Bilan NBA 2022 : Les San Antonio Spurs, une saison de transition bien menée
NBA 2021-2022 – La saison NBA touche à son terme. Les playoffs approchent et plusieurs équipes vont connaître une fin de saison anticipée. À cette occasion, la rédaction de Dicodusport revient sur la saison des équipes éliminées. Aujourd’hui, nous allons parler d’une équipe iconique, les San Antonio Spurs.
Ce qu’il faut retenir des San Antonio Spurs
En finissant 10èmes de la Conférence Ouest avec 34 victoires contre 48 défaites, les San Antonio Spurs ont dû faire mentir bon nombre de pronostics, dont le nôtre. C’est certes un peu grâce aux Lakers et aux Blazers qui ont complètement déjoué mais le résultat est là : une place en Play-in, avec un match de barrage malheureusement perdu contre les Pelicans 113-103. Le bilan reste négatif avec seulement 34 victoires mais il y aura eu de belles surprises cette saison, qui sera peut-être la dernière de leur mythique coach Gregg Popovich.
L’objectif de cette année était de lancer un processus de reconstruction, l’objectif est au moins atteint. De nombreux jeunes ont pu s’exprimer, à commencer par les rookies Jock Landale et surtout Joshua Primo. Le plus jeune joueur de la Draft 2021, sélectionné en douzième position, manque encore d’efficacité dans ses choix mais reste un beau diamant à polir. Il faudra néanmoins qu’il se montre plus à son avantage l’an prochain pour prétendre à un futur en NBA.
Un homme a été particulièrement à son avantage cette saison, c’est Dejounte Murray. 21 points, 9 passes, 8 rebonds de moyenne et une sélection au All-Star Game, Murray est l’un des favoris pour le titre de MIP (Most Improved Player) qui récompense le joueur qui a le plus progressé de l’année. Ce n’est pas une révélation, car le meneur tournait déjà à plus de 15 points de moyenne l’an dernier, mais c’est la progression la plus fulgurante dans cette équipe des Spurs. On cherchait l’an dernier un leader dans cette équipe entre Murray, Keldon Johnson et Derrick White, la question a maintenant une réponse surtout depuis que Derrick White a été transféré aux Celtics.
Dans le reste de l’effectif, Keldon Johnson justement a continué sa progression. Passant de 12,8 à 17 points, l’ailier des Spurs a également amélioré son efficacité à distance (39,8%) et se situe dans les 30 meilleurs shooteurs à 3 points de la NBA en terme de pourcentages. À l’inverse, Lonnie Walker IV a régressé dans ce domaine et dans son efficacité générale. On attendait beaucoup de ce joueur mais, alors qu’il entrera dans sa cinquième saison en octobre, le joueur de 23 ans peine à montrer des garanties fiables. Enfin, Jakob Poeltl a effectué une belle saison avec 13,5 points par match et notamment une pointe à 28 points face aux Wizards en février. Le texan s’impose définitivement comme le pivot titulaire de son équipe depuis le départ de LaMarcus Aldridge l’an dernier. À 26 ans, Poeltl en a peut-être encore sous le pied et sera quoi qu’il arrive un bon pivot en NBA pour encore quelques années.
❌ Jakob Poeltl with the emphatic rejection for the @spurs!
The Spurs are cutting into the lead on ESPN#MetaQuestPlayIn pic.twitter.com/LCKzNH4BVO
— NBA (@NBA) April 14, 2022
Notre prévision en début de saison : 13ème / Classement final : 10ème
La révélation : Devin Vassell
Le sophomore a doublé sa production statistiques par rapport à l’an dernier, que ce soit les points, les passes, les rebonds ou encore les contres. Avec 12,3 points par match, il est désormais le 5ème meilleur marqueur de son équipe et n’a que 21 ans. Ce qui nous plaît dans son profil, c’est que Vassell est efficace offensivement et défensivement, un alliage parfait pour un poste 3 en NBA. Pour l’instant limité à un poste de 3&D, Devin Vassell a le potentiel pour faire bien plus et s’est d’ailleurs imposé dans le 5 majeur suite au trade de Derrick White. Sur quelques bribes d’action, on l’a vu montrer de belles capacités à mi-distance ou sur des drive et sa palette offensive peut donc aller beaucoup plus loin qu’un simple shooteur à distance si on lui en laisse l’opportunité.
