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Champions Cup : À Northampton, l’ASM Clermont peut-elle créer l’exploit ?

Louis Bouchardon

Publié le

Champions Cup À Northampton, l'ASM Clermont peut-elle créer l'exploit
Photo Icon Sport

CHAMPIONS CUP Ce vendredi 4 avril à 21h, un immense défi attend l’ASM Clermont Auvergne en huitième de finale de Coupe d’Europe, sur le terrain des Saints de Northampton. Les troupes de Christophe Urios seront-elles capables de réaliser l’exploit ? Voici plusieurs motifs d’espoir.

On ne va pas vous le cacher, voir l’ASM Clermont l’emporter ce soir au Franklin’s Gardens de Northampton relèverait d’un authentique exploit. Déjà parce que les Auvergnats ne se sont plus imposés en terre britannique en Champions Cup depuis le 4 avril 2021, soit quatre ans jour pour jour, lors d’un huitième de finale face aux Wasps (25-27) – un lointain souvenir pour la Yellow Army, qui avait pu exulter au bout du suspense grâce à un essai inscrit par le Japonais Kotaro Matsushima après la sirène – , mais aussi et surtout parce que leur adversaire, demi-finaliste de la dernière édition, est une véritable horlogerie, difficile à enrayer. Pourtant, plusieurs motifs d’espoir existent dans les rangs des Jaunards. Supporters clermontois, voici de quoi gonfler votre stock d’optimisme avant cette rencontre aux couteaux…

Les Saints sont descendus de leur nuage

Champion d’Angleterre et demi-finaliste de la Champions Cup en étant éliminé d’une courte tête par le Leinster (20-17), le cru 2023/2024 de Northampton, avec son jeu de mouvement parfaitement huilé, a impressionné toute l’Europe. Oui, mais voilà, l’intersaison est passée et plusieurs joueurs cadres, notamment des avants, ont quitté le navire, traversant pour la plupart la Manche pour rejoindre le Top 14 ou la Pro D2. 

À commencer par le capitaine emblématique Courtney Lawes (2ᵉ ou 3ᵉ ligne), qui s’est lancé un dernier défi à Brive après 17 saisons chez les Saints, mais aussi l’international anglais Lewis Ludlam qui a lui posé ses valises à Toulon (3ᵉ ligne), tout comme le solide Alex Moon (2ᵉ ligne) vers l’Aviron Bayonnais ou encore le Fidjien Sam Matavesi (talonneur) du côté du LOU. Si l’on ajoute à cette vague de départ la retraite des frangins Alex et Ethan Waller (piliers) et du talonneur Tom Cruse, on constate que le paquet d’avant a été décimé, perdant en poids ainsi qu’en expérience. Et on ne vous l’apprend pas, le rugby commence toujours devant.

Si au niveau de la ligne arrière, les combinaisons et la vitesse d’exécution font toujours des dégâts, les fondamentaux, qui servent de rampe de lancement, sont cette saison moins productifs. Les résultats parlent d’eux-mêmes  : Northampton est à ce stade 8ᵉ sur 10 de Premiership avec un bilan négatif de huit défaites pour cinq victoires et ne pourra probablement pas accéder aux demi-finales du championnat pour défendre son titre. Éliminés en quart de finale de Cup par le club londonien d’Ealing Trailfinders (D2 anglaise), les Saints sont clairement redescendus de leur nuage. 

Proposer un défi physique

La mauvaise nouvelle pour Clermont, c’est que les Britanniques misent désormais tout sur cette Champions Cup, en alignant l’équipe la plus compétitive possible. Autour de sa talentueuse charnière Mitchell-Smith qui s’est aguerrie au niveau international, avec son redoutable triangle arrière et ses joueurs infatigables que sont Juarno Augustus en 8 et le jeune prodige Henry Pollock en flanker pour ne citer qu’eux, les Saints restent cliniques et qu’on se le dise, seul un match XXL durant 80 minutes pourrait permettre aux Clermontois de franchir l’obstacle. 

Mais la formation britannique possède, selon nous, un talon d’Achille exploitable cette saison : un léger déficit de puissance. Face à des équipes qui aiment proposer un défi physique, en usant du jeu à une passe dans l’axe, des doubles poussées en mêlée et des ballons portés, les Anglais furent souvent à la peine. Face notamment à Bath en championnat ou au Munster en Champions Cup, deux équipes très denses, Northampton avait souffert dans ces domaines, une piste qui a grandement dû inspirer Christophe Urios au moment de préparer son match.





Et si Clermont est loin d’être à son meilleur niveau, ça tombe bien, sa grande force réside justement dans la puissance de son huit de devant et dans son impact physique. Le rythme de la rencontre sera l’une des clés : suivre la cadence infernale des Saints conduirait à un naufrage, tandis qu’imposer son tempo en tapant sur la ligne adverse avec ses gros porteurs (Sowakula, Moala, Lee…) tout en ralentissant les rucks anglais, permettrait à l’ASM d’exister dans le Franklin’s Gardens.

La pression est anglaise

En venant à bout du Stade Rochelais le week-end dernier (33-17), Clermont a mis fin à une spirale négative de cinq défaites d’affilée, et a surtout pris un gros bol d’air au classement. C’est donc délestés de cette constante pression que le Top 14 impose et avec une réserve d’oxygène remontée à la hausse, que les Auvergnats se rendent en Angleterre. Les Saints, quant à eux, jouent leur saison sur cette compétition et n’ont pas le droit à l’erreur.

Dans la peau de l’outsider qui lui sied à merveille (défaite de peu à Bordeaux, accrocheur à Bath malgré un carton rouge rapide), l’ASM est capable de contrecarrer les plans de la bande à Fraser Dingwall. Il faudra que Clermont se montre discipliné, efficace face aux perches, en mêlée fermée et en touche, pragmatique dans les zones critiques, agressif en défense et que les finisseurs soient au niveau… Ça fait beaucoup de conditions, c’est vrai, mais après tout, n’est-ce pas à travers les exploits que l’on écrit sa légende ?

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