Bilan 6 Nations 2022 : La France et l’Irlande au-dessus du lot, l’Angleterre décevante
TOURNOI DES 6 NATIONS 2022 – Après un tournoi marqué par le Grand Chelem du XV de France, il est temps de revoir et juger le parcours des six nations engagées. Entre domination, déceptions et surprises, voici le bilan de cette édition 2022.
France : Un Grand Chelem amplement mérité
Grand Chelem et tournoi exemplaire vont généralement de pair. Douze ans après la dernière victoire de la France dans le tournoi, ce XV de France version 2022 a définitivement redoré le blason du rugby français. Après être passés deux fois à côté de la victoire pour pas grand-chose, les Bleus ont livré une compétition parfaite pour finir, logiquement, sur le toit de l’Europe. Après une première victoire poussive lors de la première journée contre l’Italie, le XV de France a livré deux matchs références. Tout d’abord, la finale avant l’heure que les hommes de Fabien Galthié ont remporté face à l’Irlande. Ensuite, l’énorme performance à Edimbourg où les Tricolores avaient une revanche à prendre contre le XV du Chardon.
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Sur les deux dernières journées, la fatigue s’est faite davantage ressentir mais les Bleus n’ont pas craqué. Au Pays de Galles, ils ont réussi l’exploit de garder leur en-but inviolé. Puis ça s’est terminé au Stade de France, en apothéose, avec la victoire lors du Crunch. Ce tournoi 2022 est une très bonne chose pour le XV de France car le staff a certainement trouvé davantage de certitudes et on note aussi que les joueurs ont bien appris des échecs lors de deux dernières années. Maintenant, la coupe du Monde, qui a lieu dans un an et demi, est dans toutes les têtes et la bande à Antoine Dupont est favorite à l’heure qu’il est.
Irlande : Proche du Graal et loin des poursuivants
L’Irlande a mis la pression sur le XV de France jusqu’à la fin. En effet, le XV du Trèfle a largement mérité ce droit de rêver jusque dans les dernières minutes du Crunch. Déjà, il y a eu cette entame de tournoi monstrueuse face aux Gallois, ponctuée par une victoire bonifiée. Ensuite, il y a eu cette finale, dès la deuxième journée, en France. Les coéquipiers de Tadhg Furlong ont échoué face à une équipe de France légèrement meilleure devant son public, tout en prenant un point de bonus. Pour la troisième journée, les Irlandais ont infligé une sévère correction à une Squadra Azzura rapidement réduite à 14. Après, il y a eu cette demi-finale qui s’est jouée à Twickenham. Face à des Anglais qui ont joué 78 minutes en infériorité numérique, les Irlandais ont arraché un succès bonifié au terme du match le moins convaincant de leur compétition.
Et puis, il y a eu cette victoire sereine, sans trop forcer, face à l’Ecosse, là aussi avec le bonus offensif. En résumé, les joueurs d’Andy Farrell ont bonifié tous leurs matchs, même leur défaite à Paris, ce qui leur a permis d’être menaçants pour la France jusqu’au dernier moment. On regrettera juste ce carton rouge qui leur aura été bénéfique sur le match contre l’Angleterre. Au vu de la belle performance à 14 contre 15 des coéquipiers de Marcus Smith, les Irlandais auraient-ils pu l’emporter dans un match équilibré ? On chipote, mais l’Irlande mérite largement sa deuxième place, plus proche du niveau de la France que de celui de ses poursuivants.
Angleterre : Une sélection qui inquiète
La presse anglaise tire, à juste titre, sur Eddie Jones, incapable de faire jouer correctement son équipe. Certes, des forfaits majeurs comme ceux d’Owen Farrell ou de Manu Tuilagi sont venus polluer la préparation. Néanmoins, le vivier anglais est l’un des plus beaux du monde et ceux depuis plusieurs années. Tout au long de la compétition, le sélectionneur australien a beaucoup hésité. La défaite inaugurale en Ecosse a, sûrement, été difficile à digérer.
Eddie Jones maintenu à la tête de l’Angleterre jusqu’à la Coupe du monde 2023.https://t.co/VvPxTUCdWc
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En Italie, les coéquipiers de Marcus Smith se sont facilement imposés, sans toutefois impressionner, comme face au Pays de Galles lors de la troisième journée. Puisqu’en France, les Anglais n’ont pas pu faire grand-chose, le grand temps fort à sûrement été cette large défaite contre l’Irlande à Twickenham. Réduits rapidement à 14, les locaux ont été héroïques pendant près de 70 minutes et ont certainement donné des frissons à leurs fans ! Toutefois, s’il faut tirer le bilan sur ce tournoi, il est quand même très décevant. A un an et demi de la coupe du Monde, le XV de la Rose d’Eddie Jones n’a pas beaucoup de certitudes dans son jeu et dans sa composition.
