décrocher le petit globe du relais. Bien que les Françaises, qui ont conservé leur titre mondial sur le relais, ne sont pas encore parvenues à s’imposer ensemble cette saison sur la Coupe du monde. Néanmoins, grâce à leur régularité (deux 2èmes places et deux 3èmes places), elles sont deuxièmes du classement avec seulement 15 points de retard sur les Suédoises. Le dernier relais à Pokljuka sera donc déterminant et rempli de suspense.
Les derniers tours de piste des frères Boe
Il faudra les regarder et en profiter : après le 23 mars 2025, on ne verra plus de Boe sur des skis en compétition (au moins pour quelques années, si jamais un de leurs descendants décidait de s’y mettre). À moins d’un an des Jeux de Milan-Cortina, ce seront les deux rares à ne pas poursuivre pour au moins une saison supplémentaire.
Loin de ne faire que de la résistance – notamment le cadet – tous deux prendront leur retraite à la fin de la saison. Johannes aura encore de belles ambitions : en plus d’essayer d’aller chercher un sixième gros globe – il ne dépassera pas Martin Fourcade qui en a sept dans sa vitrine – et de nouveaux petits globes, il chasse le record du nombre de victoires individuelles. Il en a 90 à son actif, cinq de moins que son compatriote Ole Einar Bjoerndalen. Ce décompte aussi est lancé.
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