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Coupe du monde de biathlon

Coupe du monde de biathlon : Jeanmonnot, Simon, Braisaz-Bouchet, les notes des Bleues

Flo Ostermann

Publié le

Coupe du monde de biathlon Jeanmonnot, Simon, Braisaz-Bouchet, les notes des Bleues
Photo Icon Sport

COUPE DU MONDE DE BIATHLON 2023-2024 – La saison de biathlon est donc terminée. Il est temps de faire les bilans de l’équipe de France féminine. Notes et appréciations, c’est l’heure du conseil de classe ! 

Historique, la saison de l’équipe de France féminine. Sur les courses individuelles d’abord, Coupe du monde et Mondiaux confondus, les Bleues auront décroché pas moins de 34 podiums en 25 courses. Lors de 13 d’entre elles, il y a eu, au minimum, deux biathlètes françaises sur le podium, dont le fameux triplé du sprint des Championnats du monde à Nove Mesto. On retiendra aussi le titre mondial historique sur le relais féminin aux Mondiaux. Le 10/10 n’est donc pas loin pour les Françaises cette saison !

Biathlon : Les notes des Bleues 

Julia Simon – 9/10

Le + : Ses Mondiaux. Cinq médailles dont quatre titres, un doublé sprint-poursuite, Julia Simon a été irrésistible à Nove Mesto. Efficace sur les skis, engagée comme jamais derrière la carabine, elle n’a laissé que des miettes à ses adversaires. Simon est désormais la biathlète française totalisant le plus de médailles d’or aux championnats du monde. Tout sauf un hasard. Une dame des grands rendez-vous, et un vrai mental d’acier.

Le – : Son début de saison. On parlait de mental d’acier précédemment, mais ce dernier a pourtant été ébranlé en début d’exercice. En difficulté à Ostersünd, son été agité, marqué par une garde à vue, puisque soupçonnée de fraude à la carte bancaire après deux plaintes déposées, dont une de Justine Braisaz-Bouchet, a laissé des traces. Si en championne qu’elle est, elle a réussi à redresser la barre et à truster les podiums, elle a été moins souveraine sur le pas de tir au cours de cette saison. Toujours aussi efficace au couché, elle a, en revanche, laissé des plumes (et des points) sur ses tirs debout, passant de 85 % à 81 % de réussite. À ce niveau, cela se ressent forcément.

En bref : Il faut le dire. La saison de Julia Simon reste excellente. Ses Mondiaux en or massif mettant forcément beaucoup de relief à son bilan global. Mais sur le circuit de la Coupe du monde, elle n’aura pas donné sa part au chien. Six podiums individuels, dont deux succès, une cinquième place au général avec un début de saison délicat et dans le jeu pour obtenir deux petits globes jusqu’au dernier tir. Bref, il ne lui aura pas manqué grand-chose pour aller encore plus haut dans la hiérarchie mondiale.

Lou Jeanmonnot – 9/10

Le + : Sa régularité. Elle est là, la grande force de Lou Jeanmonnot. Coupe du monde et Mondiaux confondus, elle totalise 16 cérémonies des fleurs sur les épreuves individuelles. Royale à Ostersünd avec un doublé sprint-poursuite, elle a conclu sa saison par un triptyque Oslo-Soldier Hollow-Canmore monumental. Hormis l’individuel norvégien (13ème), elle ne sera jamais descendue du podium sur les six dernières courses de la saison, avec, à la clé, deux succès (poursuite de Soldier Hollow et mass start de Canmore). Une régularité récompensée par son premier petit globe, sur la mass start, et une deuxième place au classement général de la Coupe du monde, à 23 points de Lisa Vittozzi. Et dire qu’elle a dû faire l’impasse sur le sprint et la poursuite de Lenzerheide pour cause de maladie…





Le – : Des Mondiaux un poil frustrants. Soyons clairs, on pinaille. Car Lou Jeanmonnot est repartie de Nove Mesto avec deux titres (sur les deux relais mixtes), et deux médailles de bronze individuelles (sprint et mass start). Une magnifique récolte pour n’importe quelle biathlète. Mais on a parfois senti une légère frustration chez la Doubiste, notamment à l’issue des épreuves de l’individuel et de la poursuite, respectivement 6ème et 7ème sur ces courses. Mais, on vous l’a dit, c’est vraiment pour chercher la petite bête.