Écosse : Des promesses encore déçues
Chaque année, le XV du Chardon, c’est la belle promesse du tournoi avant que ce dernier ne commence. Chaque année, c’est également la grosse déception quand la compétition se termine. En 2022, l’Écosse, que l’on voyait comme un sérieux challenger, n’est parvenu à remporter que deux matchs. Peut-être que les coéquipiers de Stuart Hogg se sont beaucoup trop concentrés sur ce premier match de la Calcutta Cup face aux Anglais. Mais dès le second match, les Ecossais sont retombés dans leurs travers, incapables de l’emporter chez un XV du Poireau malade.
Après deux matchs qui se sont terminés sur des scores très serrés, les hommes de Greg Townsend ont subi une déculottée face à la France, à Murrayfield. Sur la fin du tournoi, c’est une équipe sans grand relief qui a battu les Italiens et qui a pris une leçon d’efficacité en Irlande. Ces résultats posent quelques questions. L’équipe d’Ecosse peut-elle prétendre à remporter trois ou quatre matchs de haut niveau en seulement deux mois ? Y a-t-il un manque de profondeur criant derrière une équipe type pourtant très alléchante sur le papier ? Des leaders comme Finn Russell ou Stuart Hogg ont-ils vraiment une influence positive sur l’équipe ? Toutes ces interrogations vont devoir être analysées d’ici le prochain tournoi et surtout d’ici à la coupe du Monde 2023.
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— The Loose Head (@TheLooseH) March 19, 2022
Pays de Galles : Le tenant du titre n’a pas tenu son rang
Avant le début du tournoi, on savait que serait très compliqué pour la sélection de Wayne Pivac. Dans une mauvaise dynamique et handicapés par de nombreux forfaits, on voyait difficilement les Dragons rouges refaire le même coup complètement inattendu de l’an passé. Cette fois, le Pays de Galles est totalement passé à travers et cette défaite en clôture contre l’Italie, qui plus est à domicile, en a été le parfait symbole.
Après avoir mal démarré en Irlande, le XV du Poireau s’est repris, chez lui, contre l’Ecosse. Il a retrouvé ses valeurs de solidarité, le temps d’un match. En Angleterre et face à la France, les coéquipiers de Josh Adams ont eu du mal à se montrer dangereux. Néanmoins, ce Pays de Galles aurait tout de même dû s’imposer face à l’Italie, dans son antre de Cardiff. Il n’en a rien été. Après avoir remporté le tournoi l’an passé, les Gallois finissent à une décevante avant-dernière place. Cela ne présage rien de bon pour la suite.
Italie : Un tournoi qui va faire du bien au rugby italien
Peut-on dire que l’Italie a fait un bon tournoi malgré quatre grosses défaites et une dernière place ? Et bien, si on se place dans un certain contexte, on peut dire que oui. En effet, l’Italie restait sur trente-six défaites d’affilée en six éditions du tournoi. De quoi raviver annuellement le débat sur la légitimité de la Squadra Azzura dans cette compétition. Avec leur nouveau sélectionneur Kieran Crowley et leur capitaine Michele Lamaro, les Italiens ont mis un point d’honneur à améliorer leur défense. Le progrès, qui s’est vu tout au long du tournoi, et le supplément d’âme, qui mêlait énormément de sentiments, ont abouti à une victoire sur les terres galloises, au bout du suspense.
INCREDIBLE!!
Italy score a sensational try in the final moments to secure their first win since 2015 #GuinnessSixNations #WALvITA pic.twitter.com/lQizHDAypQ
— Guinness Six Nations (@SixNationsRugby) March 19, 2022
Avec ce tournoi, l’Italie s’est trouvé un capitaine charismatique, avec Michele Lamaro, un meneur de jeu, avec Paolo Garbisi, et une nouvelle pépite, avec Ange Capuozzo. Bien sûr, il faudra encore confirmer l’année prochaine et intégrer une nouvelle génération prometteuse qui fait de belles choses chez les U20. Mais en attendant, ce tournoi va soulager le rugby italien.


