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Dorian Waymel – MaLigue2 : « Les clubs ne se prennent pas pour d’autres »

Idriss Ahamada

Publié

le

Dorian Waymel - Ma Ligue 2
Visuel Dicodusport - Photo ESTAC Troyes

Nouveauté chez Dicoduport, une rubrique qui part à la découverte de médias sportifs indépendants, souvent spécialisés, et tous avec leur propre identité. Pour ce nouvel épisode, nous avons rencontré Dorian Waymel, co-fondateur de MaLigue2.

Présentez-vous et votre média en quelques mots.

Dorian Waymel, co-créateur du site MaLigue2. C’est un média qu’on a créé avec mes associés Philippe Dejter et Laurent Mazure. Cette aventure s’est lancée en fin d’année 2013. Le but du média est de retracer toute l’actualité de la Ligue 2, et de donner pleine lumière sur ce championnat qu’on trouvait sous-médiatisé dans les grands médias.

On trouvait que ça manquait un peu de couverture médiatique. On avait donc envie de parler de ce beau championnat. Il y a des clubs historiques, des pépites qui se révèlent et aussi des anciens joueurs de Ligue 1 qui viennent donner des coups de main en fin de carrière. Donc il y a plein de belles histoires à raconter.

Et c’est comme ça qu’on a débuté en 2013, alors qu’on était tous étudiants. Au départ, c’était plutôt un blog mais de fil en aiguille, on s’est rendu compte que le public était de plus en plus nombreux. On s’est rendu compte qu’il y avait moyen de continuer à bien creuser le sujet et c’est ce qu’on a fait. On s’est développé petit à petit pour aujourd’hui être un site à temps plein et complet sur l’actualité de la Ligue 2.

Quelle est votre audience aujourd’hui ?

On tourne autour d’un million de pages vues par mois. Cela dépend de la période et il y a toujours des mois plus forts que d’autres. Mais en moyenne on est autour du million. C’était un objectif qu’on s’était fixé quand on a développé la SAS MaLigue2. Car aujourd’hui, on est une vraie entreprise de presse, reconnue par la profession et la CPPAP. Notre objectif était d’atteindre cette barre, on y est arrivé. Donc on va continuer à bien développer cette audience.

Et votre communauté sur les réseaux sociaux ?

On a plus de 23400 followers sur Twitter. Plus de 58500 sur Facebook. Et autour des 3000 abonnés sur Instagram.

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer ce site ?

À la base, c’est le côté supporter de club. Laurent et Philippe sont fans du RC Lens, et moi de l’AS Monaco. Donc on s’est retrouvé tous les trois à s’intéresser à la Ligue 2 pour suivre notre club. Avant ça, on n’avait pas trop l’habitude de voir nos équipes évoluer en Ligue 2. Ça a été une vraie découverte pour moi quand Monaco est descendu en L2 en 2011. Je ne regardais quasiment jamais ce championnat avant ça.

Comme tout le monde je pense, quand on ne connaît pas bien la L2, on s’imagine que son club va remonter tout de suite et que ça va être une formalité. Mais en fait non, ça a été compliqué. Aussi bien pour Lens que pour Monaco, et ça a aussi été le cas pour plein d’autres clubs. On se rend compte que c’est un championnat homogène, et c’est ce qui fait sa beauté. Tout le monde peut battre tout le monde. Même le dernier peut aller créer la surprise chez le premier ! On s’est rendu compte en suivant notre club qu’il y avait de belles équipes, de bons joueurs et de bons coachs. Et on s’est dit que c’était dommage, car il y avait très peu d’échos dans les médias qu’on a l’habitude de lire et regarder.

Aussi en cherchant des infos sur les adversaires de nos clubs, on s’est rendu compte qu’on avait du mal à trouver la composition, le coach, les joueurs à suivre… Donc c’est vraiment ce qui nous a motivé à le faire. En plus, il y a des clubs historiques. Je parlais de Lens et Monaco qui sont remontés aujourd’hui, mais cette année, il y a Toulouse, Nancy, Le Havre, Auxerre, Sochaux. Il y a une bonne dizaine de clubs qui ont un bon passé en Ligue 1. Donc c’est hyper intéressant de parler de ces clubs-là.



Quelles sont vos relations avec les clubs ? Est-ce compliqué d’avoir des interviews avec des joueurs de L2 ?

Les relations sont très bonnes avec quasiment les 20 clubs. Bien-sûr, il y en a avec lesquels on a plus de contacts que d’autres. Mais on s’entend bien avec tout le monde. Ce qui nous a plu aussi, c’est de voir que la Ligue 2 était très accessible, et je pense plus que la Ligue 1. On sait qu’en L1, pas mal de clubs verrouillent leur communication.

