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Cyclisme sur route

Comment Tadej Pogacar peut-il remporter le Tour des Flandres 2023 ?

Etienne Goursaud

Publié le

Tour des Flandres 2023 : Comment Pogacar peut remporter la course ?
Photo Icon Sport

TOUR DES FLANDRES 2023 – Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) a buté sur Wout Van Aert et Mathieu van der Poel sur le Grand Prix E3 vendredi dernier. Tout comme il avait déjà coincé face au Néerlandais l’an passé sur le Ronde. Que doit faire le Slovène pour espérer renverser la table sur l’édition 2023 ?

Encore une fois, Tadej Pogacar a montré qu’il était fort sur les pavés. Mais une fois de plus, le polyvalent coureur slovène s’est heurté à un os. Un an après avoir subi la loi de Mathieu van der Poel (Alpecin-Deceuninck) sur le Tour des Flandres 2022, le coureur de la UAE Team Emirates s’est fait battre, cette fois-ci par Wout Van Aert (Jumbo-Visma), et donc le Néerlandais, deuxième derrière le Belge.

Pourquoi Pogacar a-t-il perdu le GP E3 ?

Bien que véloce au sprint et capable de régler des petits groupes pour la victoire, comme il l’avait montré sur les routes de Laruns au Tour de France 2020 ou à l’occasion Liège-Bastogne-Liège en 2021, Tadej Pogacar doit affronter deux monstres dans la catégorie. Wout Van Aert est un coureur capable de remporter des sprints massifs sur le Tour de France, comme il l’a fait sur les Champs-Elysées en 2021, ou sur les routes d’Albi lors du Tour 2019. Un peu moins véloce que le Belge, Mathieu van der Poel a cependant réussi à battre ce dernier en confrontation directe. Notamment lors du Tour des Flandres 2023.

A priori, Tadej Pogacar ne peut pas dominer les deux coureurs en cas de sprint, et le final de l’E3 Saxo-Bank Classic confirme cette impression. Il a eu beau lancer en premier, il s’est fait déborder par les deux autres monstres du cyclisme actuel, et a semblé impuissant. Pour gagner, il doit a minima, s’il n’arrive pas en solitaire, se débarrasser de ses encombrants compagnons. Mais comment faire, tant Wout Van Aert et Mathieu van der Poel semblent très forts sur les monts pavés ?

Tadej Pogacar doit faire exploser la course

Les deux plus grandes qualités du Slovène sont ses attaques très tranchantes et la capacité à les reproduire encore et encore. Si sur le Tour de France 2022, cela n’avait pas suffi pour écœurer Jonas Vingegaard, on avait tous été très impressionnés par la capacité du vainqueur des Tours 2020 et 2021 à répéter les efforts courts et soutenus, parfois très loin de l’arrivée. Comme vers Peyragudes et Hautacam l’été dernier. Pour se retrouver seul au monde avec le Danois.

C’est peut-être une clé ! Ce vendredi, ce n’est pas lui qui a lancé les hostilités. Mathieu van der Poel a lâché deux grandes offensives à 80 et 57 kilomètres de l’arrivée. Sur lesquelles le Slovène a d’abord été à contretemps, avant de déclencher lui-même, dans une configuration qu’il adore. Mais le fait d’avoir été à contretemps lui a sans doute coûté de l’énergie. Néanmoins, dans le Vieux-Quaremont, il a décroché Wout Van Aert. Avant que ce dernier ne recolle.





Surtout, Tadej Pogacar a déjà construit de grands succès sur des offensives lointaines. On se souvient l’avoir vu se déchaîner dans le Col de Romme, lors du Tour 2021. S’il ne gagne pas l’étape, il plie dès la première étape de montagne, cette Grande Boucle. On se rappelle, la même année, d’une attaque à 40 kilomètres de l’arrivée, pour forger son succès sur le Tour de Lombardie. L’an passé, c’est à plus de 50 kilomètres de l’arrivée qu’il a posé la première brique de sa victoire sur les Strade Bianche.

Compter sur les antagonismes

Tadej Pogacar est un grand favori du Ronde, mais sans doute un cran en-dessous des deux coureurs qui l’ont dominé sur l’E3 Saxo-Bank Classic. Maintenant, il peut aussi profiter de la rivalité entre les deux meilleurs ennemis, qui s’est sans doute renforcée après la course vendredi. Si le Slovène parvenait à prendre dix mètres d’avance, qui boucherait le trou pour l’autre ? Aucun des deux, sans doute. On pourrait alors assister à un enterrement de première classe.

De plus, si la possibilité qu’a le Slovène de lancer la course de loin est réelle, ce n’est pas son seul atout. Tadej Pogacar peut aussi profiter des circonstances de course. Certains coureurs vont sans doute anticiper la bagarre pour prendre de l’avance. Et le coureur de la UAE Team Emirates serait bien inspiré de prendre les bonnes roues, profiter d’avoir un groupe avec lui. Et réussir à faire l’union dans le groupe. D’autres auront sans doute intérêt à rouler avec lui. Car même s’ils venaient à se faire lâcher, ils pourraient assurer des places d’honneur qu’ils n’auraient pas forcément eues en cas de schéma classique de course.

Mais dans tout les cas, il faudra un immense Tadej Pogacar pour le voir lever les bras sur le Ronde, le 2 avril prochain. Ce serait son troisième Monument différent, après Liège en 2021, et le Tour de Lombardie en 2021 et 2022. À 24 ans, seulement.

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