Si l’on peut se permettre une comparaison, toutes proportions gardées, dans les joueurs récents passés aux Spurs, Devin Vassell a un petit air de Kawhi Leonard en lui. Il n’atteindra sans doute jamais le niveau du MVP des Finales 2019 mais sa rigueur défensive nous rappelle Kawhi au même âge. La production statistique de Vassell et Leonard à 21 ans est d’ailleurs quasiment similaire et le parallèle est intéressant, surtout quand on sait qu’ils ont été tous deux coachés par Gregg Popovich. Attention, disclaimer, Devin Vassell ne deviendra pas Kawhi Leonard mais il a des qualités qui en feront l’une des pièces maitresses des Spurs sur les prochaines années.
La déception : Thaddeus Young
Il a d’abord été difficile de trouver une véritable déception dans une équipe qui n’était pas promise à briller cette saison. Mais, à l’image d’un autre vétéran, Doug McDermott, Thaddeus Young devait apporter son expérience au jeune groupe texan. Ce qui pouvait paraître comme un recrutement intelligent en début de saison s’est vite transformé en déception. L’intérieur n’a joué que 26 matchs avec les Spurs, pour une triste moyenne de 6 points et 3 rebonds par match, le pire bilan de sa carrière.
Pour atténuer ce lourd constat, il faut souligner que Young n’a joué que 14 minutes par match en moyenne mais l’on attendait quand-même un petit peu plus d’un joueur qui touche 14 millions par an. 1 million par minute ça fait cher le temps passé sur le parquet. En fin de contrat cet été, le management des Spurs a vite compris que Young n’était plus d’aucune utilité pour l’équipe et l’a transféré avec Drew Eubanks contre Goran Dragic (coupé dans la foulée) et surtout un first pick de la draft 2022. À défaut d’avoir montré son talent, Thad Young aura au moins été utile pour la reconstruction de la franchise.
Quel avenir pour les San Antonio Spurs ?
À l’heure actuelle, San Antonio aura la saison prochaine 12 joueurs sous contrat pour un total de 82 millions d’euros, options d’équipe comprises. Le salary cap pour 2022-2023 étant de 122 millions, les Spurs ont donc 40 millions d’euros disponibles cet été pour recruter. Le contrat de Dejounte Murray est particulièrement avantageux avec encore deux ans de contrat pour 17 millions par an, un montant ridicule pour un All-Star. Les Spurs doivent donc en profiter pour bien l’entourer, notamment au poste 4 où Zach Collins et Doug McDermott n’ont pas convaincu. L’idéal serait d’aller chercher un gros free agent avec l’argent disponible, mais il n’y en aura pas beaucoup sur le marché cet été et cela n’a jamais vraiment été la politique des Spurs.
Sans contrat pour l’an prochain à l’heure actuelle, que vont proposer les Spurs à Lonnie Walker IV et vont-ils s’aligner sur des offres potentielles d’autres équipes ? Il faudra également surveiller les négociations pour les prolongations de contrat de Keldon Johnson et Jakob Poetl, libres en 2023. Enfin, la plus grosse question demeure celle du coach. Va-t-on revoir Gregg Popovich sur le banc des Spurs l’an prochain ou a-t-on déjà vécu sans le savoir sa tournée d’adieux ? Quelques inconnues donc à San Antonio mais l’avenir peut sourire de nouveau aux texans, notamment avec la Draft à venir.
Notre prochain rendez-vous c’est la draft, avez le 9ème pick en poche et 20% de chances de tomber dans le top 4 on va suivre ça de près.
— Spurs Nation France (@SASpursFr) April 14, 2022


