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Coupe du monde de biathlon

Coupe du monde de biathlon : Jacquelin, Perrot, Fillon Maillet, les notes des Bleus

Flo Ostermann

Publié le

Coupe du monde de biathlon Jacquelin, Perrot, Fillon Maillet, les notes des Bleus
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COUPE DU MONDE DE BIATHLON 2023-2024 – La saison de biathlon est donc terminée. Il est temps de faire le bilan de l’équipe de France, qui a brillé durant trois mois et demi, avec 52 podiums décrochés, record battu. On commence avec les notes des Bleus.

On a eu peur du zéro pointé en termes de podiums pour cette équipe de France masculine de biathlon. Irréguliers, sur courant alternatif donc, dépassés par la force de frappe norvégienne, les hommes de Simon Fourcade, entraîneur des Bleus depuis le printemps dernier, ont dû attendre la fin de saison pour monter sur la boîte individuellement. Un compteur ouvert par Quentin Fillon Maillet sur la mass start des Mondiaux à Nove Mesto.

Paradoxalement, le Jurassien est celui qui a sans doute le plus déçu après ces championnats du monde, par son statut. Avec six podiums individuels (Mondiaux + Coupe du monde) et une médaille de bronze sur les relais des championnats du monde, le butin peut paraître maigre pour les Français, mais des motifs d’espoir existent.

Biathlon : Les notes des Bleus

Éric Perrot – 8/10

Le + : Sa fraîcheur, en course et à l’extérieur. Pour sa première saison complète en Coupe du monde, il n’a pas eu froid aux yeux. Engagé sur le pas de tir, en progression sur la piste, le biathlète de 22 ans a parachevé sa belle saison avec son premier succès sur le circuit, à l’occasion du sprint de Soldier Hollow (USA). Il décrochera un second podium à l’occasion de la poursuite de Canmore (Canada). Solide sur les différents relais auxquels il a participé, dont le mixte des Mondiaux, avec la médaille d’or au bout.

Le – : Un tir encore trop irrégulier. Sans prendre en compte le contexte des différentes courses, ses statistiques face aux cibles sont un poil inférieures à celles de la saison passée (81 % au couché, 84 % au debout, contre respectivement 83 % et 86 % la saison dernière). Mais c’est aussi le risque d’un tir engagé.

En bref : Saison aboutie pour le Savoyard. Onzième du classement général, avec onze top 10, deux podiums dont un succès, Éric Perrot, ambitieux à souhait, a montré des garanties en vue de la saison prochaine, où il briguera le dossard bleu de meilleur jeune. Surtout, sa fraîcheur physique et mentale en fin de saison laisse présager un été constructif pour celui qui incarne, à l’heure actuelle, l’avenir du biathlon masculin tricolore, le vivier derrière lui étant encore beaucoup trop tendre.





Émilien Jacquelin – 7/10

Le + : Sa fin de saison en fanfare. Début mars, avant d’entamer l’étape d’Oslo (Norvège), l’Isérois pointe en fond de top 15 au classement général de la Coupe du monde. Trois étapes et sept courses plus tard, le voilà sixième de ce même général et premier non-norvégien, empêchant un sextuplé scandinave évidemment inédit. À Soldier Hollow puis à Canmore, il a retrouvé un niveau impressionnant sur les skis, en plus d’un tir plus propre. Résultat, sur les cinq courses individuelles nord-américaines, il n’a pas quitté une seule fois le top 4, avec trois podiums à clé (deuxième du sprint américain, troisième de la poursuite de Soldier Hollow et de la mass start de Canmore). Solide, et rassurant.

Le – : Sa fragilité. Soyons honnêtes, pas grand monde n’avait mis une pièce sur une fin de saison pareille pour le Grenoblois. Sa première partie d’exercice est mauvaise. Sur les trois premières escales du circuit mondial (Ostersund, Hochfilzen et Lenzerheide), son meilleur résultat est une sixième place sur la poursuite autrichienne. Pour le reste, les contre-performances s’enchaînent. Il faudra attendre le mois de janvier pour voir le double champion du monde de la poursuite sortir de sa torpeur, avec des cérémonies des fleurs qui s’empilent. Ses Mondiaux ne sont pas catastrophiques, loin de là (5ème de l’individuel, entre autres), mais il reste encore fragile derrière la carabine. On retiendra aussi ses contre-performances sur certains relais cette saison.

En bref : Le biathlon n’est pas un long fleuve tranquille, et Émilien Jacquelin le sait mieux que personne. Tout au long de la saison, il n’a eu de cesse de répéter qu’il était en reconstruction. Lentement, mais surement, il a retrouvé un niveau qui lui correspond davantage. S’il doit encore faire face à ses démons face aux cibles, avec des pourcentages de réussite encore friables (83 % au couché, 75 % au debout), la tournée nord-américaine a amené quelques bases plus qu’intéressantes en vue de la saison prochaine. « Je peux partir l’esprit léger en vacances », disait-il hier soir au micro de La chaîne L’Équipe. Avant de revenir en préparation avec quelques certitudes.

