Coupe du monde Ski alpin : Le bilan de l’équipe de France
COUPE DU MONDE DE SKI ALPIN SAISON 2022-2023 – La saison s’est achevée il y a quelques jours pour l’équipe de France de ski alpin. Un hiver particulier, charnière, avec quelques podiums, des Mondiaux brillamment organisés et beaucoup de retraites.
La saison de Coupe du monde de ski alpin s’est terminée le week-end dernier en Principauté d’Andorre, avec les finales de Soldeu. Il y a deux manières de juger l’année des équipes de France : les résultats purs sont en-deçà des espérances avec 10 podiums, hommes et femmes confondus. Ou alors l’espoir est grand pour la suite, avec l’arrivée de nouveaux talents. De Sölden à Soldeu, revenons sur cet hiver 2022-2023.
Chez les hommes, certains ont plus souri que d’autres. Pour ce qui était sa dernière saison en carrière, Johan Clarey a continué de porter le groupe vitesse. Deux podiums juste avant et juste après ses 42 ans. Deuxième à Val Gardena, deuxième à Kitzbühel, le doyen des Bleus part par la grande porte. C’est le seul descendeur français sur la boîte cette année. Il ne s’en satisfera pas mais à 38 printemps, Adrien Théaux a retrouvé le bonheur de jouer devant. Quatrième, également à Val Gardena, sera son meilleur résultat. Une performance lui permettant d’être présent aux finales. Nils Allègre a fini 12e du classement du Super-G et Cyprien Sarrazin a laissé entrevoir de belles choses avant sa blessure en février. Il faudra compter sur le feu follet du Dévoluy pour les prochaines années.

La déception de Clément Noël
Ne fermons pas tout de suite l’onglet vitesse. Alexis Pinturault fut brillant cet hiver en Super-G. Un podium en Coupe du monde (3e à Beaver Creek), un autre aux Mondiaux et beaucoup de places d’honneur, il est le 5e homme de la saison dans la discipline. Le skieur de Courchevel sera désormais plus souvent sur les listes de départ en vitesse et c’est une bonne chose, alors qu’il a fêté son 32e anniversaire la semaine dernière. Moins de slaloms, plus de descentes et toujours autant de géants, voici la suite du programme. Pinturault a terminé l’année en fanfare dans cette dernière discipline. Deuxième, puis troisième le lendemain à Kranjska Gora, cela le replace en haut de la hiérarchie mondiale. Cet hiver, nous avons parfois retrouvé le Pintu tranchant de ses meilleures années.
« Une saison loin de mes espérances en termes de régularité et de résultats ». Clément Noël résume de cette manière 2022-2023. Des très hauts mais surtout des très bas. Le Vosgien n’a vu l’arrivée que sur la moitié des courses qu’il a disputées. Tout lui a souri dans la Mecque du ski, à Schladming, c’est sa seule victoire de l’hiver, l’unique succès du ski tricolore cette saison en Coupe du monde. Deux autres podiums s’ajoutent, à Garmisch-Partenkirchen et Palisades Tahoe, et une 4e place amère sur les championnats du monde, à trois centièmes d’une médaille. Huitième de la discipline avec une lignée de DNF sur la fiche de résultats, c’est honorable. Quand la tête et les jambes suivront sur toute une saison, le petit globe sera à lui.

Deux podiums pour la vitesse féminine
D’habitude, Tessa Worley est la seule Française à réaliser des podiums chez les dames. Pas cette année, la Bornandine a même échoué à en obtenir un seul sur sa dernière saison en carrière. Sept fois dans le Top 6 mais jamais dans les trois premières, elle part la tête haute avec ses 36 podiums dont 16 victoires. Romane Miradoli et Laura Gauché sont allées chercher une troisième place. Pour la première citée, c’était à Saint-Moritz, un jour de finale de Coupe du monde de football où 4 Tricolores figuraient dans les points, une rareté. Pour la seconde, c’était aussi en Suisse, à Crans-Montana. Une descente où la skieuse de Tignes s’est sublimée avec son dossard 26. Les plus jeunes poussent derrière avec des premiers points en Coupe du monde et trois podiums sur le circuit européen pour Karen Smadja-Clément. Camille Cerutti revient bien de sa blessure au genou et pourra faire une saison pleine l’an prochain.
Le slalom, c’est l’avenir. Le groupe féminin a perdu sa maman, Nastasia Noens raccroche les skis. La Niçoise a accompagné les plus jeunes lors de sa dernière saison, leur montrant la voie. La génération des Marmottan, Barioz, Mougel, Baud-Mugnier, Noens est terminée, place à celle des Lamure, Pogneaux, Brèche et consorts. Marie Lamure a montré son potentiel tout au long de la saison. Dans les points à Sestrières et Levi, 4e du parallèle et 16e du slalom aux Mondiaux, c’est une excellente première saison au plus haut niveau, elle qui a brillé en Coupe d’Europe. À 21 ans, sa carrière est devant elle. La Haut-Alpine Chiara Pogneaux a pris rendez-vous pour l’avenir, tout comme les grandes blessées Clarisse Brèche et Doriane Escané.

L’infirmerie est bien remplie
Avec les retraites de Tessa Worley, Coralie Frasse-Sombet et Nastasia Noens, le rajeunissement de l’équipe de France féminine est évident. En 2023-2024, Romane Miradoli sera la plus âgée du groupe à… 29 ans. En slalom, par exemple, ce sera Escané… 24 ans. Cette génération de jeunes skieuses vise à moyen terme les Jeux Olympiques de Cortina en 2026. Il reste deux saisons et demie avant l’échéance italienne.
Le point noir de cet hiver est l’avalanche de blessures, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Matthieu Bailet, Adrien Fresquet, Victor Muffat-Jeandet, Thibaut Favrot, Brice Roger, Romane Miradoli, Clarisse Brèche, Doriane Escané, tous et toutes ont eu le malheur de se blesser gravement ces derniers mois. Cela a poussé Brice Roger vers une retraite forcée, il ne pouvait plus skier à haut niveau. Une saison galère, avec de trop nombreux points médicaux, une tâche sombre au milieu du bilan. Au classement général des nations, la France est à sa place, 6e, loin de la Suisse, pays dominant année après année. Par genre, les Bleus finissent 5èmes, à un cheveu des Italiens, 4èmes tandis que les Françaises sont 8èmes entre l’Allemagne et la Slovaquie.