Alors qu’en L2, on est tombé sur des clubs qui étaient demandeurs d’avoir plus d’exposition et de reconnaissance. Ils nous ont très bien accueillis et ça nous a poussé et motivé à nous investir encore plus. Il y avait non seulement un intérêt de la part des supporters, mais aussi des clubs qui nous ont fait confiance dès le début.


C’est la belle surprise, et la mentalité qui règne en Ligue 2. Les clubs ne se prennent pas pour d’autres.


Je me souviens de l’une de mes premières interviews à Dijon alors que j’étais encore jeune étudiant. J’étais impressionné de voir que juste en contactant le responsable presse, on avait accès très facilement à des interviews avec des dirigeants, joueurs et coachs. Ils étaient hyper ouverts et contents qu’on leur donne la parole. C’est la belle surprise, et la mentalité qui règne en Ligue 2. Les clubs ne se prennent pas pour d’autres. Ça joue sérieusement et ça essaie de monter en Ligue 1. Mais on a le sentiment qu’il y a moins d’enjeu qu’en L1 et que c’est plus facile d’avoir accès et de bonnes relations avec les joueurs, dirigeants et staffs.

La Ligue 2 est un championnat moins populaire que la L1. Comment faites-vous pour toucher du public en dehors des supporters des clubs engagés ?

Notre message principal, c’est quand même de s’adresser aux supporters des clubs engagés. En donnant un maximum d’infos sur leur club et sur les clubs adverses. Comme en L1, il y a aussi des rivalités qui se créent. On s’intéresse aussi forcément aux 5-6 clubs qui luttent pour la montée. Donc notre premier public, ce sont les supporters et aussi les joueurs et les dirigeants. On a eu des retours de joueurs et de dirigeants qui nous disent qu’ils viennent tous les jours sur le site, car ça permet de voir ce qu’il se passe ailleurs. Les blessures de certains joueurs, les choix de certains dirigeants… C’est vraiment eux notre premier public.

Après le but, c’est d’aller au-delà de ça et de faire découvrir la Ligue 2 à d’autres personnes. Que des gens qui ne regardent que la L1 puissent se dire « finalement il se passe des choses en L2 ». Comment on fait ? Pour ça, l’aspect mercato est important. On voit qu’avec la crise financière, les clubs de L1 vont de plus en plus piocher en L2 ou National. C’est là qu’on à un rôle à jouer. Je pense par exemple à Amine Adli de Toulouse. Il y a des chances qu’il finisse en L1 ou dans un championnat étranger l’an prochain parce qu’il a pris une valeur énorme en L2.

On sait qu’il est suivi par l’OM. S’il signe à l’OM, c’est là qu’on a un rôle à jouer. Vu qu’on l’a suivi une saison entière, on pourra décrire un peu son jeu, donner ses points forts, ses points faibles, son axe de progression.


L’autre aspect, c’est donner la parole aux joueurs, pour raconter leur parcours.


L’autre aspect, c’est donner la parole aux joueurs, pour qu’ils racontent leur parcours. Il y a beaucoup de joueurs qui ont été recalés de centre de formation de clubs de L1, et qui ont rebondi en National 1, N2 ou N3. Là-bas, ils ont été repérés par des clubs de L2 qui leur ont donné une seconde chance et ils se sont révélés ensuite.

C’est comme ça qu’on essaie de toucher un autre public. On a eu un autre cas d’école aussi ce week-end avec Gauthier Hein (Auxerre) qui a marqué un but fantastique. Si c’était un but marqué par un joueur du Real ou du Barça, ça aurait fait le tour du monde. Nous à notre échelle, on le partage sur les réseaux sociaux, avec l’aide de la LFP qui nous met à disposition les images. On relaie pour toucher un maximum de monde, pour que les gens voient que la L2 est un championnat pas très coté mais où il y a de très bons joueurs et autant de belles choses à voir qu’en L1. Je suis persuadé que le haut de tableau de L2 vaut largement le bas de tableau de Ligue 1 aujourd’hui.

En plus du site, MaLigue2 a également un podcast audio…

Oui, le podcast est diffusé une fois par semaine. Dernièrement, on avait perdu le site suite à l’incendie d’OVH, donc on ne les a pas publiés sur le site. Mais ils sont visibles sur notre chaîne YouTube. Parfois, quand il y a des trêves internationales, ça peut arriver qu’on saute une semaine, mais on essaie de le publier de façon hebdomadaire.

