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Courses de légende #2 : La SaintéLyon

Olivier Dobiezynski

Publié le

Courses de légende #2 La SaintéLyon
Photo Peignée Verticale / SaintéLyon

Monument de la course à pied en France, la SaintéLyon s’élancera de Saint-Étienne pour sa 68ème édition le samedi 2 décembre à 23h30. À cette occasion, cette course mythique promet encore aux coureurs de beaux moments de galère.

La nuit noire est tombée depuis bien longtemps sur Saint-Étienne. Les coureurs attendent 23h30, non sans appréhension. Froid polaire, vent glacial sifflant dans leurs oreilles, potentiels torrents de boue : voilà le copieux programme réservé aux participants de cette 68ème édition.

Une construction progressive

Ce sont là les bases posées par les organisateurs depuis la création de l’événement en 1952. Cependant, bien avant de devenir un célèbre trail, la traversée hivernale pédestre n’était rien d’autre qu’une randonnée. La première édition réunit d’ailleurs 23 participants, dont sept ne prennent même pas le départ. À l’origine, le parcours part d’ailleurs de Lyon pour arriver à Saint-Étienne.

Ce n’est qu’en 1971 que la course prend le format de marche longue et devient une vraie compétition. En 1977, il est enfin autorisé de courir sur les routes et sentiers du parcours. Et si le nombre de participants baisse régulièrement dans les années 1980, la course prend un nouveau souffle en 1992 et devient officiellement la SaintéLyon. Il est alors acté que le départ aura lieu de manière systématique à Saint-Etienne autour de minuit.

La distance se rallonge peu à peu ensuite pour atteindre dans sa forme actuelle entre 75 et 80 kilomètres pour environ 2 000 m de dénivelé positif. Il est intéressant aussi de constater la part grandissante des singles et sentiers au détriment des axes routiers. En 1952, le parcours se composait à 90% de routes bitumées, contre approximativement 55% aujourd’hui.

Au fil des dernières années, le nombre de participants explose, de pair avec la notoriété grandissante de la course. L’événement attire ainsi aujourd’hui plus de 15000 coureurs et coureuses, prêts à braver le froid et la boue.





Une course qui a toujours su s’adapter

Même si la philosophie de base reste la même année après année, à savoir une nuit à la belle étoile, la SaintéLyon a su adapter le défi proposé au fil des années et des envies de son époque.  C’est donc tout naturellement que le format trail est privilégié actuellement pour plaire au plus grand nombre et, quelque part, céder à l’effet de mode.

Néanmoins, le parcours est toujours passé par les lieux mythiques de l’arrière-pays lyonnais. À commencer par Sainte-Catherine, non loin du passage entre la Loire et le Rhône, et qui accueille le plus gros ravitaillement du parcours au 31ème kilomètre. Le parcours fait la part belle aux collines et raidards du coin et son point culminant atteint 900m, non loin de Saint-Christo-en-Jarez.

Mais l’ADN de la SaintéLyon, c’est la météo. Souvent courue dans des conditions exécrables, elle requiert un mental solide et une condition physique impeccable, le froid privant rapidement les coureurs d’une grande part de leur énergie. L’épreuve a tout connu, de la neige à la boue en passant par les températures négatives et a forgé ainsi sa légende.

En 1990, une tempête de neige gigantesque oblige l’organisation à stopper la course à Sainte-Catherine. Une centaine de courageux termineront l’aventure en off. En 2007, des torrents de boue jalonnent le parcours avec des images restées célèbres. En 2010, neige et verglas abondent. Les conditions drastiques entrainent glissades plus ou moins graves et hypothermie accélérée, envoyant plusieurs grappes de concurrents à l’hôpital.

La Saintélyon, témoin de l’hiver et de la nuit profonde, à peine éclairée par un bal merveilleux de frontales déambulant dans le noir, n’a pas fini de faire parler d’elle. Elle tient une place à part dans le calendrier des courses françaises, par son ancienneté et sa aventure revendiqué.

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