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Chronique tricolore : Marie Bochet, une skieuse hors du commun

Maxime Boulard

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Chronique tricolore - Marie Bochet, une skieuse hors du commun
AFP

Skieuse alpin handisport, Marie Bochet a fait de son handicap une force. Véritable légende, elle a révolutionné sa discipline dès son plus jeune âge. Depuis ses premiers Jeux Paralympiques en 2010 à seulement 16 ans, elle a absolument tout remporté, plusieurs fois. Aujourd’hui, elle compte plus de 150 victoires internationales, ce qui fait d’elle la skieuse française la plus titrée.

Ses débuts et des premiers Jeux frustrants

Marie Bochet est née le 9 février 1994 à Chambéry. Dès sa naissance, on lui diagnostique une agénésie de l’avant-bras gauche, c’est-à-dire une absence ou malformation du membre. Elle découvre le ski vers 5 ans grâce à son grand frère et adhère ensuite au club des Saisies. D’abord en compétition contre des skieurs valides, elle rejoint à 12 ans, le club handisport d’Albertville où elle évoluera jusqu’au haut niveau.

Alors qu’elle a intégré le lycée un an plus tôt, Marie Bochet est sélectionnée pour participer aux Jeux Paralympiques de Vancouver 2010. Si à 16 ans elle est surtout là pour prendre de l’expérience, ses premiers Jeux resteront frustrants pour elle. En effet, elle échoue par deux fois au pied du podium en terminant 4ème du combiné alpin et du slalom. À cela, elle ajoute une 7ème place en géant et deux 8èmes places en Super-G et descente. Des résultats plus que corrects, après lesquels elle se promet de travailler encore plus pour faire mieux en 2014.

Premières médailles et premiers gros globes

L’année 2011 lui permet d’éclore au grand jour. Elle participe alors à ses premiers championnats du monde à Sestrières (Italie) où elle remporte 4 médailles. En épreuves individuelles, elle devient vice-championne du monde de descente et de Super-G et remporte le titre en géant. Et pour couronner le tout, elle remporte le titre mondial par équipes avec ses coéquipiers de l’équipe de France. Cette même année, Marie Bochet remporte son premier gros globe de cristal du classement général ainsi que les petits globes de slalom et géant. Les premiers d’une longue série ! La saison suivante, en 2012, elle confirme sa domination en décrochant son second gros globe de cristal consécutif, mais aussi ceux du slalom et de combiné.

2013-2016, domination sans partage

À seulement 18 ans, elle est déjà la meilleure de sa catégorie. Pour sa troisième saison en Coupe du monde, Marie Bochet doit céder son trône à sa meilleure concurrente de l’époque, l’Allemande Andrea Rothfuss. Elle parviendra tout de même à prendre le petit globe de la descente et la deuxième place au général. Cependant, l’objectif principal de la saison était ailleurs, à La Molina (Espagne) pour les championnats du monde. La skieuse de Chambéry a bien fait puisqu’elle réalisera un quintuplé historique en remportant les 5 épreuves (descente, super-g, géant, slalom, combiné). À la fin de cette saison, et après avoir concilié sport plus études, elle obtient son baccalauréat Economique et Social.

Sélectionnée pour les Jeux Paralympiques de Sotchi en 2014, elle aborde la compétition avec le sentiment d’inachevé de Vancouver. Cette fois, elle ne se rate pas et ne gagne pas seulement un titre, mais 4 ! Elle devient championne paralympique de descente, de super-g, de combiné et de géant. Elle partage même par deux fois le podium avec sa compatriote Solène Jambaqué. Cette performance exceptionnelle a été le début de la reconnaissance du grand public. En fin de saison, elle remporte également son troisième gros globe de cristal.

À partir de 2015, les superlatifs commencent à manquer. Toujours pas rassasiée, Marie Bochet réalise la saison parfaite. Elle remporte une quatrième fois la Coupe du monde et 3 petits globes supplémentaires. Si réaliser le grand chelem au Mondiaux était déjà inouï, elle repousse les limites du réel en le faisant une deuxième fois aux Mondiaux de Panorama (Canada) en 2015. Les années se suivent et se ressemblent pour la skieuse tricolore. Lors de la saison 2015-2016, elle réalise l’exploit de remporter toutes les courses auxquelles elle a pris part et dépasse les 50 victoires en carrière. Au terme de cette saison, une nouvelle fois dantesque, elle s’adjuge logiquement tous les globes mis en jeu.

Des médailles à n’en plus finir

Une fois n’est pas coutume, l’année 2017 n’est pas vraiment réussie, bien que beaucoup se contenteraient de cette saison. En Coupe du monde, elle n’a pas pu défendre ses chances, elle ne termine que 6ème du général et ne remporte aucun globe. Cependant, comme toutes les années impaires, les Mondiaux de ski alpin sont organisés à Tarvisio (Italie). Après deux quintuplés en or, Marie Bochet est enfin battue, malgré l’argent en géant et en slalom, elle remporte tout de même le titre en descente, Super-G et combiné.

Après une année de Coupe du monde moyenne, la Française repart en 2018 avec les Jeux de Pyeongchang en ligne de mire. Porte-drapeau, elle se devait de montrer l’exemple et elle l’a fait. Comme à Sotchi, elle réalise un quadruplé doré où elle remporte, entre autres, le titre en slalom qui lui avait échappé quatre ans auparavant. À le suite de ces Jeux, elle renouera avec le gros globe de cristal, son sixième.

Après 2013 et 2015, Marie Bochet confirme l’adage jamais deux sans trois, en prenant les cinq titres mondiaux individuels à Kranjka Gora et Sella Nevea. Une performance extraordinaire qu’elle rend pratiquement banale tellement elle est au-dessus de ses concurrentes. Par le suite, elle remporte, presque logiquement, la Coupe du monde ainsi que trois petits globes. L’an dernier, malgré une saison raccourcie à cause du Covid-19, elle est parvenue à glaner un huitième globe de cristal.

Un palmarès inégalable

Au cours de ses 10 premières années de carrière, Marie Bochet s’est construit un des plus grands palmarès du sport tricolore, et elle n’a que 26 ans.

  • 27 victoires en Coupe d’Europe (36 podiums)
  • 98 victoires en Coupe du monde (104 podiums)
  • 8 gros globes de cristal, 21 petits globes
  • 20 médailles d’or et 4 argent aux mondiaux
  • 8 médailles d’or paralympiques

Maxime Boulard


Si mon plus vieux souvenir de sport aurait pu m'en dégoûter, la finale de la Coupe du monde 2006 a été tout le contraire. Véritable déclencheur d'une passion qui aujourd'hui ne fait que grandir avec le temps, mon leitmotiv est la France qui brille ! Je relate les exploits passés et présents du sport bleu-blanc-rouge sans ménagement. Sport valide ou handisport, aucune différence, il n'y a que du sport et plusieurs façons de le pratiquer.

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