Jeux de Paris 2024 : Comment l’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines se prépare-t-elle ?
JEUX OLYMPIQUES 2024 – À neuf mois des Jeux Olympiques, Paris se prépare à accueillir des sportifs et des visiteurs du monde entier. La ville lumière n’est pas la seule concernée à l’image de la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines qui organisera les épreuves de quatre sports olympiques et un paralympique. Focus ici sur la ville de Montigny-le-Bretonneux.
Labellisée « Terre de jeu » en 2019, la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines regroupe 12 communes des Yvelines et près de 230 000 habitants. Elle sera à l’été prochain le terrain des épreuves de cyclisme sur piste et para cyclisme sur piste, de BMX, de VTT et de golf et s’apprête donc à accueillir près de 300 000 visiteurs venant du monde entier. Parmi ces communes, la ville de Montigny-le-Bretonneux, suscite les attentions. Elle sera l’un des points de passages obligatoires vers les sites d’épreuves (dont certains se trouvent sur son territoire) grâce à la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines. Entre initiatives locales, répétitions générales et implication des établissements scolaires, immergeons-nous dans le quotidien de la commune et de ses habitants.
Un engouement de plus en plus présent
En circulant dans les rues de la ville, il n’est pas rare d’apercevoir des affiches bleues sur lesquelles on peut lire « Parcourir Montigny » et distinguer discrètement les logos de Paris 2024 adossés à celui de la commune. La course, qui s’est déroulée le dimanche 12 novembre, est le fruit d’une coopération entre le service des sports et le club d’athlétisme de la ville. Sur des parcours de 5 ou 10 kilomètres, l’objectif est de découvrir la commune et lui offrir de la visibilité en impliquant les habitants ou en les incitant à participer. Derrière ce but premier, l’ambition est également de créer un engouement pour les Jeux Olympiques et Paralympiques et de favoriser la cohésion et l’adhésion à cet évènement.
🏃♀️🏆 Parcourir Montigny est l’occasion pour les enfants, les amateurs comme les plus aguerris de se dépenser le temps d’une course à travers la ville !
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— Ville de Montigny-le-Bretonneux (@VilleMontigny78) November 7, 2023
Il s’agit là du point de départ d’une longue liste de manifestations et de temps forts prévus d’ici l’été prochain à destination des Ignymontains. Outre l’inauguration de promenades dont l’itinéraire forme les lettres « JOP » dans chacun des huit quartiers de la ville, le point d’orgue des festivités devrait être l’organisation d’une « Color Run » de 5 kilomètres en mai prochain, associé à la présence d’un village olympique qui proposera de nombreuses animations et initiations. Parmi ces dernières, le handisport occupera une place importante étant au coeur de la politique sportive de la commune.
Favoriser l’inclusion et sensibiliser les administrés au handicap
Contactée, Hannah Reding, chargée de projet Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 au service des sports de Montigny, insiste sur le point précédent : « il est essentiel de favoriser l’inclusion et pouvoir proposer du sport pour tous, peu importe les capacités de chacun ». L’an dernier déjà, la ville a proposé différentes initiations qui ont eu des retours très positifs notamment en ce qui concerne le jeune public : « les enfants adorent, cela les sort de l’ordinaire et leur permet une prise de conscience ». Ainsi, Montigny-le-Bretonneux organise depuis quelques années des initiations au volleyball assis, au para tennis de table ou au tennis fauteuil dans différents cadres. La ville met ainsi en avant ses sportifs handisport à l’image de Lucie Hautière, qui vise la qualification aux Jeux Paralympiques en para tennis de table.
Dans cette perspective olympique et paralympique, la ville et les collectivités s’attellent à optimiser l’accessibilité des lieux publics pour favoriser l’accueil des personnes à mobilité réduite et se conformer aux réglementations PMR en vigueur. Cela passe ainsi par la réhabilitation d’équipements obsolètes, la construction de rampes ou l’installation d’ascenseurs comme c’est le cas notamment de la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines.
Un défi majeur en perspective en ce qui concerne les transports et la sécurité
Au sujet de la gare, un sujet majeur monopolise les débats. Comment accueillir un public en nombre et assurer la sécurité d’un évènement qui va polariser les flux de touristes pendant les quatre semaines que représentent les Jeux Olympiques (26 juillet – 11 août) et les Jeux Paralympiques (28 août – 8 septembre) ? Cette question, il est évident que les services publics et privés de l’agglomération se la posent depuis des mois. Concernant l’accessibilité, la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines (RER C, lignes N et U, 33 lignes de bus) va devoir s’adapter à une affluence massive. Des travaux ont ainsi lieu depuis 2020. Leur but est de limiter l’effet d’entonnoir causé par le passage souterrain, seul moyen pour accéder aux quais. L’idée est donc de désaturer cet accès par de nouveaux passages via une passerelle passant au dessus des quais, deux travelators et trois ascenseurs.