Quentin Fillon Maillet – 6/10

Le + : Ses Mondiaux. De l’or sur les deux relais mixtes, du bronze sur la mass start, une cérémonie des fleurs sur l’individuel : Nove Mesto a redonné un peu le sourire au Jurassien. Une forme retrouvée sur les skis et un tir davantage dans ses standards, bref, QFM a plutôt été à son avantage sur les courses tchèques. S’il n’a pas pu bousculer l’hégémonie norvégienne, il aura eu le mérite de ne rien lâcher durant les 10 jours de compétition.

Le – : Son tir couché. Sa statistique pour cette saison 2023/2024, au tir couché, plombe en grande partie son bilan. 82 %, c’est forcément trop faible à ce niveau. Surtout, cela lui a gâché plus d’une course au cours de la saison, le Jurassien ayant dû courir après les autres en confrontation directe (notamment sur les poursuites), la faute à des sprints souvent moyens en raison de cette friabilité sur le tir couché. On retiendra aussi sa bévue sur le sprint de Soldier Hollow. Un tour de pénalité non effectué à l’issue du tir debout, débouchant sur une pénalité de deux minutes, alors qu’il jouait a minima un podium. Bref, en Coupe du monde, pas grand-chose n’a souri au vainqueur du gros globe en 2022.

En bref : Le bilan est forcément moyen pour QFM. Si on ne pourra jamais lui enlever sa ténacité, il a failli cette saison. Preuve en est, il obtient son plus mauvais classement général (16ème) depuis la saison 2016-2017 (20ème). Jamais dans le jeu pour ne serait-ce un petit globe (7ème au classement de la mass start), Fillon Maillet achève l’exercice 2023-2024 avec beaucoup de regrets. S’il veut (re)jouer les premiers rôles la saison prochaine, il va devoir retrouver les ingrédients qui ont fait de lui l’un des meilleurs biathlètes au monde, il y a deux saisons.

Fabien Claude – 5/10

Le + : Ses poursuites. Le Vosgien est le roi des remontées fantastiques sur les poursuites cette saison. Hors du coup sur les sprints (seule une 7ème place à Ostersund fait office de cas à part), Fabien Claude s’est déchaîné sur le format de la poursuite. Visez un peu : 45ème du sprint et 26ème de la poursuite à Hochfilzen, 28ème du sprint et 6ème de la poursuite à Oberhof, 26ème du sprint et 10ème de la poursuite aux Mondiaux, 37ème du sprint et 17ème de la poursuite à Soldier Hollow, 35ème du sprint et 10ème de la poursuite à Canmore. Forcément, ces résultats doivent nourrir beaucoup de regrets chez celui qui a aussi été un relayeur fiable cette saison. Quelques éclaircies au milieu d’une saison trop moyenne.

Le – : Son irrégularité. Et ses remontadas sur les poursuites, après des sprints catastrophiques, le prouvent. Fabien Claude est capable du meilleur comme du pire. Stable sur le tir debout et sur la vitesse à ski par rapport à la saison passée, c’est sur le tir couché que le natif d’Épinal aura laissé des plumes. Une irrégularité qui l’aura privé de podiums individuels à plusieurs reprises, devant se contenter de trois cérémonies des fleurs.

En bref : Saison moyenne pour Fabien Claude. Jamais dans le jeu, ne serait-ce que pour un petit globe, sa 18ème place au classement général marque la fin d’une progression linéaire pour le Vosgien (14ème en 2021-2022, 10ème en 2022-2023). Ses coups d’éclat sur les poursuites ne font que donner un peu de relief à un exercice marqué par des performances trop inégales. Plafond de verre ou déclic mental pas encore trouvé ? À 29 ans, le temps presse un peu pour lui.

Fabien Claude, une saison moyenne pour le Vosgien

Fabien Claude, une saison moyenne pour le Vosgien – Photo Icon Sport

Les Europe redonnent le sourire à Guigonnat, Lombardot encore trop tendre

Le reste du contingent tricolore, qui a disputé une grande partie de la Coupe du monde, est représenté par deux biathlètes : Antonin Guigonnat et Oscar Lombardot. Le premier cité a vécu une saison en montagnes russes. Plombé par des problèmes de dos en début de saison et en difficulté sur la piste, Guigonnat a été rétrogradé au niveau inférieur, en IBU Cup, avec réussite. Sur le podium à Ridnaun (Italie), sur la mass start et le relais mixte, le biathlète de 32 ans a ensuite remporté le titre de champion d’Europe du sprint à Brezno (Slovaquie). Privé de Mondiaux, son retour en Coupe du monde en mars aura été positif, avec des performances intéressantes à Oslo.

Pour Oscar Lombardot, la saison est forcément contrastée. Arrivé sur le circuit Coupe du monde en janvier, le natif de Pontarlier (23 ans), n’aura couru que huit courses, avec comme meilleur résultat, une 16ème place sur l’individuel court d’Antholz (Italie). Pas aligné une seule fois aux Mondiaux de Nove Mesto, il va néanmoins tirer de gros enseignements en vue de la saison prochaine.

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