Cyclisme sur route : Comment les JO ont rattrapé les plus grands champions masculins
CYCLISME SUR ROUTE JO – Au fil des années, les Jeux Olympiques se sont inscrits dans le cœur des grands champions modernes du cyclisme. Ouverts aux professionnels en 1996, cela est devenu un rendez-vous incontournable des JO.
Si vous êtes fan de cyclisme, cela ne vous a pas échappé. Les Jeux Olympiques ne constituent pas un évènement encore majeur de la petite reine. Demandez à un cycliste s’il préfère gagner le Tour de France où les JO, son choix sera sans doute vite fait. Vous vous souviendrez sûrement des titres mondiaux de Paolo Bettini, mais vous aurez oublié qu’il a également été champion olympique en 2004. Tout comme vous aurez oublié le titre de Jan Ullrich, quatre ans plus tôt, dans une année 2000 marquée par sa défaite cuisante face à Lance Armstrong sur le Tour de France. Ceci dit, une bascule s’opère. Les JO de Tokyo ont vu Richard Carapaz s’imposer devant Wout Van Aert et Tadej Pogačar. Trois immenses champions.

Les JO ouverts en 1996 aux professionnels
Et si l’histoire olympique s’est écrite loin des plus grands champions durant des années et des années, c’est pour une chose très simple. Il a fallu attendre 1996 pour que les professionnels aient le droit de participer aux JO en cyclisme sur route. Dans une tradition d’amateurisme des JO, le cyclisme a été un des derniers sports à franchir le pas. À cette occasion, Pascal Richard dominera la course en ligne et Miguel Indurain effectuera son dernier baroud d’honneur en remportant le tout premier chrono individuel, venu remplacer les 100 km par équipes de quatre coureurs, dont la France avait pris la 3e place en 1992. Le chrono, qui verra des surprises, quand en 2000, Viatcheslav Ekimov surprendra Jan Ullrich et Lance Armstrong. Avant de conserver son titre en 2004.
Mais, petit à petit, l’esprit olympique commence à prendre chez les plus grands champions. En 2008, c’est Samuel Sanchez qui domine Fabian Cancellara, lequel dominera le contre-la-montre. Mais le top 10 n’est pas encore digne d’une grande classique. En 2012, Bradley Wiggins, qui vient de remporter le Tour de France, écrase le contre-la-montre, mais la course en ligne, taillée pour Mark Cavendish, échappe à la Grande-Bretagne. Surprise par Alexandre Vinokourov, venu effectuer son dernier fait d’armes. En 2016, Greg Van Avermaet surprend sur un parcours montagneux. Pour le Belge, c’est un déclic, car il gagnera Paris-Roubaix l’année suivante. Le chrono reviendra de nouveau à Fabian Cancellara.
Une magnifique startlist
Cette année, la startlist a de quoi faire frémir, même si Tadej Pogacar sera finalement forfait, épuisé après sa victoire sur le dernier Tour de France. Mathieu van der Poel, Wout Van Aert, Mads Pedersen, Jhonatan Narváez, Julian Alaphilippe, Remco Evenepoel, Biniam Girmay et bien d’autres. Un peu comme si toute la crème des Flandriennes et des Ardennaises s’était réunie à Paris, justement sur un parcours qui peut convenir à ces deux profils. Et la spécificité du « quatre » par équipes maximum, pour les plus grandes nations, exclut certains noms.
Et encore pire, pour un pays comme l’Équateur, qui n’a qu’une place et qui a dû sacrifier le champion olympique sortant, Richard Carapaz. Le meilleur grimpeur du dernier Tour de France n’a pas caché son amertume. Et cette amertume, c’est l’ultime preuve que les JO ont pris une place belle dans le cœur des coureurs cyclistes. Évidemment pas à comparer avec un titre de champion du monde qui vous offre le maillot arc-en-ciel pendant un an. Mais, mine de rien, plus personne ou presque ne galvaude les Jeux Olympiques.


