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Billet d’humeur Tour de France : Faut-il réinventer les étapes de plaine ?

Olivier Dobiezynski

Publié le

Billet d’humeur Tour de France Faut-il réinventer les étapes de plaine
Photo Icon Sport

TOUR DE FRANCE 2025 – Deuxième étape réservée aux sprinteurs et deuxième purge télévisuelle. Au-delà de ce constat alarmant, des solutions existent de la part des organisateurs, mais aussi des coureurs eux-mêmes. 

Joël Pelier au Futuroscope en 1989, Thierry Marie au Havre en 1991, Christophe Agnolutto à Limoges en 2000. Trois raids solitaires de plus de 140 km, trois étapes, toutes plates et trois victoires. Que ce temps des chevauchées fantastiques et mouvements d’envergures parait lointain désormais. Car aujourd’hui, de manière inéluctable, le dénouement est identique avec un sprint massif à l’arrivée. Pire encore, dans des scénarios de course de plus en plus aseptisés, les coureurs font preuve de frilosité à l’idée de s’échapper. Pourtant, légitimement, on peut se demander pour quelles raisons une équipe comme la Cofidis ne se porte pas à l’avant, elle qui n’a pas fait mieux qu’une septième place pour le moment.

Dunkerque ou Laval : même combat

Hormis les malheureuses chutes, difficile donc de trouver de l’animation à travers ces mornes étapes de plaine. Le manque d’ambition des équipes, invitées ou non, joue évidemment en premier lieu. Cependant, leurs raisons peuvent tout à fait s’entendre. Même avec un sprinteur limité, des points UCI viennent récompenser les 15 premiers à l’arrivée. L’assurance donc d’en ramener quelques-uns, dans l’optique très importante de la course aux points pour certaines équipes en quête de survie. Ainsi, on préfère miser sur des top 10 d’Alexis Renard (Cofidis), Pavel Bittner (Team Picnic PostNL) ou encore Alberto Dainese (Tudor Pro Cycling Team) plutôt que sur une hypothétique échappée avec un pourcentage de réussite proche du néant.

En outre, le comportement de certaines grosses équipes, à l’instar d’Alpecin-Deceuninck, qui contrôle le peloton et distribue les bons de sortie, n’aide pas à la formation de coups d’envergure. Un véritable problème à annihiler au plus tôt. Enfin, l’organisation toujours plus scientifique du peloton à l’aide des oreillettes et des capteurs de puissance qui permettent de se régler à allure souhaitée ne laisse plus aucune incertitude dans le dénouement de ces étapes et a fait disparaitre toute la magie des gros coups d’antan.

Condamnés définitivement à l’ennui ?

Alors, sommes-nous vraiment promis à l’avenir à écouter religieusement Franck Ferrand décrire les secrets d’un château ou d’une église ? En tout cas, les solutions miracles n’existent pas à ce sujet. Penser les supprimer est une aberration, car il faut aussi des étapes pour les sprinteurs, ne serait-ce que pour étoffer la startlist. Les dynamiser en revanche pourrait s’avérer une idée à creuser. Par exemple, ajouter des primes de points UCI pour les échappés, voire créer un prix annexe avec un classement dédié type Intergiro. À défaut, on pourrait revoir en profondeur le prix de la combativité.

Il faudrait songer à punir aussi les abus commis dans le filtrage des échappées. Et, bien entendu, l’éternel débat de la suppression des oreillettes, ou leur utilisation uniquement à des fins informatives, pourrait revenir sur la table pour redonner cette dose de magie et d’incertitude dont ce genre d’étapes ont réellement besoin.





Pour autant, le comportement passif de certaines équipes reste le gros du problème. Avec un grand cœur, une bonne dose de panache et une volonté d’aller de l’avant, il est toujours possible de rêver et de mener une telle aventure à terme. Après tout, Mattéo Vercher et Mathieu Burgaudeau ne nous ont-ils pas prouvés aujourd’hui que la mission n’avait rien d’insurmontable, si toutes les conditions s’alignent correctement ?

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