Championnats du monde 2026 : quelle stratégie pour Paul Seixas et l’équipe de France ?
CHAMPIONNATS DU MONDE DE CYCLISME SUR ROUTE 2026 – Avec Paul Seixas en leader, comment la France peut-elle propulser son jeune prodige vers le maillot arc-en-ciel ?
L’absence de Tadej Pogačar change complètement la donne
Quand le chat n’est pas là, les souris dansent. Blessé après une lourde chute sur le Tour d’Espagne, Tadej Pogačar, double champion du monde en titre, ne défendra pas sa couronne. Alors qu’on pouvait presque se résigner à voir les autres coureurs jouer la deuxième place, après deux éditions où « Pogi » avait attaqué à plus de 100 kilomètres de l’arrivée, tout est relancé. Derrière le Slovène, aucun coureur ne se détache comme l’immense favori.
Pas d’immense favori, donc, mais une véritable armada de prétendants. Et Paul Seixas occupe une bonne place dans cette liste. Cinq ans déjà après le deuxième sacre de Julian Alaphilippe, un Français peut clairement rêver du maillot arc-en-ciel. Vainqueur d’une classique majeure (la Flèche Wallonne) et d’une course à étapes World Tour (le Tour du Pays Basque), le Français, qui a fêté ses 20 ans ce 24 septembre, peut s’offrir un magnifique cadeau d’anniversaire avec quelques jours de retard.
Paul Seixas, leader désigné de l’équipe de France
Thomas Voeckler, le sélectionneur de l’équipe de France, est connu pour ses choix tactiques parfois imprévisibles et souvent audacieux. Mais pour ce dimanche, les choses semblent beaucoup plus claires : Paul Seixas apparaît comme le leader numéro un des Bleus. Une situation qui rappelle davantage celle de Julian Alaphilippe lors de son premier sacre mondial en 2020 que celle de Louvain, en 2021, où l’équipe de France avait adopté une stratégie résolument offensive dès le départ.
Peu de solutions de rechange derrière le jeune Français
Cette année-là en Belgique, Thomas Voeckler pouvait compter sur Valentin Madouas et Benoît Cosnefroy, qui auraient pu être leaders dans bien d’autres sélections. Florian Sénéchal était également protégé en cas d’arrivée groupée. Cette année, pas de Benoît Cosnefroy, malgré une grande forme affichée en 2026. Si la France peut compter sur plusieurs coureurs solides, comme Alex Baudin, Valentin Paret-Peintre ou Nicolas Prodhomme, difficile d’imaginer l’un d’entre eux devenir une véritable solution de rechange en cas de coup de Trafalgar pour Seixas.

La France devra durcir la course pour éliminer les coureurs rapides
Si la France n’a pas forcément les cartes pour dynamiter la course de très loin, elle possède les hommes pour la durcir depuis le peloton, comme elle l’avait parfaitement fait en 2020. Les Bleus auront même un besoin presque impérieux de le faire. On l’a vu lors du Grand Prix de Montréal : la pointe de vitesse de Paul Seixas est plus limitée que celle de certains de ses principaux adversaires. Battu par Isaac Del Toro sur un circuit similaire à celui des Mondiaux, le jeune Français aura tout intérêt à faire la différence avant une éventuelle arrivée au sprint. Remco Evenepoel pourrait également être plus rapide dans un petit groupe.
Ce dimanche, la concurrence sera encore plus relevée. Des champions comme Mathieu van der Poel ou Wout Van Aert ne doivent surtout pas être enterrés. Le Néerlandais et le Belge disposent tous les deux d’une pointe de vitesse supérieure à celle du Français. Même constat pour Mads Pedersen, qu’on ne peut pas occulter après ses numéros dans les Alpes pour aller chercher le maillot vert du dernier Tour de France.
Seixas devra-t-il lancer la bataille de loin ?
Les Bleus devront donc passer à l’offensive et leur leader devra sans doute prendre ses responsabilités assez tôt. Sans se lancer dans un raid de 100 kilomètres, exercice presque suicidaire pour tout autre coureur que Tadej Pogačar, Paul Seixas peut s’inspirer de Julian Alaphilippe en 2021. Le Français avait lancé la bataille à près de 50 kilomètres du but, avant de multiplier les offensives.
C’est également ce que Seixas avait tenté de faire lors du Grand Prix Cycliste de Québec, avant de prendre le boomerang en pleine figure. Mais entre Québec et Montréal, deux jours plus tard, le Tricolore avait affiché un tout autre visage. Une montée en puissance qui s’est confirmée depuis avec sa troisième place sur le contre-la-montre des Mondiaux.
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Les rivalités entre favoris peuvent faire les affaires de la France
Paul Seixas peut également miser sur les intérêts parfois divergents de ses principaux adversaires pour tenter de tirer son épingle du jeu. Au sein de la sélection belge, le leadership pourrait notamment être partagé entre Remco Evenepoel et Wout Van Aert. Deux immenses champions qui rêvent du même maillot arc-en-ciel, un titre que WVA n’a encore jamais remporté sur la route.
Evenepoel, Van Aert, Van der Poel : des intérêts qui peuvent diverger
Wout Van Aert retrouvera également Mathieu van der Poel, son éternel rival. Les deux hommes se connaissent par cœur et pourraient être amenés à se surveiller si un autre favori passe à l’offensive. Mads Pedersen a lui aussi souvent tendance à construire sa course en fonction des mouvements des deux hommes.
C’est peut-être là que la France possède une véritable carte tactique. Seixas n’a aucun intérêt à attendre que les meilleurs puncheurs et les coureurs les plus rapides arrivent encore groupés dans le final. À ses équipiers de provoquer l’usure, puis au jeune Français de choisir son moment. Sans Pogačar pour écraser la course, les Bleus ont au moins une certitude : rarement le maillot arc-en-ciel aura semblé aussi accessible à autant de prétendants.
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