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Ce qu’il faut savoir sur la Super League

Robin Joanchicoy

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Ce qu'il faut savoir sur la Super League
Photo The Super League

FOOTBALL – Douze clubs européens ont décidé de défier l’UEFA en lançant officiellement la Super League européenne pour remplacer la Champions League. Tout ce qu’il faut savoir sur cette véritable révolution pour le football.

C’est officiel. Dans un communiqué diffusé le dimanche 18 avril, « douze des clubs européens les plus importants annoncent aujourd’hui avoir conclu un accord pour la création d’une nouvelle compétition, The Super League, gouvernée par ses clubs fondateurs. AC Milan, Arsenal FC, Atlético de Madrid, Chelsea FC, FC Barcelone, FC Internazionale Milano, Juventus FC, Liverpool FC, Manchester City, Manchester United, Real Madrid CF et Tottenham Hotspur se sont unis en tant que clubs fondateurs ». Le communique mentionne également que « trois clubs supplémentaires seront invités à les rejoindre avant le début de la saison inaugurale qui démarrera aussitôt que possible ». Le président du Real Madrid, Florentino Perez, s’affiche en tant que leader de cette Super Ligue européenne.

Selon une source ayant connaissance des tractations, le Bayern Munich et le Paris SG ont été approchés. Mais les deux finalistes de la dernière Ligue des champions ont refusé de participer à ce projet. La Super League a pour but de concurrencer la Ligue des Champions. Cette dernière, organisée par l’UEFA, est jugée comme moins attractive par les douze clubs fondateurs. Ils estiment notamment que les phases de poules attirent moins d’audiences à cause de la participation de nombreux clubs de niveau « inférieur ». Le manque d’audience entraîne donc une perte de profit pour ces clubs.

Une source de revenus non-négligeable

L’enjeu économique est de taille. La Super League garantit de « générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football ». « En contrepartie de leur engagement, les clubs fondateurs recevront un versement en une fois de l’ordre de 3,5 milliards d’euros destinés uniquement à des investissements en infrastructures et compenser l’impact de la crise du Covid-19 », poursuit le communiqué. En comparaison, l’ensemble des compétitions de clubs organisé par l’UEFA (Ligue des champions, Ligue Europa et Supercoupe d’Europe) avaient généré 3,2 milliards d’euros de recettes TV en 2018-2019. La Super League promet donc des recettes bien supérieures à celles obtenues par l’UEFA.

La nouvelle compétition européenne fonctionnerait sous la forme d’une saison régulière opposant vingt clubs. Les douze clubs fondateurs, trois supplémentaires qui restent à définir et cinq autres bénéficiant d’invitations « à travers un système basé sur leur performance de la saison précédente ». Au terme de la phase de poules, les trois meilleures équipes de chaque poule seront qualifiées pour les quarts de finale. Les équipes classées 4e et 5e dans chaque groupe se retrouveront en barrage aller-retour afin de déterminer les deux derniers qualifiés pour les quarts. Les quarts de finales et demi-finales se disputeront ensuite en matchs aller-retour. La finale se disputera sur terrain neutre, à la fin du mois de mai. Les matchs se tiendraient en principe en milieu de semaine, entrant donc en concurrence directe avec les cases réservées pour la Ligue des champions.

Le football européen uni contre ce projet

Les hautes instances du football européen n’ont pas tardé à s’opposer à ce projet. La Fédération internationale de football (FIFA) a réagi lundi. « La FIFA veut clarifier qu’elle se positionne fermement en faveur de la solidarité dans le football et d’un modèle de redistribution équitable », écrit-elle dans un communiqué. Sur son compte Twitter, l’Association européenne des clubs (ECA) a déclaré dimanche soir être également « fortement opposée à un modèle de Super League fermée ».

La guerre est officiellement lancée entre les hautes instances du football européen et les douze clubs fondateurs de la Super League. Ces derniers ont démissionné de tous les postes liés à l’ECA mais aussi aux postes liés au conseil d’administration, des commissions et des panels de l’UEFA. Andrea Agnelli, propriétaire et président de la Juventus, a démissionné de son poste au CA de l’ECA mais aussi de son poste au comité exécutif de l’UEFA.

Une affaire qui fait jaser

Les fédérations, les clubs, les joueurs, les supporters. Tout le monde rajoute son grain de sel. La grande majorité se mettant d’accord pour s’opposer à cette Super League. Javier Tebas, président de la Ligue espagnole, connu pour son franc-parler, a dénoncé « l’égoïsme » et « le manque de solidarité » des clubs fondateurs. « Nous envisagerons toutes les mesures à notre disposition, à tous les niveaux, judiciaires et sportifs, pour empêcher que ça arrive », annonce-t-il. Il en va de même en France pour la LFP et la FFF, qui s’opposent fermement à la compétition via un communiqué.

Boris Johnson, premier ministre du Royaume-Uni, a souligné sur Twitter un projet qui « serait très dommageable pour le football ». « Les supporters de tout club anglais et à travers l’Europe peuvent actuellement rêver que leur équipe puisse grimper au sommet et jouer contre les meilleurs clubs. Nous croyons que le concept de Super League détruirait ce rêve », a-t-il estimé. Gary Neville, ancien joueur de Manchester United, a lui aussi manifesté son opposition au projet. « C’est une honte », s’est désolé le consultant de Sky Sports. « Je suis un supporter de Manchester United depuis 40 ans et je suis dégoûté. Manchester United et Liverpool me dégoûtent ». C’est certain, cette affaire n’a pas fini d’alimenter les débats de la planète foot.

Robin Joanchicoy
  


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