Cyclisme sur route : Vers un renouveau du cyclisme italien ?
CYCLISME SUR ROUTE – En difficulté ces dernières années, le cyclisme italien semble reverdir avec une nouvelle génération. Suffisant pour matcher avec le gratin du cyclisme mondial dans les années à venir ?
- À ce sujet – L’actualité du cyclisme sur route
Un lent déclin dans les années 2010
Il fut un temps où battre les Italiens sur les routes du Giro relevait de l’exploit. Seuls les grands champions pouvaient triompher. On se souvient d’un Laurent Fignon battu par Francesco Moser, sur le Giro 1984. Et pourtant, le Français écrasera le Tour de France quelques semaines plus tard. Vraie institution, avec les tifosi sur les bords des routes, le Giro a longtemps souri aux Italiens. Encore dans les années 2000, on voyait les Stefano Garzelli, Paolo Salvoldelli et autres Gilberto Simoni triompher, sans qu’on les retrouve au même niveau en dehors de l’Italie. Jamais aussi forts que sur leur tour national.
Mais, depuis une dizaine d’années, l’Italie a perdu de sa superbe. Encore plus sur les routes du Tour d’Italie. Aucun vainqueur transalpin depuis Vincenzo Nibali en 2016. La plus grande disette de l’histoire du cyclisme italien. Avec quelques éditions catastrophiques. En 2023, seul Damiano Caruso (4e) entrait dans le Top 15. Deux Italiens dans le top 10 en 2022. Avec Vincenzo Nibali (4e) et Domenico Pozzovivo (8e). Point commun entre les trois ? Ils avaient plus de 35 ans au moment de leur performance. La relève tarde à arriver.
Pendant ce temps-là, la Slovénie, avec Primoz Roglic en 2023 et un Tadej Pogacar immense favori cette année, a pris le pouvoir. Comme l’Amérique du Sud (Richard Carapaz en 2019 et Egan Bernal en 2021). Une internationalisation qui a fait mal à l’Italie. Mais plus que jamais, le cyclisme italien a connu un creux générationnel, qu’on ne retrouve pas que sur les courses à étapes. Depuis 2019 inclus, seul Alberto Bettiol a remporté un Monument. Mais c’était déjà le Tour des Flandres en 2019. Aucun Monument dans les années 2020, aucun Grand Tour.
Enfin de la relève ?
Cela ne devrait pas changer sur ce Tour d’Italie 2024, avec un Tadej Pogacar (UAE Team Emirates) plus que jamais favori, après son début de saison canon et sa démonstration sur Liège-Bastogne-Liège. Néanmoins, l’Italie peut entretenir des espoirs de podium (une première depuis la 2e place de Damiano Caruso en 2021). Car, derrière le Slovène, la course au podium sera ouverte et aucun coureur ne semble vraiment se dégager, sauf peut-être Geraint Thomas (INEOS Grenadiers). Parmi les outsiders, Antonio Tiberi en sera un.
D’autres grimpeurs italiens peuvent également tirer leur épingle du jeu, notamment dans des échappées. Parmi eux, on va surveiller deux jeunes coureurs. Davide Piganzoli (21 ans, Polti-Kometa) et Giulio Pellizzari (20 ans, VF Group – Bardiani CSF – Faizanè) sont connus et reconnus par la plupart des spécialistes comme deux jeunes à fort potentiel. Tous deux ont réalisé un bon début de saison. On a déjà réalisé un focus sur Piganzoli, mais Pellizzari, c’est aussi très solide. Il sort d’une 8e place du classement général du Tour des Alpes, dont une 2e place sur la 3e étape. Les deux vont à la fois découvrir leur premier Grand Tour et leur premier Tour d’Italie, et seront des électrons libres.
Giulio Pellizzari 🇮🇹 (2003) et Davide Piganzoli 🇮🇹 (2001) termine dans les groupe Thomas à 1min des favoris.
Belle journée ils ont bien géré notamment Piganzoli après son échappé, ils sont 8ème et 10 ème au général.
Mathys Rondel 🇫🇷 (2003) et lui 12ème du général a 4min17— Pépite Du cyclisme (@cyclisme_pepite) April 18, 2024
De quoi rivaliser dans le futur ?
L’Italie rêve de retrouver des champions comme Ivan Basso et Vincenzo Nibali, pour ne citer que les plus récents. Est-ce qu’un Antonio Tiberi peut leur succéder ? Si la progression de l’Italien est intéressante, surtout cette année, on le voit mal rivaliser dans la gagne finale sur trois semaines. Y compris dans les années futures. Dans une ère où les dominants du cyclisme ne sont pas vieux. Tadej Pogacar n’a pas ses 26 ans, Jonas Vingegaard (Visma-Lease a bike) n’en a que deux de plus. Et sont amenés à maintenir leur niveau durant plusieurs saisons. Même si la terrible chute du Danois, sur le Tour du Pays Basque, au début du mois, rappelle que tout peut aller vite en cyclisme.
Pire encore, une encore plus jeune génération émerge et semble en avance sur les Italiens. On pense à Juan Ayuso (UAE Team Emirates), né en 2002, podium sur la Vuelta à tout juste 20 ans, en 2022. Son coéquipier Isaac Del Toro n’a qu’un an de moins. Pour sa première saison pro, le Mexicain a déjà montré de grandes choses, avec deux Top 5 sur des courses à étapes World Tour (3e du Tour Down Under et 4e de Tirreno-Adriatico). Des résultats que la nouvelle génération italienne ne connaît pas encore.
UAE Emirates prolonge Isaac Del Toro pour 3 saisons de plus, portant le contrat jusqu’en 2029 !
Joe Blackmore sera bien avec Israël-Premier Tech en 2025 et 2026, lui qui est actuellement avec l’Academy.
Intermarché-Wanty a fait monter Gerben Kuypers de la conti au WT. #Mercato pic.twitter.com/7WyqMQzZhn
— Le Gruppetto (@LeGruppetto) April 23, 2024