Ainsi, le projet a nécessité plus de 43,3 millions d’euros investis par l’Etat, Île-de-France Mobilités, la SNCF et la région Île de France. Alors que les Jeux débutent dans neuf mois, la priorité est d’avoir une gare prête et parfaitement opérationnelle d’ici l’été. Concernant la sécurité, il semble évident que le dispositif policier sera renforcé et que des personnels seront réquisitionnés en plus des compagnies de sécurité privées. Ces derniers seront notamment en charge des contrôles d’accès aux sites. Hannah Reding précise ainsi que le défi majeur que représente la sécurité, est au coeur de la planification des collectivités.
Une ville expérimentée en ce qui concerne l’organisation de manifestations sportives de grande ampleur
Afin d’aiguiller les spectateurs vers les différents sites de compétitions, la ville peut mettre en avant ses précédents en matière d’organisation de grands évènements. En 2018, 280 000 spectateurs ont assisté à la Ryder Cup au golf national. Pour l’occasion, un système de navettes gratuites acheminait les spectateurs de la gare au golf national. Ce succès logistique a été reconduit en septembre à l’occasion du test event en VTT, sur la Colline d’Elancourt. Loin de la marée humaine de 2018, il fallait cette fois-ci acheminer à bon port la plupart des 3000 spectateurs. Il s’agissait toutefois d’un défi dans la mesure où le site retenu pour les épreuves de VTT est le plus lointain des sites franciliens (à 22 kilomètres de Paris à vol d’oiseau et à huit kilomètres de la gare de Saint-Quentin-en-Yvelines).
Outre sa distance et son isolement relatif, la Colline d’Elancourt ne dispose pas de parking. Hormis les transports en commun et les navettes, les seuls moyens d’y accéder sont les mobilités douces (marche, vélo…). Ainsi, lors de la répétition générale fin septembre, 400 des 3000 spectateurs se sont rendus sur place en vélo. Concernant les épreuves de cyclisme sur piste et de BMX, le Vélodrome National et l’arène de BMX sont accessibles à pied depuis la gare. Un large panel de bénévoles de la ville et de Paris 2024 sera ainsi déployé, dans la gare, sur le chemin et dans un rayon d’un kilomètre afin d’aiguiller les spectateurs.
Les Championnats du monde de cyclisme sur piste 2015 et 2022, ainsi que les Championnats d’Europe en 2016 ont confirmé les capacités de la ville et de l’agglomération à absorber un afflux important de personnes et à les encadrer pour rejoindre le vélodrome.

Le Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines lors des Mondiaux de Cyclisme sur piste 2022 – Photo Victor Clot-Amiot
Des évènements tests
Outre le test event de VTT, d’autres manifestations permettront à l’agglomération et à la ville de Montigny-le-Bretonneux de perfectionner son dispositif d’accueil. Ainsi, du jeudi 9 au dimanche 12 novembre, le vélodrome a accueilli le SQY Para TT French Open 2023, l’un des tournois de para tennis de table les plus importants au monde et crucial dans la course à la qualification paralympique. La semaine dernière, toujours au même endroit, les meilleurs pistards de la planète avaient posé leurs valises le temps de l’étape française de l’UCI Track Champions League.
SQY PING 9-12 NOVEMBRE 2023
Saint-Quentin-en-Yvelines va troquer, le temps d’une compétition, sa traditionnelle piste contre les tables du tennis de table handisport avec le Tournoi International SQY Para TT 2023. En savoir + 👉 https://t.co/MLJFVEzu5o#HandisportPerformance pic.twitter.com/oRyfBBSBGW— FFHandisport (@FFHandisport) November 7, 2023
Concernant le BMX, il faut remonter à 2019 pour avoir la trace d’une épreuve de Coupe du monde de BMX. Si aucun test event ou manche de Coupe du monde ne sont prévus d’ici les Jeux, Hannah Reding n’exclue pas pour autant que certains évènements mineurs s’y tiennent afin de préparer l’échéance estivale. Ainsi, l’heure est à l’optimisme. Les infrastructures sont toutes, ou presque, prêtes et fonctionnelles, les dispositifs d’accueil et d’accessibilité ont déjà fait leurs preuves et le test event de VTT a permis de recenser les besoins des athlètes et les retours des spectateurs. D’éventuels ajustements nécessaires pourraient ainsi être mis en place d’ici juillet.
