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Cyclisme sur route

Dorian Godon : Sur un nuage chez INEOS Grenadiers, jusqu’où peut-il aller ?

Etienne Goursaud

Publié le

Dorian Godon Sur un nuage chez INEOS Grenadiers, jusqu'où peut-il aller
Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE – Leader du général et vainqueur de deux étapes sur le Tour de Catalogne, Dorian Godon réalise un énorme début de saison.

Trois succès au niveau WorldTour alors que le mois de mars n’a pas encore baissé son rideau. Cela vous classe un homme ! C’est la performance réalisée par Dorian Godon (INEOS Grenadiers) en ce début d’année 2026. Vainqueur de la troisième étape du Tour de Catalogne, le champion de France a remporté sa deuxième victoire en trois jours de course sur les routes espagnoles.

À cela s’ajoute une victoire sur la 7e étape de Paris-Nice. Si l’on veut être tatillon, on peut ajouter la victoire d’INEOS Grenadiers sur le contre-la-montre par équipes de la Course au Soleil. En 2026, 100 % de ses victoires ont été obtenues sur des courses WorldTour.

Dorian Godon et la grande confiance d’INEOS Grenadiers

Un début d’aventure proche du parfait avec sa nouvelle formation britannique, qu’il a rejointe en ce début d’année 2026. Il fait partie de ce nouveau projet, avec des coureurs capables de briller sur plusieurs terrains. C’est aussi le cas de son compatriote Kévin Vauquelin, lui aussi arrivé chez INEOS Grenadiers.

Première chose intéressante, INEOS Grenadiers accorde énormément de confiance au champion de France sur route 2025. Que ce soit sur les routes de Paris-Nice ou sur celles du Tour de Catalogne, en particulier lors de la première étape, c’est toute l’équipe, ou presque, qui s’est mise au service de Dorian Godon.

Ce n’est pas totalement une première pour le coureur de 29 ans, qui a parfois bénéficié de la confiance de son ancienne formation Decathlon AG2R La Mondiale. Mais au sein d’une structure qui a remporté à de nombreuses reprises le Tour de France, mais aussi quelques Monuments, on se met à la planche pour le Tricolore. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il le rend bien à ses coéquipiers.



Au-delà de ses victoires, c’est aussi la manière qui impressionne. Lors de la première étape, il a été le seul à pouvoir se jeter dans la roue de Remco Evenepoel, qui a bien cru l’emporter avant de se faire déborder. Mine de rien, le Belge avait été capable de battre Wout Van Aert au sprint. C’était en 2025, lors de la Flèche Brabançonne. Un Belge qui a énormément progressé sur sa vélocité. « Paris-Nice a été pour lui le déclic », expliquait Imanol Erviti, directeur sportif de la formation britannique, dans les colonnes de nos confrères de L’Équipe.



Un cap qui semble franchi en 2026

Ce début de saison, au-delà du fait qu’il bénéficie de la confiance de son équipe, semble indiquer que Dorian Godon a franchi un cap physique en 2026. Avec ces trois succès en WorldTour, il a déjà remporté davantage de victoires à cet échelon que depuis le début de sa carrière. Il avait levé deux fois les bras sur le Tour de Romandie 2024, et c’était tout.

Si la fin du Tour de Catalogne, plus montagneuse, sera beaucoup moins propice pour scorer, il lui restera peut-être une dernière chance lors de la dernière étape, traditionnellement marquée par la répétition des ascensions de Montjuïc. Si l’étape est nerveuse, les 2,5 km à 4,6 % ne sont pas indigestes pour le Français.

Sans aller jusqu’au cas de Nicolas Prodhomme, son ancien coéquipier, Dorian Godon est un coureur qui a mis du temps à arriver à maturité. Dans ce cyclisme qui n’a d’yeux que pour les cracks, oui, on peut arriver proche de la trentaine et endosser enfin le costume de leader, y compris parmi les plus belles formations du peloton. « Ce n’est pas comme les jeunes qui arrivent très haut tout de suite, lui grandit tranquillement », confirme Imanol Erviti, toujours dans L’Équipe.

Jusqu’où peut aller Dorian Godon ?

Le présent est déjà bien écrit pour le néo-coureur d’INEOS Grenadiers. Reste à anoblir le futur en remportant une grande classique. Quelles courses peuvent lui correspondre le mieux ? C’est un peu la grande question. Véloce, mais pas assez pour le Tour de Bruges (remporté ce mercredi par Dylan Groenewegen) ou encore la BEMER Cyclassics de Hambourg, le Tricolore peut jouer de sa qualité pour passer les bosses, afin d’éliminer les coureurs les plus rapides.

Il y a une course dont on peut immédiatement se dire qu’elle correspond en tout point aux qualités du Français : la Bretagne Classic, disputée au mois d’août. Elle peut sourire à des coureurs comme Oliver Naesen (2018), Sep Vanmarcke (2019) ou Filippo Pozzato (2013). Tous dotés d’une belle pointe de vitesse, sans pour autant être les meilleurs sprinteurs du monde. Seule interrogation : la distance. En 2025, 261 kilomètres étaient proposés aux coureurs.

La limite des 250 kilomètres

Au-delà de 250 kilomètres, sa meilleure référence est… sa 6e place sur la Bretagne Classic en 2024. Il a pris la 7e place sur la course bretonne l’an passé. Néanmoins, avec le cap physique franchi et sa capacité à répéter les efforts sur le Tour de Catalogne, on peut espérer qu’il franchisse ce cap sur le très long. D’autres classiques, comme le Grand Prix Cycliste de Québec et même Paris-Tours (8e en 2025), peuvent lui convenir.

On pense également à l’Amstel Gold Race, mais avec plus de réserves. Tout d’abord, parce qu’il n’y a pas fait mieux que 36e (en 2024). Malgré sa victoire en 2023 sur la Flèche Brabançonne, qui peut sonner comme une répétition générale pour l’Amstel Gold Race, Dorian Godon n’a jamais trouvé la clé.

Il faut dire que les forts pourcentages, comme ceux du Cauberg, sont limitants pour le coureur, qui doit hisser ses 1,89 m et ses 74 kg. Pas le plus lourd du peloton, mais peut-être trop lourd pour cette course. « Il me manque toujours une belle victoire, en WorldTour, je suis là pour ça », confiait le Français à l’automne dernier à nos confrères de Ouest-France. Tout le mal que l’on peut lui souhaiter désormais.

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