En bref : Que dire ? Pour sa deuxième saison pleine en Coupe du monde, la native de Pontarlier a crevé l’écran. Sans ses deux courses manquées pour maladie en Suisse, elle aurait bataillé jusqu’au tout dernier tir de la saison pour le gros globe. Pour le reste, elle a fait preuve de solidité et de panache, que ce soit sur les courses individuelles ou les relais, avec des performances de haut niveau en premier étage de la fusée tricolore. Ses statistiques au tir parlent pour elle : 94 % de réussite au couché, 90 % au debout. Régulièrement parmi les meilleurs temps de ski, Lou Jeanmonnot sera sans aucun doute l’une des grandes favorites pour le classement général la saison prochaine, si ce n’est LA grande favorite.

Justine Braisaz-Bouchet – 9/10

Le + : Son retour au top. Qui aurait pu parier sur une telle saison pour la biathlète des Saisies ? De retour d’une pause maternité, apaisée, elle a énormément travaillé, mentalement et physiquement, pour être compétitive dès son retour à la compétition. En mode diesel à Ostersünd (21ème de l’individuel, 24ème du sprint et 15ème de la poursuite), elle est ensuite montée en puissance, jusqu’à son chef-d’œuvre à Lenzerheide : un incroyable triplé sprint-poursuite-mass start. Victorieuse sur le sprint de reprise à Oberhof en janvier, elle aura joué le gros globe jusqu’au bout. Et puis ses Mondiaux… Une vraie merveille. Cinq médailles, dont trois titres, sur les relais mixte et féminin, ainsi que sur la mass start, définitivement SON format. Onze podiums dont six succès, toutes compétitions confondues. On retiendra aussi son passage incroyable sur le relais féminin des Mondiaux. Une vraie pépite !

Le – : Son mois de janvier. C’est le seul couac de sa saison exceptionnelle, qui lui coûte sans doute le Graal en fin de saison. Après ses deux podiums à Oberhof, JBB a quelque peu flanché sur les étapes de Ruhpolding et Antholz. Rattrapée par la fatigue d’un début d’exercice ébouriffant. Une 7ème place (poursuite de Ruhpolding) comme meilleur résultat, et des points précieux lâchés face à Ingrid Tandrevold, Lisa Vittozzi ou Julia Simon. Bref, la biathlète de 27 ans (seulement) sait sur quoi elle doit encore travailler si elle veut soulever le plus beau des globes la saison prochaine. Plus facile à dire qu’à faire.

En bref : Elle nous a fait rêver à Lenzerheide et sur les Mondiaux. Par son panache évidemment, mais aussi les émotions qu’elle est capable de transmettre à l’issue des courses, en interview. Insaisissable sur les skis, si ce n’est un petit coup de mou à Soldier Hollow, elle a haussé le niveau derrière la carabine, avec un 82 % de réussite globale, en progression par rapport à la saison 2021-2022. Un pourcentage suffisant pour jouer les premiers rôles, mais encore un peu juste pour viser la première marche du classement général à l’issue de la saison. Mais on a la sensation que le meilleur reste encore à venir pour JBB. Vivement la saison prochaine !

Sophie Chauveau – 7/10

Le + : Sa fraîcheur. Toujours avec le sourire, Sophie Chauveau a vécu une saison contrastée si l’on prend en compte les résultats bruts. À l’issue de la première partie de saison à Lenzerheide, son meilleur résultat reste une 9ème place sur la mass start suisse. Sa seconde partie d’exercice est de meilleure facture, entamée par un podium sur le sprint d’Oberhof. Sur les Mondiaux, elle aura été très performante sur l’enchaînement sprint-poursuite, avec, à chaque fois, une quatrième place qui aura laissé quelques regrets à la biathlète du Grand-Bornand. Huitième de l’individuel et septième de la mass start à Soldier Hollow, la biathlète de 24 ans peut tirer du positif de sa saison.

Le – : Son irrégularité. Évidemment, il en manque beaucoup pour jouer continuellement les premiers rôles sur le circuit de la Coupe du monde. Avec à peine 79 % de réussite sur le pas de tir (dont un 73 % sur le debout), Chauveau connaît ses axes de progression. Mentalement, on sent qu’elle franchit des petits paliers, malgré encore des trous d’air, à l’image du relais féminin des Mondiaux de Nove Mesto.