Des réserves liées à l’hébergement
Si les sites d’épreuves semblent prêts et que la communauté d’agglomération semble en mesure d’absorber un flux de touristes quotidien sur quinze jours consécutifs entre juillet et août et sur quatre jours début septembre, l’offre hôtelière reste restreinte. Les établissements à proximité du Vélodrome risquent d’être occupés par des fédérations ou des proches des athlètes qui ne pourraient pas résider au Village Olympique. La quasi-totalité des hôtels affichent ainsi déjà complets ou ne sont pas réservables entre mi-juillet et mi-août.
La question de l’hébergement revient souvent dans les discussions des Ignymontains. La mairie a ainsi reçu un grand nombre de demandes de renseignements sur la possibilité de mettre son logement en location pendant les Jeux. En tant que partenaire des Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, Airbnb est d’ores et déjà très prisé des habitants. Ainsi, sur la plateforme, il faut compter le plus souvent près de 200€ la nuit pour une chambre chez un particulier (soit plus de 3 000€ sur la quinzaine) et entre 500€ et 1 300€ la nuit pour un logement entier. Pour les quinze jours, la facture oscille ainsi entre 8000 et plus de 21 000€. Montigny n’est pas un cas isolé puisque ce phénomène se rencontre également dans Paris, en banlieue parisienne et dans les communes périurbaines situées sur un axe de transport.

Prix des logements à Montigny-le-Bretonneux durant la période des JO de Paris – Capture d’écran Airbnb
Des opérations de recrutement
Véritable enjeu économique pour la ville et la communauté d’agglomération, la question du logement n’est pas la seule à attiser l’intérêt des habitants. Le Vélodrome National sera transformé, le 21 novembre en salle d’entretien d’embauche géante à l’occasion de l’opération « Les Jeux recrutent« . Ainsi, la collectivité, en partenariat avec Pôle Emploi, proposera près de 38 000 emplois en CDD ou en CDI dans les domaines de la sécurité privée et de l’hôtellerie-restauration principalement mais aussi dans les domaines des transports, de la logistique et du nettoyage.
Avec un taux de chômage supérieur à la moyenne nationale (10,3% des 15-64 ans dans l’agglomération contre 7,3% à l’échelle nationale) et des inégalités fortes entre les communes (16% à Trappes et La Verrière contre moins de 6% à Voisins-le-Bretonneux), il s’agit d’une opportunité intéressante pour les habitants d’une agglomération jeune puisque 4 habitants sur 10 ont moins de 30 ans.

Affiche de recrutement en vue des JO de Paris – Via Pôle Emploi
Les Jeux Olympiques à l’école
Dans une agglomération caractérisée par une population jeune, l’école a un rôle clé à jouer auprès des élèves de la maternelle jusqu’au lycée. Pour les plus petits, la ville de Montigny-le-Bretonneux organise des jeux d’opposition qui sont une initiation aux arts martiaux. S’il n’y a pas réellement de lien avec les Jeux Olympiques, il s’agit, pour les élèves de maternelle, d’un premier contact avec l’univers du sport. Pour les plus grands, de l’élémentaire au lycée, diverses actions sont menées depuis les dernières années, notamment des séances de sensibilisation et d’initiation au handisport. Par ailleurs, en 2024, le service des sports de Montigny-le-Bretonneux a pour objectif d’organiser une mini-olympiade pour tous les âges, avec les établissements scolaires, afin de marquer l’arrivée prochaine des Jeux dans la commune.
La Classe Olympique du lycée Emilie de Breteuil
Le lycée Emilie de Breteuil à Montigny-le-Bretonneux accueille lui des jeunes issus de toute la communauté d’agglomération. Il a pris le parti d’intégrer pleinement l’échéance olympique dans ses différents projets annuels. Ainsi, à l’initiative des professeurs d’EPS, le lycée a obtenu le label « Génération 2024 » qui permet de renforcer les liens entre le monde scolaire et sportif. Par ailleurs, une classe de seconde a obtenu le label « Classe Olympique » par le CNOSF pour l’année 2023-2024.
