C’était Christophe Revault
On l’a appris hier dans la soirée : Christophe Revault est mort. Dicodusport a voulu se souvenir de l’homme et du gardien passé par le Havre, le PSG, Rennes et Toulouse.
Mouvements pendulaires
Le destin de Christophe Revault n’a finalement peut-être été qu’une suite de mouvements pendulaires. D’abord celui d’un enfant de la région parisienne, né en même temps que le Paris Saint-Germain devenait professionnel. En 1988, il est repéré par le plus vieux club de France. Le Havre envoie le gamin s’entrainer à la Cavée verte, là où sont passés avant lui Michel Hidalgo et Mohammed Soukhane et où se succèderont Vikash Dhorasoo, Steve Mandanda ou Riyad Mahrez.
Au HAC, Christophe Revault se taillera une solide réputation de gardien, solide lui aussi. Un modèle de ce que la France formera de gardien toniques et talentueux dans les années 1990. D’abord doublure de Christophe Piveteau, il enchaîne à partir de 1994 trois saisons à 38 matchs de D1. Trois saisons durant lesquelles France Football le sacre meilleur gardien de D1, devant des clients comme Bernard Lama ou Fabien Barthez. De quoi achever un nouveau mouvement pendulaire : Christophe Revault revient à Paris et devient le portier numéro 1 du club parisien.
Christophe Revault et le chat Lama
Au Paris Saint-Germain aussi, sa forme suivra ce mouvement de balancier si propre aux gardiens qui naviguent avec la balle de droite à gauche puis de gauche à droite. Christophe Revault arrive au PSG alors qu’il est aux portes de l’équipe de France. Il en repartira aux portes de la dépression. Auteur de plusieurs bons matchs, on ne retient de cette saison en enfer que ses bourdes de l’automne qui coûtent des points au club de la capitale.
En C1, le PSG est éliminé en phase de poules à la différence de buts. Les 5 pions encaissés contre le Bayern et les 2 boulettes de Revault pèsent lourd dans ce bilan. Incapable de faire oublier le chat Lama, Christophe Revault est assigné à résidence sur le banc parisien, Vincent Fernandez lui est préféré. A la fin de la saison, une Coupe de France et une autre de la Ligue dans la musette, il part pour le Stade Rennais.
Légende
L’aventure au Stade Rennais commence bien puis se finit mal : 29 matchs de D1 la première saison, 19 seulement la saison suivante. Christophe Revault semble avoir perdu son mojo et sa confiance en même temps qu’il a perdu ses cheveux. Au soir de la finale de la Coupe du monde 1998, un pari les en a privé. La comparaison avec Fabien Barthez n’en est sans doute que plus cruelle.
C’est à Toulouse que la forme de Christophe Revault finira par balancer du bon côté. Sans pouvoir éviter une rétrogradation sportive puis administrative, il y endosse le rôle de patron. En National d’abord, en L2 ensuite, il enchaine les saisons à plus de 30 matchs. Il est élu meilleur gardien de L2 en 2003. Dans la ville rose, il devient une légende : en 2017, il est nommé meilleur gardien de l’histoire du Téfécé.
Repassé par Rennes, c’est au Havre que Christophe Revault finira par faire balancer le pendule de sa carrière. En 2008, nouvelle distinction : meilleur gardien de L2 derechef. C’est dans son club formateur qu’il a décidé de devenir superviseur puis entraineur, des gardiens ou de l’équipe première en fonction des mésaventures du club.
C’est au Havre qu’on l’a retrouvé hier sans vie. Il avait deux enfants à qui nos pensées vont aujourd’hui.
On vient d’apprendre. Toute notre adolescence. Un de ceux qui nous a fait aimer ce club. Un de ceux qui nous a fait aimer le foot. Aucun mot. Au revoir Christophe Revault.💜 pic.twitter.com/p84p5xdnqj
— Chez Tonton – Pastis Ô Maître (@cheztontontlse) May 6, 2021


