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Coupe du monde de biathlon

Biathlon : pourquoi la saison 2025-2026 sera totalement différente avec les JO de Milan-Cortina

Léo Derambure

Publié le

Biathlon pourquoi la saison 2025-2026 sera totalement différente avec les JO de Milan-Cortina
Photo Icon Sport

BIATHLON 2025/2026 – À quelques mois des Jeux olympiques 2026 de Milan-Cortina, coup de projecteur sur la pression unique et la saison entièrement réorganisée qui attendent les biathlètes.

Remplaçant lors des Jeux 2022 en Chine, Éric Perrot sait désormais qu’en tant que l’un des biathlètes les plus en vue de la saison à venir, les JO 2026 seront l’objectif central de son hiver. Dans une saison olympique, le rêve de devenir champion olympique, un titre qui ne se joue qu’une fois tous les quatre ans, a forcément plus de saveur, mais aussi plus de poids, qu’un globe de cristal remis en jeu chaque année.

Entre pression psychologique, gestion physique millimétrée et calendrier repensé autour du mois de février, décryptons ce qui attend potentiellement les biathlètes à l’aube de cet hiver pas comme les autres.

Une saison olympique, un hiver entièrement à redessiner

Dès la publication du calendrier, tout converge vers février 2026, date de l’épreuve reine du biathlon mondial : les Jeux Olympiques de Milan-Cortina. Les dirigeants de l’IBU ont entièrement revu l’architecture de la Coupe du monde pour ménager les organismes et réduire les déplacements coûteux, en temps comme en énergie. Les étapes s’enchaînent désormais de manière plus logique, certaines destinations lointaines disparaissent (exit les étapes en Amérique du Nord, comme aux USA et au Canada il y a deux ans), et les fenêtres d’entraînement s’élargissent à l’approche des Jeux.

Pour les nations, cette refonte implique davantage de rotation, mais surtout une gestion plus précise qu’à l’accoutumée. Le moindre voyage ou la moindre semaine d’entraînement mal placée peut peser sur la capacité d’un athlète à atteindre le pic de forme au bon moment, celui de l’être à Milan. Mais il ne s’agit pas pour autant de considérer la Coupe du monde comme une simple préparation. Les leaders adapteront probablement leur charge de travail, n’hésitant pas à faire l’impasse sur un week-end, privilégiant les stages ciblés, notamment en altitude, en raison du site olympique choisi. Au fil des semaines, le peloton pourrait même se diviser en deux groupes : ceux qui gèrent en vue des Jeux, parfaitement conscients que c’est là que se joue la saison, et ceux qui profiteront des absences ou baisses de rythme des gros noms pour grimper au classement général.

Car s’ils savent qu’ils ne rivaliseront peut-être pas lors d’une course unique aux JO, où les immenses surprises sont rares, certains biathlètes verront dans cet hiver une opportunité unique de se hisser parmi les meilleurs grâce à leur régularité. Dans une saison olympique, la stratégie peut parfois primer sur la régularité.



Antholz/Anterselva : un site olympique qui impose sa loi

Si les Jeux représentent un Everest psychologique, ils sont aussi un Everest physique. Et en 2026, ce sommet porte un nom : Antholz/Anterselva, temple du biathlon italien, fief de Lisa Vittozzi ou encore Tommaso Giacomel, perché à près de 1600 mètres d’altitude. Un décor somptueux, mais surtout un environnement qui écrase les organismes. L’air y est plus sec, plus rare, la récupération y est plus difficile. Même le tir, pourtant immobile, se transforme en épreuve sous hypoxie : le souffle court parasite le geste, le cerveau manque d’oxygène, la vision et la lucidité vacillent.



Une préparation spécifique sera donc indispensable. Stages en altitude, nuits en chambre hypoxique, répétitions de tirs sous grande fatigue. Chaque nation cherchera la combinaison parfaite pour arriver fraîche mais prête. Le moindre réglage raté peut coûter très cher en compétition.

Le site avantagera naturellement ceux déjà familiers de l’altitude — Italiens, Français, Norvégiens — quand d’autres nations devront surtout apprendre à s’adapter. Les étapes précédant les JO deviendront de véritables laboratoires : tests de matériel, adaptation au tir, gestion du stress. À mesure que février approchera, Antholz s’imposera comme un sujet central, omniprésent dans toutes les discussions des staffs comme des athlètes, ainsi qu’avec les médias.

La médaille olympique, un objectif dans le viseur depuis plusieurs années

Dans un sport où chaque course compte, une médaille olympique, elle, peut changer une vie. Devenir champion olympique, c’est basculer dans une autre dimension, celle de la reconnaissance mondiale, d’une plus grande visibilité au sein des médias et des supporters, un statut de star pendant quatre ans. Entrer dans la lignée des Fourcade, Boe, Röiseland, c’est un rêve qui obsède certains athlètes depuis leurs premières compétitions internationales.

Pour les cadors du circuit, la quinzaine olympique sera l’objectif premier. Même les habitués des podiums, ceux qui visent chaque année le gros globe, ajusteront forcément leurs ambitions : une victoire olympique vaut davantage, symboliquement comme sportivement. L’ensemble de leur hiver sera calibré pour ce moment, entre préparation mentale, réglages au tir, gestion des charges d’entraînement.

La pression sera d’autant plus forte dans les nations où la densité est énorme — la France, la Norvège, l’Allemagne. Car avant de rêver de médaille, il faut déjà être sélectionné. Une mauvaise semaine en décembre peut suffire à refermer une porte olympique. Cette concurrence interne peut pousser vers le haut comme vers le bas.

À cela s’ajoute le poids médiatique. Les JO offrent une exposition exceptionnelle. Pour les athlètes, c’est parfois un virage dans une carrière : nouveaux sponsors, rôle d’ambassadeur national. Beaucoup tenteront de transformer cette pression en force, mais pour d’autres, cette obligation de résultat peut devenir un fardeau difficile à porter.

La vie d’après-jeux

Alors que les JO auront occupé toutes les discussions jusqu’en février, débutera ensuite cette fameuse vie d’après. Trois étapes seulement pour boucler la saison et se départager les globes, un sprint final où tout le monde n’abordera pas l’hiver de la même manière. Il y aura ceux qui auront parfaitement géré l’avant-JO, encore en confiance et bien placés au général.

Ceux-là arriveront avec une dynamique solide. Il y aura aussi les médaillés, déjà comblés par leur réussite olympique. Libérés de toute pression, ils peuvent devenir redoutables : le relâchement fait souvent la différence, autant sur la piste que sur le pas de tir. Et puis il y aura les revanchards, ceux pour qui les JO auront été ratés. Ceux-là reviendront le couteau entre les dents, déterminés à sauver leur saison et à rappeler leur véritable niveau.

Dans ce contexte, la fatigue, aussi bien mentale que physique, sera un facteur clé. Certains s’écrouleront après l’émotion des JO, d’autres trouveront au contraire une dernière impulsion dans leur saison. En tout cas, cette saison risque d’être mémorable, et on a hâte.

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