➡️ Très heureux d’avoir obtenu le label « Classe Olympique » du CNOSF @FranceOlympique et de pouvoir porter ce projet avec ma classe de 2de @lycee_edb à la rentrée 😁
Une série d’actions est prévue afin d’initier les élèves à l’Olympisme et ses valeurs en cette année de #JO2024 🏅 pic.twitter.com/dZbh4Bg2Vc
— Victor CLOT-AMIOT (@VictorClotAmiot) June 21, 2023
Porté par plusieurs professeurs de la classe, le projet repose sur quatre axes qui sont premièrement d’organiser une rencontre sportive dans le but de récolter des fonds afin de permettre à une association locale, choisie par les élèves de financer des places aux Jeux Paralympiques. Le deuxième axe repose sur l’organisation d’une exposition sur les liens entre les enseignements de la classe de seconde et les Jeux Olympiques. Dans le troisième axe, les élèves testeront des sports olympiques et paralympiques à l’image du tennis-fauteuil.
Enfin, le dernier axe s’inscrit dans le parcours orientation des élèves. Il vise à organiser des rencontres entre ceux-ci et des sportifs et professionnels des métiers du sport. L’idée est de leur permettre d’échanger sur les caractéristiques de ces métiers, les parcours respectifs des intervenants et de susciter des vocations. Au mois d’octobre, les élèves ont ainsi rencontré Martin Balucha, correspondant en France pour la radio publique tchèque, chargé notamment de couvrir les Jeux Olympiques.
Dans le cadre de la classe olympique, les élèves de 2-5 ont eu la chance de rencontrer Martin Balucha, correspondant en France pour la radio publique tchèque @CRozhlas . Ce fut l’occasion d’échanger sur les projets prévus et sur le métier de journaliste sportif. pic.twitter.com/eNOcbPOY1g
— Lycée Emilie de Breteuil (@lycee_edb) November 6, 2023
Des rencontres prévues pour les élèves
Prochainement, le 27 novembre, Léna Kandissounon, championne de France en titre du 800 mètres et qualifiée aux derniers Championnats du monde d’athlétisme à Budapest, viendra rencontrer les élèves. Pour cette occasion, ils discuteront notamment autour de ses espoirs de qualification olympique et les exigences de la vie de sportive de haut niveau, notamment en ce qui concerne l’alternance entre l’entraînement et les études.
Chaque semaine en outre, les élèves présentent à leurs camarades, en cinq minutes, un sujet de leur choix autour des Jeux Olympiques (les exploits d’Usain Bolt, la question de la sécurité et des transports pour Paris 2024, la première participation des femmes en 1900 et la marche vers la parité, les JO de 1936 et Jesse Owens…). Le dispositif semble recevoir l’adhésion des élèves à l’image d’Ambre, élève de la classe et membre de la section cyclisme qui considère ce projet comme une chance. « Ici à Montigny, on a cette possibilité de rencontrer des professionnels des métiers du sport et des sportifs. En Franche-Comté, d’où je viens, on n’avait pas tout ça ».
Elle qui représentait la France dans les catégories jeunes, en BMX, cet été aux Championnats du monde de cyclisme 2023 ajoute : « Cela et le fait que je vois beaucoup d’affichages autour du vélodrome et que la piste du stade de BMX est en train de se préparer, cela nous plonge dans l’ambiance ». Pour Clara, sa camarade, ce projet présente une plus-value en plus de sa pratique : « Je fais du volley et du futsal depuis toute petite. Là, cela me permet d’en apprendre sur le sport et l’histoire des Jeux. C’est une chance, on est le seul lycée des Yvelines à avoir ce label ».
Dernière ligne droite
Ainsi, à l’image des actions scolaires et des manifestations sportives prévues d’ici l’été prochain, la ville de Montigny-le-Bretonneux s’est mise au diapason des Jeux Olympiques. La municipalité cherche constamment à reforcer l’adhésion de ses administrés en leur offrant un large éventail d’actions et en leur proposant de s’impliquer dans le projet. Comme Paris et les autres villes qui accueilleront les Jeux sur tout le territoire, des défis importants sont néanmoins à relever. La ville et sa communauté d’agglomération ont su, par le passé, prouver leur capacité à organiser de grands évènements et utiliseront ces précédents pour offrir aux visiteurs la meilleure expérience possible… sans pour autant négliger la qualité de vie de leurs propres habitants. L’engouement devrait ainsi continuer de s’intensifier d’ici le passage de la flamme et la cérémonie d’ouverture le 26 juillet !
🔥 NOUS SOMMES PRÊTS ! LA FLAMME OLYMPIQUE PASSERA À MONTIGNY ! 🔥 https://t.co/4jjdGjN2Sh
— Ville de Montigny-le-Bretonneux (@VilleMontigny78) November 10, 2023


