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Athlétisme

Edito : Le crépuscule de printemps de Kevin Mayer

Etienne Goursaud

Publié le

Edito : Le crépuscule de printemps de Kevin Mayer
Photo Icon Sport

ATHLÉTISME – Kevin Mayer a abandonné le Décathlon de San Diego (USA). Le Français y faisait sa tentative de minima olympiques pour Paris. Et on a vu comme un air de fin de règne.

« C’est fou ce qu’un crépuscule de printemps, rappelle le même crépuscule d’il y a 10 ans », chantait Patrick Bruel, dans sa célèbre Place des grands hommes. Un grand homme de l’athlétisme français, Kevin Mayer en est incontestablement un. Et ce serait vraiment faire injure au recordman du monde, de jurer le contraire. C’est d’autant plus dur de le voir autant souffrir. Une tentative repoussée à Brisbane et ce décathlon à San Diego. Au lendemain du printemps, une compétition universitaire américaine, sans concurrence, sans ambiance non plus. Et cet abandon à la hauteur. La cuisse, les adducteurs, ce corps qui ne le laisse pas tranquille. Cette tête qui fume au fur et à mesure que les déceptions s’accumulent.

Paris s’éloigne à mesure que les jours s’égrènent. Comment Kevin Mayer peut se retaper pour une prochaine tentative, alors qu’il n’a pas terminé de décathlon depuis presque deux ans ? Les illusions s’envolent au fur et à mesure que les abandons s’accumulent.

Le pire dans tout cela, c’est que le Français laisse une image de coureur blessé. Drama après drama, le public semble désormais habitué. Son abandon, à San Diego, n’a même pas été vécu comme une surprise. On en était bientôt à se demander « quand ? ». Et il laisse cette image d’une fin de carrière gâchée. Et c’est horrible, car Kevin Mayer, c’est un palmarès doré dans l’athlétisme français. Il fait partie de ces athlètes, comme Yohann Diniz, qui ont porté haut les couleurs de leur discipline. Une discipline menacée en France, qu’on veut régulièrement écarter du programme des championnats de France Élites. Et sans l’aura de KM, cela aurait peut-être été déjà le cas. On oublie vite l’apport et on oublie vite les moments de gloire, quand les peines s’accumulent.

S’il n’y a pas de Paris 2024, la question de la fin de carrière se posera inévitablement. Mais, quand on voit l’engouement qu’a suscité sa tentative de minima, couverte presque comme une grande compétition, on mesure aussi ce qu’il a apporté à la médiatisation de l’athlétisme français. Il ne faudra pas oublier qu’il y a une multitude d’athlètes talentueux. Et des chances de médailles pour Paris, il y en a. Avec ou sans Kevin Mayer. Qui, on n’oubliera, s’est mué en sauveur lors des JO de Tokyo 2020 et aux championnats du monde à Eugene.

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Avatar

    Duduche

    24 mars 2024 à 18h59

    Peut-être temps d’arrêter de souffrir… quoiqu’il arrive, merci Kevin t’es un champion !

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