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Des entraîneurs français sans idées collectives du jeu, vraiment ?

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Pablo Longoria Olympique de Marseille 2021
Photo Olympique de Marseille

Dans un entretien en début de semaine au journal espagnol El Pais, le nouveau président de l’OM Pablo Longoria a donné son avis sur la formation française. De quoi faire grincer des dents dans les instances françaises sur un sujet qui revient souvent dans l’actualité.

L’entraîneur français actuel s’exporte peu

C’est une interview banale de l’actuel président de l’Olympique de Marseille qui s’est transformée en petite bombe cette semaine dans les colonnes d’El Pais en Espagne. Interrogé sur son nouveau poste au cœur de la cité phocéenne, Pablo Longoria a aussi exprimé son ressenti sur la formation des jeunes joueurs en France et sur ses formateurs : « Des joueurs très individualistes se forment, pas dans une idée très précise du jeu, précisément à cause de cette recherche d’identité. En France, il n’y a pas de modèle français du jeu. Objectivement, si l’on analyse l’ensemble du globe, c’est l’un des pays qui exportent le moins de coachs. Ils ne vendent pas d’idées collectives. » Une analyse assez symbolique pour l’ancien directeur sportif de l’OM, qui par sa trajectoire et son travail quotidien, tire une conclusion assez forte sur la méthodologie de travail des formateurs et entraîneurs français.

Il est vrai qu’historiquement, l’entraîneur français n’attire pas forcément à l’étranger, notamment dans les meilleurs championnats européens. Barrière de la langue, manque de succès dans les compétitions internationales, rares sont ceux qui ont su s’imposer au XXIème siècle dans les championnats majeurs (Houiller, Wenger, Zidane). Certains ont tenté (Puel, Montanier, Garcia entre autres) mais l’aventure aura tourné court à chaque fois. Finalement, l’hypothèse soulevée par Pablo Longoria sur le manque d’idées collectives des coachs français ne serait-elle pas la clé de cette absence en Europe de nos entraîneurs tricolores ?

La formation française s’arrache pourtant en Europe

Les jeunes joueurs français valent de plus en plus cher sur les différents mercatos, les centres de formation sont sans cesse scrutés par les plus grands clubs européens et les Bleus rayonnent sur toutes les sélections. La défense d’Hubert Fournier, directeur technique nationale, est très claire. Mais pourtant, les clubs français ainsi que les sélections nationales tricolores souffrent souvent de la comparaison véritable sur ce qu’on appelle « l’identité de jeu ». Sur ce point, Pablo Longoria est de nouveau très explicite : « C’est le pays exportateur par excellence en Europe en raison du mélange de cultures. Mais il y a quelque chose de fondamental qu’il faut comprendre : l’entraînement en France est comparable à l’entraînement des basketteurs aux États-Unis. C’est le football qui se joue encore dans la rue, c’est un entraînement individuel plutôt que collectif. La France en matière de football est la NBA de l’Europe. »

L’apprentissage du jeu est ciblé par le président de l’OM, ainsi que ce manque ou cette absence de « culture française » du football. Une formation des entraîneurs français bien trop cadrée ? Un manque d’ouverture d’esprit sur les méthodes des formations étrangères ? En tout cas, il y a ici une vraie question à se poser sur le manque d’impact des entraîneurs français sur les grands championnats européens.

Romain Delanis


Journaliste/Rédacteur depuis novembre 2015 - Capable de passer un samedi après-midi devant la Ligue 2 puis le biathlon sans oublier la finale de l’ATP Rotterdam, j’aime aussi mettre mon réveil pour me faire un Pistons/Bulls qui rappelle de bons souvenirs. Tout cela, j’ai choisi il y a maintenant quelques temps de vous le raconter avec Dicodusport, pour vous faire vivre ma passion parfois inconsidérée pour le sport en général (mais surtout le foot faut se l’avouer).

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