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Cyclisme sur route

Complètement dingue : Paul Seixas lamine la concurrence sur la 2e étape du Tour du Pays Basque

Etienne Goursaud

Publié le

Complètement dingue Paul Seixas lamine la concurrence sur la 2e étape du Tour du Pays Basque (1)
Photo via Decathlon CMA CGM

TOUR DU PAYS BASQUE 2026 – Parti à 27 kilomètres de l’arrivée, Paul Seixas (Decathlon CMA CGM) remporte sa deuxième victoire consécutive sur les routes basques, laminant la concurrence.

Lâchez tous les superlatifs que la riche langue française connaît. On veut s’extasier et on doit s’extasier. On n’a jamais été aussi près de voir un Français succéder à Christophe Moreau, dernier vainqueur français d’une course à étapes World Tour. Son potentiel successeur, Paul Seixas, n’avait qu’un an !

Ce qu’il vient de réaliser sur cette deuxième étape du Tour du Pays Basque, aucun suiveur de moins de 40 ans ne l’a vu chez un Français. On peut ressortir les archives : Jean-François Bernard sur le Ventoux en 1987, éventuellement Luc Leblanc lors de la mythique étape des Arcs en 1996.

Un Français qui broie la concurrence, avec tout le monde repoussé à 1:30 sur l’étape. Il ne faut pas minimiser l’exploit. La France tient son crack, celui capable de remporter les plus grands succès. Comme depuis le début de la saison, à chaque fois qu’il était attendu, il a réussi à faire mieux que les attentes les plus folles. Une course, un exploit, et la même question qui revient invariablement : quelles sont ses limites ? Nul ne le sait, si ce n’est qu’elles semblent totalement démesurées.

Sept hommes à l’avant, Bruno Armirail offensif

Au lendemain de la prise de pouvoir de Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), la première échappée de cette édition 2026 du Tour du Pays Basque avait fière allure, avec quelques coureurs qui ont déjà brillé dans de grandes courses.

Comment ne pas penser à l’ex-prodige britannique Ethan Hayter (Soudal Quick-Step), ou au héros de la première étape du Tour de France 2024 Frank van den Broek (Team Picnic PostNL). Ils étaient d’abord accompagnés d’Adrián Fajardo (Burgos Burpellet BH), Joan Bou (Caja Rural – Seguros RGA) et Iker Mintegi.



Avant que, après près de 20 km de poursuite, deux costauds ne rejoignent le groupe de tête : Bruno Armirail (Visma-Lease a Bike), jamais le dernier à envoyer des watts quand il est à l’avant et qui aura de la liberté toute la semaine au sein de la formation néerlandaise, le mieux placé du groupe à 50 secondes de son compatriote, ainsi que Raúl García Pierna (Movistar). On notera que Paul Seixas, lui-même, a filtré les échappées. Et ce n’est que le début pour son équipe.



Decathlon CMA CGM contrôle

Car, avec sept hommes à l’avant, dont de solides rouleurs-grimpeurs encore frais en ce début d’épreuve, le groupe a été pris très au sérieux par le peloton. L’échappée n’a ainsi jamais bénéficié de plus de 2:45 d’avance. Après 50 km de course, l’écart est même retombé à 1:25. De quoi refroidir les ambitions des hommes de tête.

La formation Decathlon CMA CGM, au lendemain de sa prise de pouvoir, avait clairement coché l’étape afin de réaliser un doublé et conforter le maillot de leader du jeune tricolore. Elle a donc décidé de contrôler la course sans prendre de risques. La formation française s’est déployée dès le début de la journée pour imprimer un rythme soutenu.

Les chutes ont émaillé la course, comme souvent sur l’épreuve. Guillaume Martin Guyonnet (Groupama-FDJ United), puis Kévin Vauquelin et Axel Laurance (INEOS Grenadiers) ont été concernés. Le premier cité a été bien touché, alors que les deux autres, malgré un vol spectaculaire, s’en sont mieux sortis.

La Lidl-Trek montre les muscles, Paul Seixas plante tout le monde

La guerre des nerfs a commencé dès le pied de l’avant-dernière montée, celle de San Miguel de Aralar, la plus rude de la journée. Un effort de près de 25 minutes en forme de test pour les favoris, et une bataille psychologique qui va vite tourner court. Lidl-Trek a vissé sur le premier kilomètre avant que Decathlon CMA CGM ne reprenne les commandes. Autant pour impressionner le peloton que pour mettre en confiance Paul Seixas. À ce moment-là, on a compris pourquoi la formation française avait roulé toute la journée.

Un rythme infernal pendant près de deux kilomètres, avant l’attaque « pogacaresque » de Paul Seixas à 6,5 kilomètres du sommet. Personne ne peut résister au Tricolore. Du côté français, il faut sans doute remonter à Laurent Fignon en 1984 pour voir un Français écraser autant ses adversaires en montagne. Tandis que Juan Ayuso (Lidl-Trek) sombre alors même que son équipe avait fait le pied de la montée.

Derrière, la poursuite est menée par Isaac Del Toro (UAE Team Emirates-XRG), avec Clément Champoussin (XDS-Astana), Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), Primož Roglič et Florian Lipowitz (Red Bull – BORA – hansgrohe), Cian Uijtdebroeks (Movistar), Ion Izagirre (Cofidis), Alex Baudin (EF Education-EasyPost) et Ben Tulett (Visma-Lease a Bike).

Mais personne ne parvient à réduire l’écart. Pire pour eux, ils basculent à 50 secondes du Français. Le groupe de contre se scinde même en deux, dans lequel Del Toro se retrouve piégé à l’arrière. Le Mexicain, favori sur le papier au départ de la course, perdra gros.

Mike Landa chute lourdement

Car rien ne va contrarier la marche impériale du Français, qui creuse encore l’écart dans la descente. Une descente fatale à Mikel Landa (Soudal-Quick Step), victime d’une énorme chute. Le Basque est durement touché, comme trop souvent dans sa carrière. Impérial dans l’avant-dernière montée, Paul Seixas accentue encore les écarts. Il s’impose avec 1:31 d’avance sur Mattias Skjelmose. Un gouffre. Ce soir, le Français possède plus de deux minutes d’avance sur son plus proche poursuivant, Primož Roglič, 3ème de l’étape et qui a encore montré qu’il faudrait compter sur lui.

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