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Édito : Quand les éliminatoires à la Coupe du monde perdent tout sens, l’exemple criant de la Suède

Maxime Cazenave

Publié le

Édito Quand les éliminatoires à la Coupe du monde perdent tout sens, l’exemple criant de la Suède
Photo Icon Sport

Dernière de son groupe de qualifications pour la Coupe du monde, la Suède a tout de même eu l’opportunité de disputer les barrages. Un non-sens absolu.

Il semble bien loin le temps où les éliminatoires à la Coupe du monde revêtaient une importance capitale. Où chaque place se gagnait à la sueur de son front. En particulier dans la dense zone Europe. Avec l’élargissement de la compétition à 48 équipes, le continent dispose désormais de 16 tickets. Jusque-là, pourquoi pas. En revanche, la manière dont ils sont distillés avait déjà de quoi laisser pantois lorsque le modèle avait été mis en place.

Dernier de sa poule en éliminatoires et qualifié à la Coupe du monde…

Maintenant que les éliminatoires et les barrages sont bouclés, nous avons eu une confirmation claire de l’absurdité du règlement avec l’exemple de la Suède. Les Scandinaves ont arraché leur place en Amérique du Nord en surpassant successivement l’Ukraine en demi-finale jeudi dernier, et la Pologne en finale mardi. Deux performances qui méritent des applaudissements. Mais difficile de ne pas grincer des dents en connaissant la raison pour laquelle cette sélection s’est retrouvée dans ces barrages.

Lorsque l’on revient aux mois de septembre et novembre, où la phase éliminatoire s’est déroulée, la Suède était totalement passée à côté de son sujet. Incapable d’accrocher ne serait-ce qu’une victoire face à la Suisse, la Slovénie et le Kosovo, elle avait alors terminé bonne dernière de sa poule. Un statut qui aurait dû lui valoir une élimination directe si l’on respecte le principe des qualifications et l’équité sportive.

Cependant, les Suédois ont été sauvés par le zèle des instances. Dans sa volonté de donner de l’intérêt à la piètre Ligue des nations, l’UEFA a fait le choix de distribuer des places en barrages aux vainqueurs de groupes qui ont raté leurs éliminatoires. Résultat, le fait d’évoluer au sein de la très faible Ligue C en 2024 (Slovaquie, Estonie, Azerbaïdjan) lui a permis de bénéficier de l’un des quatre strapontins disponibles. Une véritable hérésie.

La Suède, grande bénéficiaire d’un système qui crache sur les principes

Dans le système actuel, les 55 sélections avaient été réparties au sein de 12 groupes. Les 12 premiers ont donc logiquement été qualifiés immédiatement, tandis que les 12 deuxièmes ont été reversés en barrages, aux côtés des quatre équipes bénéficiant d’une sorte de wildcard estampillée Ligue des nations. Tous deux battus par la Suède après avoir terminé 2èmes de leur poule, l’Ukraine et la Pologne peuvent donc logiquement se sentir lésées.



D’autant plus qu’il existe moult solutions pour faire en sorte de trouver un équilibre. Comme cela fut le cas lors des barrages intercontinentaux, pourquoi ne pas tout simplement hisser directement en finale les quatre meilleurs deuxièmes et laisser les huit autres en découdre dans des demi-finales ? Si les groupes de qualification ne possèdent pas exactement le même nombre d’équipes (4 ou 5), il suffit alors de pondérer pour réaliser un classement entre les 12 équipes concernées.



Cela n’est pas nouveau puisque déjà en 2022, trois nations non qualifiées via les éliminatoires avaient bénéficié de tickets pour les barrages via la Ligue des nations. Un nombre porté à quatre suite à l’élargissement de la compétition. Tout cela uniquement pour donner de l’intérêt à une compétition créée pour… donner de l’intérêt à des fenêtres auparavant réservées aux matchs amicaux !

Les éliminatoires décotés

Hélas, ce type de système dénué de sens logique et sportif n’est qu’une hérésie supplémentaire parmi les transformations lunaires souhaitées par les instances, la FIFA et son tout-puissant président Gianni Infantino en tête. Si la volonté d’ouvrir des places dans les plus grandes compétitions est intéressante, ces dernières n’ont pu s’empêcher de dénaturer l’essence même des phases de qualification. Des phases dont l’intérêt a naturellement perdu de sa superbe en raison d’une attribution toujours plus grande de tickets, mais aussi d’un système dénué de sens.

Cet été, la Suède fera donc le voyage en Amérique du Nord. Félicitations à elle. Mais difficile de ne pas avoir une pensée émue envers toutes les sélections qui se sont fait souffler une potentielle place au Mondial par cette dernière…

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