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Edito

Édito : La bataille des sexes, une opération de communication maladroite qui dessert le tennis féminin

Maxime Cazenave

Publié le

Édito : La bataille des sexes, une opération de communication maladroite qui dessert le tennis féminin
Photo Icon Sport

TENNIS – La bataille des sexes ayant opposé Aryna Sabalenka à Nick Kyrgios n’a été qu’une vaste supercherie, crachant sur la symbolique forte du combat initial de Billie Jean King.

C’est un sempiternel débat qui n’a pas lieu d’être, et ce dans tous les sports. Est-ce que l’une des meilleures sportives de sa discipline est capable de battre l’un des meilleurs hommes ?

Un homme contre une femme au tennis ? Plus d’un siècle de curiosité

Historiquement, le tennis a été l’un des premiers sports à poser cette question. Au-delà de la célèbre (et originelle) « Battle of the Sexes » qui avait vu Billie Jean King rabattre le caquet de l’insupportable Bobby Riggs, alors âgé de 55 ans, des exhibitions entre un homme et une femme ont existé à de nombreuses reprises, et ce dès la fin du XIXe siècle, lorsque le Britannique Ernest Renshaw avait battu sa compatriote Lottie Dod dans un match où cette dernière débutait chaque jeu en menant 30-0.

Plus récemment, le retraité Yannick Noah avait battu Justine Henin, alors n°1 mondiale, en 2003. On peut également citer la double victoire de Karsten Braasch (n°203) face aux sœurs Williams en 1998. Bref, le fait d’opposer un homme à une femme sur un court de tennis est toujours une curiosité. Cependant, dans la plupart des cas, il y avait une bonne raison.

Billie Jean King avait ainsi haussé le ton pour répondre aux provocations d’un autre temps de Bobby Riggs en 1973, avec une volonté forte de bouleverser des codes archaïques. En 1998, Braasch – alors qu’il était réputé pour être un gros fumeur – avait lui décidé de répondre aux sœurs Williams, qui disaient à l’époque « être en capacité de battre n’importe quel homme ».

Une opération de communication catastrophique pour le tennis féminin

Il y avait alors un sens à ces confrontations si spécifiques. Tout le contraire de cette exhibition catastrophique de fin d’année 2025 entre la n°1 mondiale et l’ancien n°1 australien (depuis redescendu au-delà de la 600e place mondiale). Une exhibition qui a été survendue depuis de longues semaines pour accoucher d’un spectacle frisant le ridicule.





Avant même le début du match, il était difficile de prendre au sérieux cette partie qui avait tout d’une opération de communication. Déjà, le fait de retrouver Sabalenka et Kyrgios n’avait rien d’un hasard puisque les deux sont liés à la même agence de communication, Evolve.

Si le fait de modifier légèrement les règles (un seul service pour Kyrgios) apparaissait plutôt logique afin d’équilibrer la différence naturelle de puissance, les organisateurs ont trouvé le moyen de rendre l’événement clownesque en réduisant la partie du court couverte par la Biélorusse de 9 %.

La bataille des sexes dénaturée de son essence

Et puis, que dire du match… Dès les premiers points, le ton avait été donné, Nick Kyrgios semblant retenir ses coups, avant d’accélérer la cadence lorsqu’il le décidait. Résultat, l’Australien s’est imposé au bout de ce qui a plus ressemblé à une mascarade qu’à un match de tennis, 6-3, 6-3.

En conclusion, cette bataille des sexes qui devait soi-disant permettre au tennis féminin d’être valorisé a eu l’effet contraire. Cela donne de l’eau au moulin de ceux qui veulent absolument comparer les hommes et les femmes, sans que cela n’ait de réel sens. D’autant plus lorsque le vainqueur de ce duel est un homme qui a pris pour habitude de critiquer ouvertement la parité instaurée en ce qui concerne le prize money. Bref, cet événement a tout simplement craché sur la bataille des sexes originelle, et est à jeter aux oubliettes le plus rapidement possible…

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Avatar

    Michel

    3 janvier 2026 à 1h12

    Non, ça n’a pas nui au tennis féminin, loin de là, vous êtes vraiment mêlé: ça a montré hors de tout doute que le combat est inégal. Si un homme qui est biologiquement et « mentalement » homme, et qui est à la 600e place, réussit à battre la femme No 1, c’est que n’importe quel homme avec un peu de talent, qui serait à la 599e position, et qui se dit « femme », pourra battre n’importe quelle championne. N’importe laquelle. Ça vient montrer que les « femmes » trans n’ont pas d’affaire dans les sports de femmes, et que si on les laisse faire…le tennis féminin ne sera PLUS un sport de femmes, mais un sport de trans. Bref, ça vient de laisser le tennis féminin…dans la cour des femmes! Les femmes ont tout gagné grâce à ça!

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