Même si on a été privé de notre site, on avait toujours le podcast. On a aussi lancé notre chaîne Twitch. Ça nous a permis de continuer à rester présent sur les réseaux sociaux et continuer de créer du contenu et des interviews. C’était bien d’avoir ça à disposition. C’est un format qui nous plaît et qui est beaucoup plus « libre » pour inviter des joueurs, des dirigeants et des supporters à livrer leur regard pour leur club.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?

J’espère que MaLigue2 existera toujours. Ça voudra dire qu’on aura réussi à s’installer durablement dans le paysage médiatique du foot français. Ça fait bientôt 8 ans qu’on existe et c’est déjà énorme. Quand on a lancé ça, on n’imaginait pas que cela prendrait une telle ampleur, ni de pouvoir en vivre et avoir une carte de presse. Même si on fait encore des petites choses à côté, on tire l’essentiel de nos revenus de là. Pour nous, c’est une immense fierté d’avoir pu créer de l’emploi grâce à MaLigue2. On fait aussi appel à des photographes et des pigistes. C’est une petite économie qui s’est créée et pour nous, c’est une grande victoire.

J’espère que dans 10 ans, MaLigue2 sera toujours là pour mettre en avant le championnat. Même si, quand je vois la tournure que prend les médias sportifs (plans sociaux à L’Équipe, beIN SPORTS et RMC) ça n’incite pas à l’optimisme. Un des plans évoqués pour le futur de L’Équipe parlait d’une baisse de traitement de la L2 et de certains clubs de L1, pour se recentrer sur les 7-8 plus grosses équipes. Quand je vois que globalement, les grands médias prennent ce virage-là, j’espère que MaLigue2 continuera à donner la parole à tous les acteurs de ce championnat, qui révèle vraiment d’excellent joueurs.

Et dans 10 ans, si on peut avoir des correspondants dans chaque région où il y a des clubs de L2, ce serait un rêve. Laurent, Philippe et moi-même sommes tous Nordistes. On suit beaucoup les clubs du Nord, mais on a le petit regret de ne pas être plus proche des autres clubs. Même si avec le téléphone et la visioconférence, on garde le contact et on arrive à faire un suivi régulier. Si j’ai une volonté, ce serait d’être encore plus nombreux à travailler sur MaLigue2 et avoir des correspondants sur chaque club.

Le mot de la fin ?

Un grand merci à tous ceux qui nous suivent depuis le premier jour ou qui ont découvert MaLigue2 récemment. C’est grâce au soutien de nos lecteurs qu’on a pu se développer et qu’on a eu la force de continuer à se structurer. Merci aussi à tous les clubs, avec qui tout se passe bien. On a vraiment eu la main tendue, surtout à nos débuts. On était un tout jeune média et on était nous-mêmes jeunes. Mais malgré notre jeunesse, les clubs n’ont pas hésité à envoyer les joueurs au front avec nous. Et on a toujours eu de super retours.

Le mot de la fin, c’est de remercier tous ceux qui soutiennent MaLigue2, qui parlent de MaLigue2, et qui font vivre MaLigue2 au quotidien. Que ce soient les lecteurs, les joueurs, les dirigeants ou les staffs.

Un merci particulier à tous ceux qui nous ont soutenu, par un petit mot ou un petit don pendant la perte du site. Ça a été très difficile à vivre pendant 15 jours, où on a vraiment fait zéro audience. On avait plus accès au site et je ne cache pas que ça donne un petit coup au moral. Mais on a vraiment reçu énormément de messages de soutien. Donc encore une fois, un grand merci. On sait déjà qu’il y a la Covid-19 qui impacte la vie de tout le monde et que les stades sont désespérément vides mais ce soutien, c’est vraiment ce qui nous a fait tenir et repartir de plus belle, avec beaucoup d’autres idées. Donc n’hésitez pas à nous suivre sur le site et les réseaux sociaux.


Passionné de sport depuis toujours, c’est tout naturellement qu’après avoir compris que je n’avais pas le niveau pour jouer à Manchester United, et pas la force nécessaire pour combattre à l’UFC que je me suis tourné vers le journalisme pour raconter les exploits et les histoires de ceux qui en sont capables. Le football, surtout quand il est joué en Angleterre, reste mon premier amour. Mais j’aime aussi veiller la nuit pour vous parler de KO et de victoires unanimes à l’UFC ou sur les rings de boxe. Mon côté fan de Wayne Rooney m’a également poussé à devenir polyvalent et à parler aussi de rugby (à XIII comme à XV) et occasionnellement de cyclisme. C’est donc logiquement que j’ai rejoint Dicodusport, pour pouvoir parler de l’actualité, sur tous les terrains.

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