Entre confirmations et déceptions : le bilan mitigé de la France aux Jeux Paralympiques 2026
JEUX PARALYMPIQUES DE MILAN-CORTINA 2026 – L’Italie n’a pas répondu à toutes les attentes de l’équipe de France. C’est l’heure du bilan, un bilan mitigé et un peu alertant. Surtout avant de recevoir la prochaine édition.
18 médailles, dont 7 en or : tel était l’objectif de la délégation française paralympique pour ces Jeux. Alors forcément, en voyant le tableau final, on se dit que le compte n’y est pas. Les Bleus en terminent avec 12 médailles, soit autant qu’à Pékin, mais avec 3 titres en moins. Pourtant, malgré un groupe restreint pour performer en Italie, tous les espoirs étaient permis.

Aurélie Richard et Arthur Bauchet portent le compteur
Commençons par ce qui a très bien fonctionné à Cortina d’Ampezzo : le para ski alpin. Portée par deux de ses représentants, c’est cette discipline qui a garni en majorité le panier bleu. Sur les 12 médailles totales, 8 proviennent du para ski alpin. Honneur aux dames, et puisque c’est elle qui a lancé la récolte française, à Aurélie Richard, Française la plus médaillée de cette quinzaine paralympique.
Pour ses premiers Jeux, la benjamine de la délégation (20 ans) a confirmé toutes les attentes placées en elle au terme d’une saison de Coupe du monde aboutie, conclue par le gros globe. Il ne manque que l’or pour parfaire la collection et se rapprocher d’un palmarès à la Marie Bochet au même âge. Mais quatre médailles d’argent en cinq courses, voilà un départ à la Arthur Bauchet 2018. Il y a pire comme référence.
❄️ #MilanoCortina2026 | 🗣️ » Je ne réalise pas encore, mais je suis fière d’avoir pu vivre ça. «
🇫🇷 L’émotion d’Aurélie Richard après ces Jeux, ponctués de quatre médailles !
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— francetvsport (@francetvsport) March 14, 2026
Arthur Bauchet, parlons-en. Si le quintuplé doré qu’il s’était fixé lui échappe, le Roi a néanmoins conservé sa couronne sur le combiné tout en transformant le bronze de Pékin en or sur le géant. Rétrogradé en argent sur la descente, il doit se satisfaire de trois médailles, lui qui en avait pris 4 lors des deux éditions précédentes. Un petit goût d’inachevé avec ses erreurs sur le Super-G et le slalom, mais le travail est fait.
Et le reste du para ski alpin ?
Si les deux vainqueurs du circuit annuel n’ont pas manqué leur rendez-vous, leurs coéquipiers n’ont pas connu le même sort. En catégorie debout, hormis Arthur Bauchet, seul Jules Segers est parvenu à accrocher un bout de métal. Du bronze sur le Super-G, qui aurait pu se transformer en chocolat sans la chute de Bauchet. Mais ce petit brin de réussite pour l’un fait aussi partie des Jeux. Passé pas loin d’une deuxième médaille, Jules Segers est resté au pied du podium du slalom. Un avenir prometteur.

De réussite, il n’y en aura pas eu, en revanche, pour Hyacinthe Deleplace. Médaillé de bronze il y a quatre ans sur la descente déficients visuels, il est parti à la faute dès cette course d’ouverture et n’a jamais réussi à reprendre confiance. Face à une concurrence plus féroce qu’en Coupe du monde, Lou Braz-Dagand n’a également que peu pesé dans le match (catégorie assis).
Cécile Hernandez sauve le para snowboard
Elle a mis tout le monde d’accord dès l’entame des Jeux. C’est avec la manière que Cécile Hernandez a conservé sa couronne sur le boardercross, lançant idéalement le para snowboard. Mais les choses se sont gâtées par la suite pour la porte-drapeau. Après la joie de l’or, la déception a primé au sortir du banked slalom, acté avec du chocolat au goût amer.

Pour Maxime Montaggioni, c’est toute la compétition qui aura été frustrante, avec deux 6e places. En quête de cette médaille manquante sur le snowboardcross, le rêve s’est éteint dès les demies. Encore mis à mal sur la 2e épreuve dont il était tenant du titre, il n’a pas pu prendre place sur le podium. 1/4 pour le para snowboard, qui évite la bulle. Contrairement au para biathlon.
Karl Tabouret, l’or qui cache la forêt
Un point positif pour les fondeurs, c’est qu’aucun des trois Français engagés ne repart bredouille. Malgré le zéro pointé en para biathlon, ils ont relevé la tête en para ski de fond. L’expérimenté Benjamin Daviet a lancé le compteur avec le bronze du sprint debout, ce qui a mis sur de bons rails Karl Tabouret, sacré sur le 10 km classique.

À la suite de plusieurs courses en demi-teinte, Anthony Chalençon a sauvé ses derniers Jeux sur l’ultime épreuve déficients visuels au programme en décrochant le bronze. Mais le bilan global reste mitigé pour les trois hommes, qui ont multiplié les disciplines et les efforts.
À l’image de Benjamin Daviet, épuisé après son 2e tour du relais, qui a d’ailleurs fait un constat honnête au micro de France Télévisions au sortir de celui-ci. Le réservoir français va devoir venir les aider. Karl Tabouret est bien parti, mais à côté, quel réservoir ?
Et maintenant, on fait quoi pour dans 4 ans ?
Il y a des questions légitimes qui se posent à quatre ans de recevoir la prochaine fête paralympique. Une en particulier : où en est-on avec le développement des athlètes des différents para sports, d’hiver en l’occurrence ? Certains Français ont réalisé leurs derniers tours de piste en Italie.
Si Cécile Hernandez ne ferme pas la porte à une autre édition, c’est le cas d’Anthony Chalençon, de Jordan Broisin ou encore de Maxime Montaggioni. Alors, est-ce qu’on va vraiment arriver en 2030 avec un contingent de 10 athlètes pour les Jeux à la maison ? Ça ferait un peu tache, soyons honnêtes, quand bien même certains pourraient glaner plusieurs médailles.
💬🇫🇷 𝐌𝐚𝐱𝐢𝐦𝐞 𝐌𝐨𝐧𝐭𝐚𝐠𝐠𝐢𝐨𝐧𝐢 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐜𝐢𝐩𝐚𝐢𝐭 𝐚̀ 𝐬𝐞𝐬 𝐝𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐉𝐞𝐮𝐱 𝐏𝐚𝐫𝐚𝐥𝐲𝐦𝐩𝐢𝐪𝐮𝐞𝐬.#MilanoCortina2026 #Paralympics pic.twitter.com/9OFvBDtBXs
— Dicodusport ⭐⭐ (@dicodusport) March 13, 2026
Il va falloir montrer un développement « made in China 2022 ». Le pays hôte avait beaucoup investi préalablement pour performer à domicile. Des efforts plus que payants puisque, depuis, les Chinois sont inarrêtables. Il y a quelques lueurs d’espoir, néanmoins, pour l’arrivée de nouvelles têtes françaises.
On pense notamment à Léna Darmon et Margaux Fillouzeau en para ski alpin, à Cléo Blanc et Angélique Godeau pour mener une présence féminine en para ski de fond, ou encore à Maxime Clarkin et Luca Liens en para snowboard. Mais oui, il y a du travail d’ici là. Et les Alpes françaises vont vite arriver…