En bref : N’oublions pas qu’il s’agit seulement de sa première saison complète sur le circuit de la Coupe du monde. Si, comptablement parlant, le bilan n’est pas forcément à la hauteur de ses attentes (20ème du général, un petit podium), l’impression laissée sur certaines courses reste encourageante en vue des prochains exercices. Physiquement, elle a montré une certaine fraîcheur jusqu’en fin de saison. Des motifs d’espoir donc, à défaut de certitudes.

Jeanne Richard – 7/10

Le + : Ses débuts tonitruants. Après avoir entamé avec la brio la saison en IBU Cup, Jeanne Richard a fait ses premiers pas en Coupe du monde en janvier dernier, à Oberhof. Et quels premiers pas ! Huitième du sprint, neuvième de la poursuite, elle a crevé l’écran, par son insouciance et sa maturité. Alignée sur le relais féminin victorieux de Ruhpolding, la biathlète de 21 ans a fait mieux que tenir la baraque. Ses premiers Mondiaux chez les grands sont également encourageants, avec des tops 20 sur le sprint et la poursuite.

Le – : Une fin de saison moins aboutie. En revanche, le contrecoup de ses débuts en fanfare aura été perceptible en toute fin de saison. Sur ses cinq courses disputées entre Oslo et Canmore, elle n’aura pas fait mieux qu’une 26ème place sur la poursuite canadienne. Dans le dur physiquement et sur son tir debout (72 % de réussite), il lui manque encore logiquement de la caisse. Une caisse qu’elle va forcément trouver au fil des saisons.

En bref : La native de Thonon-les-Bains aura réussi des débuts fracassants au plus haut niveau. Annoncée comme la pépite du biathlon féminin tricolore depuis plusieurs années, elle n’a fait que confirmer tout le bien que l’on pense d’elle. Il lui reste désormais à gagner en régularité et à monter en puissance physiquement. Tout en s’appuyant sur un tir couché absolument redoutable (95 % de réussite) et une motivation sans faille. Affaire à suivre.

Guigonnat, Michelon, Chevalier : des promesses et des doutes

Quand il n’y en a plus, il y en a encore. Derrière les cinq biathlètes citées ci-dessus, les Bleues du biathlon ont de la ressource. À commencer par Gilonne Guigonnat. À 25 ans, la sœur d’Antonin a déjà de l’expérience à revendre, notamment en IBU Cup, circuit sur lequel elle brille régulièrement. Après un début de saison en Coupe du monde puis une redescente sur le circuit intermédiaire, Guigonnat a fait un retour en force chez les grandes, avec, en point d’orgue, son podium sur la mass start finale de Canmore. Excellente tireuse, elle va forcément venir titiller Chauveau et Richard en vue des relais.

Même constat, finalement, pour Océane Michelon (22 ans). Lauréate du gros globe en IBU Cup, elle cherchera, forcément, à donner des maux de tête à Cyril Burdet et Stéphane Bouthiaux. Car sa solidité pourrait jouer en sa faveur la saison prochaine. Il faudra ainsi surveiller les progressions, et surtout les résultats, des Sophie Chauveau, Jeanne Richard et autres Gilonne Guigonnat, car les places seront chères en vue de la Coupe du monde.

Enfin, quid de Chloé Chevalier (28 ans) et Caroline Colombo (27 ans) ? La première citée a connu une saison quasiment blanche en Coupe du monde, usée mentalement. De retour en IBU Cup après un break, elle a alterné le bon et le moins bon, et semble partir de loin. Même chose, malheureusement, pour Caroline Colombo. Atteinte d’une neuropathie, maladie touchant les nerfs, elle n’a pas pu défendre ses chances cette saison. Son avenir reste incertain, et difficile d’imaginer qu’elle sera au rendez-vous de la Coupe du monde l’hiver prochain. Affaire à suivre.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Avatar

    yannick ginestet

    20 mars 2024 à 16h41

    et Anaelle Bondoux ? 2 victoires en IBU cup, un globe de la Mass Start, des temps de skis impressionnants.. des qu’elle hausse le niveau de son tir, elle va faire mal.

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